Homélie pour le 6ème dimanche du temps Ordinaire Sacré-Cœur, 15 février 2015.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

Homélie pour le 6ème dimanche du temps Ordinaire Sacré-Cœur, 15 février 2015.

~~ Chers amis, Frères et Sœurs.

A quelques jours du Mercredi des Cendres, nous osons nous approcher du Christ et nous présenter à lui, malgré les lèpres qui nous tiennent dans le péché ou la médiocrité. Nous lui demandons d’étendre la main pour nous guérir, de toucher nos âmes et nos corps, pour nous purifier totalement, afin d’entrer dans ce temps de pénitence, le visage irradié de sa tendresse. L’amour du Seigneur pour nous est de toujours à toujours, et sans cesse, nous le remercions de nous accorder son pardon et sa miséricorde. Même si la tumeur de notre péché ne se voit pas, il ne nous est plus demandé, comme dans le Livres de Lévites, d’avoir les cheveux en désordre ou des vêtements déchirés, (encore que ce soit à la mode aujourd’hui), ni même de crier « impur ». Nous nous en gardons bien, car souvent nous restons avec nos péchés, alors que nous pourrions nous libérer et le seul moyen qui nous est offert, est celui d’aller nous confesser, de nous réconcilier avec Dieu, pour être trouvé pur devant lui. Retrouver la pureté du cœur pour entrer dans le Royaume des cieux, oui c’est cela qui nous est proposé et recommandé, même si cela nous dérange et nous semble dur à accomplir : la réconciliation avec Dieu, avec ce Dieu d’amour qui court vers nous car il nous aime. Nous l’avons entendu, prié et chanté avec le psaume 31 : « Je t’ai fait connaître ma faute, je n’ai pas caché mes torts et toi Seigneur, tu as enlevé l’offense de ma faute. Aussi, pardonné par ton amour, j’exulte et chante d’allégresse. » Prenons l’habitude de méditer les psaumes, car ils sont le reflet de nos âmes. Cris et supplications, remerciements et attente, cœur à cœur avec Dieu, exultation du retour vers ce Dieu qui nous attend. Oui, les psaumes nous proposent ce repos en Dieu, cette écoute intérieure, qui nous est bénéfique, surtout lorsque nous sommes dans l’épreuve, et que nous risquons de croire que le chemin de nos vies, nous semble irrémédiablement bouché. Le psalmiste, inspiré par l’Esprit et qui a l’expérience de l’âme humaine, trouve toujours un juste remède pour accompagner notre cheminement spirituel, nous montrer la route, alléger nos souffrances, accompagner notre joie. St Paul, lui aussi, en toutes circonstances a essayé d’adapter sa vie, comme le Christ le lui demandait. Malgré la lèpre de son péché, lui le persécuteur des chrétiens, a su revenir au Seigneur sur le chemin de Damas, avec un cœur repenti et rempli d’amour quand Jésus lui a parlé. Jamais le Seigneur ne nous refuse son écoute, son amour et sa tendresse lorsque nous revenons vers lui. Aussi, Paul nous recommande de l’imiter, comme lui a imité le Christ. Et c’est ce que nous essayons de réaliser dans nos vies. Imiter le Christ, proclamer sa bonne nouvelle, comme le fit le lépreux guéri ! L’occasion est bien choisie, en ce jour anniversaire de la mort de notre sœur Anne-Madeleine Rémuzat, de montrer comment elle aussi, a imité le Christ dans sa vie de Visitandine. Elle a été son témoin, sa porte-parole, et elle a su, comme le psalmiste, écouter, orienter, apporter conseil et aide spirituelle, dans Marseille au 18ème siècle. Une jeune religieuse de 19 ans, vers qui venaient ceux qui se posaient tant de questions sur leur vie et sur l’Eglise. La véritable lèpre de ce temps était, entre autre, le jansénisme qui faisait croire, que le Christ n’était mort pour tous, et qu’il n’y avait que les « prédestinés » qui iraient dans le royaume des Cieux. Elle a pendant des années, écouté les révélations du Seigneur qui la visitait et qui se montrait à elle, lui parlant au cœur, lui disant combien était grand son amour pour l’humanité toute entière, combien Dieu son Père, était proche de tout un chacun, et que l’Esprit-Saint, était là, avec les 2 autres personnes de la Trinité, pour donner et insuffler, amour, tendresse et miséricorde. C’est ainsi que pour montrer les bienfaits de Dieu, durant la peste de 1720, Marseille sera consacrée au Sacré-Cœur de Jésus pour que l’épidémie cesse et en de siècles en siècles, nous sommes les continuateurs du Vœu que firent les échevins en ce temps-là. Elle a souffert pour les pécheurs, prenant sur elle, comme le Christ portant sa croix sur le chemin du calvaire, les souffrances de ceux qui ne pouvaient les porter, tant leur joug était pesant. Et les stigmates qu’elle reçut le lui rappelèrent quotidiennement. Elle vivait cela dans une grande humilité. En ce jour anniversaire de sa mort, un 15 février, en 1730, elle est, et restera témoin de fidélité. Elle avait 33 ans. Heureuse d’aller retrouver son Seigneur, ayant accompli la mission qu’il lui avait confiée, dans une obéissance totale à son évêque, Mgr de Belsunce, à ses supérieures et à l’Eglise, elle nous laisse en exemple, son abnégation, sa prière fervente surtout envers la Vierge Marie, nous proposant de garder confiance, de ne pas avoir peur d’annoncer l’amour du Christ, de mettre nos pas dans les siens, d’écouter ses messages d’amour dans le silence de nos cœurs, afin d’en chasser tous les péchés. En cette année consacrée à la vie religieuse, nous prions pour tous ceux qui ont entendu l’appel du Seigneur, et ensemble, nous demandons à sœur Anne-Madeleine Rémuzat, d’augmenter notre foi en l’Eucharistie, de garder confiance, priant pour tous ceux qui souffrent, qui sont dans la solitude et dans le noir de la désespérance, et surtout de chasser « la peste et la lèpre» de l’incroyance et de la tiédeur, qui pourraient contaminer nos vies et nous éloigner de Dieu. Qu’elle nous permette d’être, à son exemple, les ambassadeurs du Cœur Sacré. Amen. Mgr Ellul.

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