Homélie pour le 3ème dimanche de l’Avent Paroisse St Charles - 15 décembre 2013.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

+ Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! Amen. « Seigneur, prête une oreille attentive à nos prières. Nous sommes dans l’attente de l’Avènement de ta naissance sur terre, aussi, grande est notre joie. » Car tu es proche de nous, nous le savons, et pourtant combien de fois sommes-nous dans une torpeur spirituelle qui ne nous permet pas de vivre en bons chrétiens. Mais tu es là, Seigneur notre Dieu, et la liturgie de ce 3ème dimanche de l’Avent vient nous recentrer sur l’essentiel, qui est de toujours mieux te connaître et t’aimer. Tu veux nous garder dans la paix et dans la joie, et déjà nous tournons nos regards vers la Vierge Marie, qui attend ta naissance. Comme elle, nous sommes dans la joie de l’attente ; comme elle, nous entonnons le Magnificat. Qui es-tu ? Qui est celui qui doit venir ? Quand viendra-t-il ? Ces questions nous nous les posons chaque année ; elles nous sont aussi posées par nos enfants et nos petits-enfants ; c’est alors que nous devons ouvrir la Parole de Dieu, rechercher et relire dans le Nouveau Testament, les textes de St Matthieu et de St Luc pour pouvoir leur répondre en toute vérité. Avec St Jean-Baptiste, nous devenons, nous-aussi, la voix qui crie dans le désert de nos villes : « Préparez les chemins du Seigneur ! » Et ce malgré les foules qui envahissent les magasins, les lumières qui nous aveuglent et nous empêchent de voir l’essentiel, les non-croyants ou les mal croyants qui nous entourent. A eux aussi, surtout à eux, le Christ dit : « Je viens naître parmi vous pour vous donner à voir, comment Dieu le Père est tendresse et miséricorde, pour vous apporter la paix, pour que cessent les guerres, celles bien sûr qui agitent et déchirent le monde, mais aussi la guerre larvée, la guerre insidieuse dans nos familles, et qui fait tant de mal et de ravages, séparant les êtres, apportant la haine et le mal. Oui, le Seigneur vient bientôt naître parmi nous, pour nous apporter douceur et réconfort, pour nous permettre une fois encore d’être des artisans d’amour et de paix, nous qui sommes pécheurs, mais pardonnés par la tendresse de Dieu. Nous l’avons entendu dans l’Evangile : Jean-Baptiste dit que celui qui vient est plus puissant que lui, et que lui les baptisera dans l’Esprit-Saint et dans le feu. Et le lendemain, il dira à tous ceux qui attendaient ce baptême de pénitence, cette phrase que nous redisons à chaque messe, lorsque le Corps du Christ nous est présenté avant de communier : « Voici l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde ». Alors, voulez-vous méditer un court instant, sur la réponse que nous donnons, qu’elle soit dite en latin ou en français ? Nous affirmons : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ! », reprenant la phrase du centurion dont l’enfant était malade. Il ne se sentait pas digne que Jésus, qu’il avait entendu prêcher et qui avait bouleversé son cœur, puisse venir dans sa maison. Mais la foi qu’il avait mise en ce Messie tant attendu, avait réalisé la guérison de son enfant. Et pour nous, chers frères et sœurs, qu’en est-il ? -Seigneur je ne suis pas digne : C’est vrai Seigneur, quelques fois, je ne me trouve pas digne de te recevoir. Ma vie chrétienne a besoin d’être renforcée dans la foi et la confiance ; je sais que tu m’aimes, mais je continue encore et toujours à me laisser aller au péché, à la médisance, à la calomnie ; oui je me détourne de toi, je n’écoute pas ta parole. -Dis seulement une parole : Cette parole Seigneur, c’est celle que j’entends lorsque je vais me confesser : « Je te pardonne, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen ! » Et que je réponde amen, (que je ne dis pas d’ailleurs, en pensant que c’est trop moderne…) ou Ainsi soit-il, (ce qui est la traduction bien plus ancienne)…je n’ai même pas conscience qu’en disant « Ainsi soit-il », je me dois de me garder du péché. Et pourtant ? En ancien ou en moderne, je pèche encore. Viens à mon secours Seigneur, viens raboter en moi ce qui est élevé d’orgueil et de suffisante, viens aplanir le chemin de mon âme, encore encombré de trop de choses, pour que tu puisses passer dans ma vie ; accorde-moi ton pardon pour que je puisse célébrer dans la joie ta naissance. Cette joie je l’ai en moi et je te promets de la dispenser autour de moi. C’est la joie de te connaître, de t’être consacré depuis le jour de mon baptême, d’être conscient que je fais partie de ton Eglise, et que je dois, tous les jours et sans cesse, témoigner que tu es vivant et que tu es le seul chemin, celui de la vérité et de la vie éternelle. Donne-moi cette joie Seigneur. Mais pour pouvoir nous rendre compte de la chance que nous avons de posséder la joie du Christ, il faut entendre ces paroles du pape François dans l’Exhortation Apostolique : « Gaudii Evangelium » du 24 novembre dernier, lors de la clôture de l’Année de la Foi à Rome. « Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, c’est une tristesse individualiste, qui vient du cœur bien installé et avare ; de la recherche maladive de plaisirs superficiels ; de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus. Même les croyants courent ce risque, certain et permanent. Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes, sans vie. Ce n’est pas le choix d’une vie digne et pleine, ce n’est pas le désir de Dieu pour nous, ce n’est pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du cœur du Christ ressuscité. Aussi le pape dit : « J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même, sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel, quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que « personne n’est exclus de la joie que nous apporte le Seigneur ».[1] Celui qui risque, le Seigneur ne le déçoit pas, et quand quelqu’un fait un petit pas vers Jésus, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ouverts ». C’est le moment pour dire à Jésus : « Seigneur, je me suis laissé tromper, de mille manières j’ai fui ton amour, cependant je suis ici une fois encore pour renouveler mon alliance avec toi. J’ai besoin de toi. Rachète-moi de nouveau, accepte-moi, encore une fois entre tes bras rédempteurs ». Cela nous fait tant de bien de revenir à lui quand nous nous sommes perdus ! J’insiste encore une fois : Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde. Celui qui nous a invités à pardonner (77 fois) « soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 22) nous donne l’exemple : il pardonne soixante-dix fois sept fois ! Il revient nous charger sur ses épaules une fois après l’autre. Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable. Il nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie ». Recevons ces paroles du pape François, elles nous permettrons peut-être de mieux préparer notre confession de Noël… Je termine en vous souhaitant une belle préparation à Noël, vous invitant à vous confesser et ensuite à rayonner de cette joie intérieure, qui vient de celui qui se fait tout petit, pour nous inviter nous même à être doux et humbles de cœur. Que la paix et la joie du Seigneur soient toujours avec vous. Amen. + Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi soit-il ! Mgr J-P Ellul

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