1er dimanche de l’Avent – 30 novembre 2014. B

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseill

~~ Et tout recommence ! Alors que les rues de nos villes viennent de s’illuminer et que nous allons bientôt célébrer l’Immaculée Conception de Marie, l’Eglise nous invite à revenir aux sources en nous proposant de méditer sur l’attente de celui qui vient dans notre monde, pour apporter tendresse et amour. Adventus ! Il vient, celui qui devait venir, promis par les prophètes, attendu et porté par Marie. Il vient, celui qui tiendra dans sa main la pelle à vanner, mais il vient comme un tout petit, comme un enfant frêle, un nourrisson, alors que le peuple de Dieu attendait le Messie Sauveur, un messie glorieux, un messie victorieux. Pour mieux l’attendre, en cette nouvelle année liturgique, voici trois pistes de prières que je propose et qui peuvent nous servir de point d’appui pour nos méditations quotidiennes durant ces jours qui nous séparent de Noël. Signe de l’argile que Dieu façonne : c’est d’abord la rencontre du Pape François et du Patriarche Bartholoméos 1er, au Phanar, centre de l’Orthodoxie mondiale. Il y est invité en cette fête de Saint André, le frère de St Pierre, appelé le Protoclète, le premier appelé, afin de témoigner de l’union, qui existe entre ces deux poumons spirituels de l’Eglise, malgré quelques difficultés encore non surmontée, comme celle d’une pleine communion eucharistique. Dieu les fait se rencontrer, pour que cessent les divisions, afin que son visage s’éclaire et que la paix vienne enfin dans ces communautés ecclésiales. D’autant que les discours du pape lors de son voyage à Strasbourg, sont pour nous autant de motifs d’espérance et de prière pour que notre monde soit plus juste et fraternel, dans le respect de la création. Et en Turquie il vient d’exprimer sa préoccupation pour le conflit tragique du Moyen-Orient. Je pense a t-il dit « à tant d’enfants, aux souffrances de tant de mamans, aux personnes âgées, aux personnes déplacées et aux réfugiés, aux violences de toutes sortes… (…) Le monde attend de la part de tous ceux qui prétendent adorer Dieu, qu’ils soient des hommes et des femmes de paix, capables de vivre comme des frères et des sœurs, malgré les différences ethniques, religieuses culturelles ou idéologiques ». Que ces paroles nous fassent prendre conscience, à nous, chers frères et sœurs, que dans notre environnement, nous devons être des artisans de cette paix, car elle commence déjà dans nos cœurs. La 2ème intention que je vous propose est celle de rendre grâce, pour tous les consacrés, car l’Année de la Vie Consacrée, commence ce premier dimanche de l’Avent, pour se terminer le 2 février 2016. Oui, nous rendrons grâce pour tous les appels que lance le Seigneur à celles et ceux qui ont répondu « oui » à le suivre dans une vie évangélique. Ils proclament à notre monde, souvent désorienté, que « Dieu est le Seigneur de l’existence, que sa grâce vaut plus que la vie ». (Ps 62). Et pour que « le vin nouveau de la vie consacrée ne devienne pas du vinaigre, la prière et la prière gratuite est indispensable, et ce n’est pas perdre son temps que de s’y tenir. Ainsi, service des autres et prière ne s’opposent pas, mais se promeuvent mutuellement, a rappelé le pape François, lors de l’audience qu’il a accordé aux responsables de la Vie consacrée. D’autant que 5 critères sont indispensables : l’authenticité évangélique des choix, la fidélité charismatique, le primat du service, l’attention aux plus pauvres et aux plus fragiles, le respect de la dignité de la personne. Et c’est vrai qu’en choisissant l’obéissance, la pauvreté et la chasteté pour le Royaume des Cieux, ils montrent que le Christ est premier dans leur vie. Comme l’a si bien montré sainte Térèse d’Avila, dont nous allons célébrer le 5ème centenaire de la naissance (28 mars 1515), elle invite ceux qui commencent dans la vie spirituelle, a d’abord croire en leurs grands désirs ! Il n’y a là ni narcissisme, ni présomption, dit-elle, mais foi en notre vocation divine ; foi à la « vie belle » ; foi au « salut donné par Dieu ». Mais le risque, poursuit-elle, serait de les rétrécir et de se contenter de peu. Ils sont quelques 800 mille consacrés dans le monde, et cette année sera pour eux, comme un temps de retournement et de conversion, où ils pourront se pencher sur l’appel qu’ils ont reçu et sur leur fidélité à toute épreuve. Nous prions pour eux, nous les remercions pour leur témoignage et leur aide apostolique. Avec nous, ils sont témoins de ce Dieu d’amour qui sans cesse vient nous redire qu’il nous aime. La troisième et dernière proposition de prière pour cette première semaine du temps de l’Avent, est celle de nous souvenir du bienheureux Charles de Foucauld, dont nous ferons mémoire lundi 1er décembre. En méditant ses paroles, nous sommes invités à être témoins de cet Enfant-Jésus que nous attendons. Frère Charles, concevra la vie de Jésus à Nazareth, comme un prolongement de la présence vivante de Jésus, caché dans le sein de sa Mère, agissant invisiblement, lorsque, transporté par Marie, il visitait d’une manière invisible, ceux que sa mère visitait, avec toute la douce présence de sa charité ; il se sentit toujours attiré par ce mystère de Marie enceinte, en visite chez sa cousine, mystère que la tradition chrétienne appellera de ce beau mot de « Visitation ». Il donne la parole à Jésus : « Travaillez à la sanctification du monde ; travaillez-y comme ma Mère, sans parole, en silence ; allez établir vos pieuses retraites au milieu de ceux qui m’ignorent ; portez moi parmi eux, en y établissant un autel, un tabernacle et portez-y l’évangile, non en le prêchant de bouche, mais en le prêchant d’exemple ; non en l’annonçant, mais en le vivant : sanctifiez le monde, apportez-moi au monde, âmes pieuses, âmes cachées et silencieuses, comme Marie m’ a porté à Jean… » Ecrits spirituels, p. 129. Et d’ajouter : « Mon apostolat doit être l’apostolat de la bonté. En me voyant on doit se dire : puisque cet homme est bon, sa religion doit être bonne ! » N’est-ce pas un bel envoi en mission en cette première semaine de l’Avent ? A tous ceux qui ne savent pas comment porter le Christ aux autres, tant leur environnement leur semble hostile, Charles de Foucauld propose le silence, le témoignage et la persévérance. A ceux qui disent et ne font pas, ils ont leur réponse ; que faut-il changer dans ma vie pour être crédible ? Et à nous tous, qui faisons tout ce que nous pouvons, c’est la confiance, la foi et l’espérance qui nous sont proposées. Chers Frères et Sœurs, bon temps de l’Avent, réveillons-nous de notre torpeur spirituelle et que l’attente de l’Enfant à venir, tienne nos cœurs éveillés et les disposent à le recevoir. Amen.

1er dimanche de l’Avent – 30 novembre 2014. B

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