Fête de la Ste Trinité – St Charles – 7 juin 2009 - 40 ans de sacerdoce

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+ Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Frères et Sœurs,

Toute l’homélie est résumée dans cette formule trinitaire. Ainsi en faisant le signe de la croix, mais plus particulièrement durant la messe, les formules trinitaires viennent nous rappeler que nous prions un Dieu unique, en trois personnes distinctes. Mystère de l’Eglise, qui très tôt, a voulu en préciser les termes, pour ne pas tomber dans l’hérésie.

Il nous faudrait étudier les premiers conciles de l’Eglise pour voir se préciser ces affirmations de foi. Pourtant les séparations, ont sali et déchiré la tunique sans couture du Christ, la lacérant en autant de lambeaux qu’il y avait d’affirmations erronées. Mais nombreux ont été les chrétiens à vouloir célébrer et attendre le retour du Christ avec un même credo, celui que nous chanterons dans un instant. Car le mystère de la Ste Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne.

L’année dernière, nous avions médité longuement sur les thèmes trinitaires, précisant que Dieu seul, peut nous en donner la connaissance, en se révélant comme Père, Fils et Esprit-Saint, comme il le fit au 18è siècle à la vénérable Anne-Madeleine Rémuzat.


L’Incarnation du Fils de Dieu, révèle que Dieu est le Père éternel, et que le Fils est consubstantiel au Père, c'est-à-dire, qu’Il est en Lui et avec Lui, le même Dieu unique.

La mission du Saint-Esprit, envoyé par le Père au nom du Fils et par le Fils « d’auprès du Père », révèle qu’il est avec eux le même Dieu unique : et comme nous le proclamons : « Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire . »

Par la grâce du baptême, conféré au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, nous sommes tous appelés à partager la vie de la bienheureuse Trinité, ici-bas, souvent dans l’obscurité de la foi, et au-delà de la mort, dans la lumière éternelle.

La foi catholique consiste donc en ceci : vénérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité, dans l’Unité, … sans confondre les personnes, sans diviser la substance : car autre, est la personne du Père, autre, celle du Fils, autre, celle de l’Esprit Saint ; mais du Père, du Fils, et de l’Esprit Saint, une est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté.

Inséparables dans ce qu’elles sont, les personnes divines sont aussi inséparables dans ce qu’elles font. Mais dans l’unique opération divine, chacune manifeste ce qui lui est propre dans la Trinité, surtout dans les missions divines de l’Incarnation du Fils et du don du Saint-Esprit. (C. E. C. n°261-267).

En essayant de vous faire un cours de « théologie accélérée », cela me permet de me souvenir, 45 ans en arrière, de ma vie spirituelle et de mes études théologiques, lorsque j’étais au Grand Séminaire St Joseph à Marseille. Venant des Hautes-Alpes, de Salérans, où le Cher Père Avril m’avait préparé à affronter l’adversité, je me penchais sur ce grand mystère, comme le fit en son temps St Augustin, sans bien comprendre qu’il fallait d’abord avoir la foi, pour ensuite goûter la présence des trois personnes divines qui, dans nos vies, animent nos existences.

Pour moi c’était le temps de la préparation à l’ordination sacerdotale et ce mystère trinitaire était important, car en étudiant l’Eucharistie et plus particulièrement le Canon de la messe, toutes les formulations trinitaires étaient affirmées par la liturgie de l’Eglise.

Nous avions longuement étudié ce canon romain,  venant des premiers siècles de l’Eglise, puis révisé et augmenté par les papes et plus particulièrement par le Pape  St Pie V, comme le lui avait demandé le Concile de Trente. Le 14 juillet 1570, il était promulgué, et pouvait être célébrées, mais sans jeter dans l’oubli ou interdire, les liturgies précédentes, qui avaient plus de 200 ans d’âge. Il faudra des années pour que tout se mette en place. Ainsi, dans l’Eglise universelle, et plus particulièrement européenne, des rites divers, comme le rite parisien, le rite lyonnais, le Rite Ambrosien, et même chez nous, à St Victor, le rite bénédictin, co-existaient.

Il faut lire St Vincent de Paul, pour se rendre compte du manque de pratique liturgique des prêtres des 17éme et 18éme siècles. En effet, écrit M. Vincent, l’un commence la messe par le Pater, l’autre ne disant même pas les paroles de la consécration, d’autres encore prenant des libertés, ce qui fit que Vincent de Paul, voyant l’urgence de la formation du clergé, préconisera une réforme totale et pour ce faire, ouvrit des séminaires où l’Ecriture Sainte, la Théologie, l’étude des sacrements et les réalités indispensables à la vie sacerdotale, seraient enseignées au clergé, pour sa sanctification et pour le bien du peuple de Dieu. Plus tard, le « best-seller » des lectures de séminaristes, le « Traité des saints Ordres », de Louis Tronson, en 1676, fera que le prêtre est maintenant, pour l’ensemble du corps social, un modèle de sainteté dans sa manière de marcher, de s’habiller, de parler, de dormir. Comme le Christ il est maître de lui-même, grave, pieux et attentif aux autres…

Comme vous le savez, il faudra attendre Dom Guéranger au milieu du 19éme siècle, pour inviter les diocèses, les prêtres et les évêques à mettre un peu d’ordre dans tout cela. Si des chrétiens de ce temps revenaient de nos jours, ils seraient étonnés devant la profondeur et la piété de nos célébrations actuelles, même si quelquefois on peut y trouver à redire.

