~~ Homélie Noël 2014 au Coeur.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

~~ Homélie Noël 2014 au Coeur.

Comme dans la plupart des familles la naissance d’un enfant est une joie. Dieu nous fait cadeau de cette joie : L’Enfant est revenu naître parmi nous et c’est une joie intérieure qui inonde nos vies, joie de laquelle jaillit la lumière, joie qui nous permet d’allumer la lampe de nos vies à cette grande lumière de Bethléem et cette clarté nous conduit vers lui. Mais en allumant cette lampe, l’enfant Jésus semble nous renvoyer vers les autres, celui qui souffrent, ceux qui sont en guerre et surtout en ces derniers mois, vers nos frères de Syrie, d’Irak, d’Afrique, à qui nous disons notre proximité dans la prière et l’attention que nous leurs portons. L’Enfant de la crèche nous renvoi aussi à notre propre naissance, avec tout le mystère que cela comporte, de liberté, d’acuité, de responsabilité. En effet, en naissant, nous entrons comme lui dans le monde, pour prendre conscience de notre responsabilité celle d’apporter le témoignage de son amour. Dieu fait naitre Jésus dans une famille, une famille qui a des difficultés dès l’annonce de sa conception. Le message de l’Ange qui vient dans cette petite bourgade de Nazareth, précise la signification de cette naissance : il sera grand, il aura le Trône de David, il règnera sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin. Il reste pourtant une question, fondamentale, posée en toute conscience celle à qui il a été envoyé. Marie doit certainement se dire que l’ange, qui vit auprès de l’Eternel, dans le ciel, ne connait pas les conditions pour être mère, et alors elle pose la question que nous connaissons tous : Comment ? Je ne connais pas d’homme, c’est-à-dire je suis vierge ! Et là, le mystère de l’amour de Dieu pour son peuple, le messie attendu par l’humanité s’accomplit ! L’Esprit-Saint viendra te prendre sous son ombre lui dit-il. Cet Esprit, l’Esprit de Dieu, le souffle, la ruhà, c’est lui qui engendrera le fils du Père Eternel en cette jeune femme qui ne craint pas de dire oui, acceptant dans la joie d’être celle qui comprend que rien n’est impossible à Dieu. Elle était déjà servante du Seigneur, désormais elle en devient la mère, que tous les siècles, jusqu’à nous, célébrerons comme la Théotokos et diront bienheureuse, la mère toute simple et aimante, la mère de Jésus, « celui qui sauve son peuple de tous ses péchés ». Oui, « il y a d’abord sa foi, a expliqué dimanche dernier le pape François, qui consiste à écouter la Parole de Dieu et à s’abandonner à elle. Dans son « me voici » plein de foi, Marie ne sait pas par quels chemins elle devra s’aventurer, quelles douleurs elle devra subir, quels risques affronter. Mais elle est consciente que c’est le Seigneur qui l’appelle et elle se fie totalement à Lui, s’abandonne à son amour ». Chers Frères et Sœurs, ces phrases sont gravées dans le tréfonds de nos consciences et de nos vies de chrétiens. Mais rappelons-nous aussi ce qui a bouleversé Joseph qui était promis à Marie, et qui, en ce qui le concerne, ne voyait pas cela comme un présupposé théologique, mais avait pris la décision de la répudier en secret. L’ange Gabriel, viendra de la part de Dieu, pour transformer ces doutes et ses craintes en une acceptation totale. Regardez-les s’en aller vers sa ville de naissance, imaginiez comment une femme jeune et enceinte peut accomplir dans ces derniers mois souvent pénible, ce trajet qui les mènent à Bethleem. Il y a là, en filigrane le reflet de toute notre vie, fait de déplacements, de dépassements, de remise en route, de craintes, d’attente, de questionnements mais qui débouchent vers la joie d’avoir accepté ce que le Seigneur nous proposait. Combien de gens ont-ils croisés et rencontré en ces jours de recensement, plus pauvres qu’eux ou plus démunis, se disant que malgré les conditions difficiles qu’ils vivaient, ils avaient quand même de la chance, d’être unis et de porter dans le silence et l’anonymat celui qui vient, au nom du Seigneur pour montrer à l’humanité que Dieu est bon, qu’il est notre père et que nous ne devons rien craindre de lui. Tous les deux regardent… et Il est là, poussant son premier cri, vite enveloppé de langes, le roi de gloire, posé dans la paille d’une mangeoire, comme un petit pauvre ; il est là, celui qui est la lumière du monde ; il est là, celui que Dieu nous donne en exemple, nous demandant de devenir comme des enfants pour entrer dans le royaume. Jésus est né, attendu depuis plus de quatre mille ans comme nous le chantons, dans la douce et sainte nuit de Bethléem, dans une étable obscure, oui il est né le divin enfant, alors que jouent les hautbois et les musettes ; oui il est venu dans le monde, pour toi, peuple de Dieu, peuple fidèle, toi que le Seigneur appelle ; car c’est fête sur terre ! Il faut donc venir à la crèche voir le roi du monde ; c’est en lui que nous reconnaissons celui dont le nom est au dessus de tout nom et devant qui nous courbons le genoux. Devant notre crèche familiale, devant la crèche de notre basilique, allons voir l’Enfant Marie et Joseph, rejoignons ce petit peuple qui, en marche vers le crèche se convertit, qui promet de changer de vie devant vers l’étable sainte, comme eux, cette année encore, convertissons-nous, purifions-nous, oui changeons notre vie en rejetant tout qui l’inquiète, nos péchés, nos duretés, notre suffisance et laissons nous inonder par la joie de sa naissance. Jésus est notre sauveur, il entre dans le monde pour faire la volonté de son Père, être proche de nous, nous témoigner son amour, cheminer avec nous et prendre sur lui nos péchés. Allez, dans la joie et la paix, bonne et sainte fête de Noël. Amen. J-P Ellul.

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