Messe de minuit et de Noël 2012 - basilique du Sacré-Coeur - Marseille

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

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Cette messe de minuit et les Eucharisties du jour de Noël font remonter en nous, tant de souvenirs.

Merci d’avoir pris du temps, d’avoir quitté vos maisons, vos amis, votre famille peut-être, pour venir célébrer le mystère de la Nativité du Seigneur. Le Christ Jésus est là, tout petit, venu dans notre monde apporter l’amour et la paix, et il nous invite à le rejoindre dans son abaissement.

Un Dieu qui semblait inaccessible, un Dieu lointain, qui parlait par l’intermédiaire de ses prophètes, « se décide », lorsque les temps furent accomplis, à envoyer son propre fils. Il le veut semble à nous, humain comme tous les humains et il n’hésite pas à demander à une jeune fille, si elle veut être celle qui mettra au monde le Fils du Père Eternel. Elle hésite, pose des questions, mais c’est l’Ange Gabriel qui lui répond de la part de Dieu et, en toute liberté, elle accepte. Et, même Joseph, qui ne comprend pas ce qui arrive à sa fiancée, devra, à l’appel de Dieu, la prendre chez lui, devenant ainsi celui qui, avec Marie, sera le plus près de l’enfant et l’aidera à grandir et à devenir un homme, qui découvrira qu’il est le Fils de Dieu venu dans ce monde apporter l’amour et donner sa vie pour nous.

Mais ils sont arrivés ! Partis de Nazareth, pour le recensement, Marie est arrivée à son terme. Vite un peu de paille, ce qu’il faut pour l’envelopper et coucher l’enfant Jésus dans une mangeoire, car elle a tout prévu avant de partir pour Bethléem ; elle regarde, étonnée, ces bergers, qui n’ont pas bonne renommée et qui viennent les premiers, saluer l’enfant et s’incliner devant lui. Mystère de l’annonce qui leur a été faite dans les champs, emmenant avec eux ceux qui veulent bien les suivre.

Nous ne savons pas à quelle date Jésus est né effectivement. Nous nous en approchons, en retrouvant les grands mouvements de l’histoire, et vraisemblablement c’est en l’an 6, avant ce que nous appelons « notre ère », qu’il vint au monde. Les premières communautés chrétiennes, en prenant comme base les souvenirs de Marie sa mère, décrivent sa naissance : Matthieu, pour bien montrer qu’il est de la race de David ; Luc, pour l’enraciner encore plus, montrant qu’elle a été préparée par les prophètes, le dernier étant son cousin, Jean le Baptiste, tressaillant d’allégresse dans le ventre d’Elizabeth.

On se prend à penser que, si ces deux femmes avaient refusé de porter ces enfants, le cours de l’histoire en aurait été totalement transformé. Nous, qui sommes si pointilleux sur le réchauffement climatique et le respect de la planète, et nous avons raison de l'être, si nous pouvions aussi respecter la vie, de sa naissance à sa mort, respecter notre culture, notre civilisation, celles du mariage, du respect de l’humain surtout ! Un respect total, comme la Bible nous y invite.

Et en cette année de la Foi, nous avons, nous, catholiques, à être fermes dans la foi et à attendre qu’on la respecte et que l’on respecte nos convictions, qui s’enracinent dans l’Evangile et le respect de chacun.

Il n’y a pas « l’ombre d’un doute », comme on nous le montrera dans quelques jours, dans les médias, sur cette fête de la Nativité, que l’Eglise, dans sa sagesse, a placée dans ce solstice d’hiver. Et oui, c’est au plus fort de la nuit, cette nuit si longue, que l’humanité en avait peur, peur que le jour ne revienne pas, c’est là, qu’elle a placé la naissance de Jésus, l’Enfant-Dieu, celui qui est la lumière du monde.

Car il est venu éclairer toute choses, et il est celui qui, engendré non pas créé, est de même substance que le Père. Et c’est l’Esprit-Saint qui nous fait comprendre tout cela, qui nous fait comprendre ce mystère de l’amour caché depuis des siècles et enfin révélé.

Il nous appelle à la douceur, à la tendresse et à l’amour. Et veut faire de nous, si nous suivons ses conseils évangéliques, des témoins de paix, une paix intense, une paix qui est reconnaissance de l’autre et de soi-même, dans notre dignité de fils et de fille de Dieu.

Aussi nous-mêmes, nos familles, nous ne pouvons pas vivre dans l’incertitude, toujours en train de nous « déconstruire », pour trouver quoi ? L’illusion de liberté ? Une recherche stérile du « rien » ? Non, car nous sommes créés par lui, créés par amour, créés homme et femmes. Et désormais, nous voudrions contester cette réalité de la création ?

« Mais, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donnée de la création, alors que sommes-nous, qui sommes-nous ? Alors la famille n’existe plus comme réalité donnée par le créateur ! Et l’enfant perd la place qui lui revenait jusqu’à maintenant, ainsi que sa dignité ; il devient quoi ? Un objet ? Mais l’enfant n’est pas un objet, que l’on veut avoir, sans référence à l’autre ! Là où la liberté « du faire », devient la liberté « de se faire soi-même », on parvient tout simplement, à nier le créateur… Et l’homme même, comme créature de Dieu, comme image de Dieu, est dégradée dans l’essence de son être. » Voilà comment, en quelques phrases, le pape Benoit XVI a rappelé le principe fondamental de la création et de l’homme, dans ce qui lui est le plus précieux, lors de ses vœux à la Curie Romaine, il y a quelques jours.

C’est vers l’Enfant de la crèche que nous nous tournons, pour lui demander de faire de nous tous, chrétiens, catholiques, des défenseurs de ces valeurs fondamentales de notre identité. En cette année de la Foi et de Nouvelle évangélisation, il est venu le temps de proclamer haut et fort, que nous ne laisserons pas faire, et même si nous sommes tournés en dérision, même si d’aucuns veulent que nous restions dans nos sacristies, sous couvert de laïcité, nous dirons que la parole de Dieu, que la parole du Christ, ne se galvaude pas, qu’elle se respecte, comme l’on respecte les données fondamentales des autres religions, et d’ailleurs nous ne sommes pas les seuls, loin de là, à vouloir ce respect.

Que l’Enfant de la crèche nous permette de penser à ceux qui, en ce jour de Noël, sont seuls, parce que séparés, divorcés, malades ou infirmes, ceux qui sont dans les cliniques et les hôpitaux. Qu’ils nous soient étroitement unis ce soir, dans l’Eucharistie ; nous prions également pour tous nos défunts, pour qu’ils voient la face du Dieu vivant, ce Seigneur qu’ils ont tant cherché, et qui les reçoit dans la lumière du Royaume.

A vous tous, Chers Frères et Sœurs, bonne et sainte fête de Noël, et que l’Enfant-Jésus de la crèche soit avec vous tous. Amen. J-P Ellul.

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