C’est vrai, qu’étant encore séminariste, puis jeune prêtre, dans les années 1965-1975, je ne comprenais pas pourquoi les deux rits, celui du Concile de Trente, puis le même missel, rénové en 1962, par le bienheureux pape Jean XXIII et celui du Concile de Vatican II, ne pouvaient exister conjointement.

Ce fut une erreur, à mon humble avis, d’interdire d’un trait de plume, ce missel avec lequel des générations de prêtres et de fidèles s’étaient sanctifiés, et qui nous a été redonné par le Motu proprio, alors qu’il n’avait jamais été abrogé.

Il faudra quand même, revoir bientôt le calendrier et la célébration de la fête des saints, et également, à mon sens, le lectionnaire, afin de l’amplifier pour que le peuple de Dieu soit nourri de la Ste Ecriture, comme le fit le pape Pie XII pour la liturgie Pascale. Que de larmes et de dissensions, de jugements téméraires, de guerres larvées, de rejets dans notre Sainte église, de prise de position « théologico-politiques » stériles aurions-nous pu éviter. Surtout en France ! Car nombreux furent ceux qui s’éloignèrent sur la pointe des pieds ou  qui contestèrent radicalement les changements, se coupant de la Ste Eglise, du pape et du Concile, pour se faire les champions de la Tradition, comme si la grande Tradition de l’Eglise était fixiste et que l’on pouvait soi-même en fixer les normes !

Cette douloureuse expérience m’a permis de réagir et j’ai fait ce que j’ai pu, durant ces 40 ans de sacerdoce, pour rester dans la fidélité et l’obéissance à l’Eglise. Ce ne fut pas facile, mais l’Esprit-Saint aidant, j’ai avancé en tenant bon. Mais je dois le confesser, je revenais souvent de réunions ecclésiastiques, à la fois perplexe et étonné, car j’avais l’impression, en ce temps-là, que je faisais dans mes petites paroisses, le contraire de ce qui était dans le vent et à la mode ! Tout cela évidemment n’était pas dans le Concile, dont on se prévalait si facilement, réactions adolescentes qui perdurent encore malheureusement ! Puis vint le temps de l’apaisement, et bientôt celui de la réconciliation.

Les jeunes, qui dans un instant seront confirmés dans la foi de leur baptême, oints par le St Chrême du Salut, devront vivre dans notre Eglise, comme des témoins du Christ ressuscité. C’est ce à quoi le Père Laurent Grégoire vous a préparé durant votre retraite, et notre archevêque, Mgr Georges Pontier, compte sur vous et sur vos familles pour que vous rayonniez de votre foi en Christ ressuscité.

Frères et Sœurs, donnons-leur l’image d’une Eglise, d’une communauté fervente et aimante, aminée par l’Esprit du Seigneur qui restaure toute chose, comme le chantions le jour de la Pentecôte. Que l’Esprit-Saint nous montre le chemin qui conduit au Père, à Jésus son Fils, venu témoigner de son amour pour nous. Il a vécu sur notre terre, sur cette terre de Palestine. Il a prêché, donné son Corps et son Sang, s’est laissé conduire au supplice de la croix. Mis au tombeau, il est sorti du sépulcre, il est ressuscité d’entre les morts.

Avec les Chevaliers de Malte, et les Chevaliers et Dames du St Sépulcre, gardiens du tombeau de la résurrection, prions pour tous ces chrétiens, confortés dans leur foi en Christ, lors du dernier pèlerinage du Pape Benoît XVI.

Avec eux, soyons des témoins de la foi, en toute humilité, comme le rappelle la devise de St Charles Borromée. Lui aussi dut amener l’Eglise à se restaurer, à surmonter les épreuves et à en sortir victorieux, alors que beaucoup, en son temps, essayaient de l’empêcher de mener à bien la restauration de l’Eglise de Dieu.

Comme lui, n’ayons pas peur, bien au contraire ! L’Esprit de Dieu est sur nous, le Christ est avec nous, le Père nous fait signe et nous bénit. Que craindre ? C’est la joie qui doit prédominer !


La joie et l’action de grâce, puisque vous avez voulu avec moi, remercier le Seigneur pour ces 40 ans de sacerdoce. Oui, je suis dans la joie et la sérénité, car depuis que j’ai reçu l’imposition des mains, jamais je n’ai regretté le pas que j’avais fait, et malgré les difficultés, j’ai toujours fait confiance à Marie, que nous vénérons ici sous le vocable de Notre-Dame des Infirmes.

Que Marie nous aide, en ce dimanche de la Trinité, à percevoir quelle route emprunter, pour qu’elle nous conduise, sans détours, vers la sainteté de Dieu, afin que nous devenions nous-même des saints. Amen.

+ Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

 

Après le chant du Credo, confirmation de

Blandine Scemama - Jean-Guillaume Scemama 

Jeanne Neviaski

                                              Photos : V. G. 

 

Un grand merci à tous : chorale, organiste, sacristains, organisateurs, servants de messe, etc... et évidemment au Père Laurent Grégoire qui à eu la charge de préparer cette belle célébration. Une image souvenir à même été proposée aux fidèles au sortir de cette messe solennelle et lors du vin d'honneur. Encore tous mes remerciements. Mgr Ellul. 

 

Publié dans Homélies St Charles

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