Voulez-vous commencer à penser à votre entrée dans le Royaume des Cieux ?

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Homélie pour le 26e dimanche – Basilique du Sacré-Cœur – 30 sept 2013.

Voulez-vous réussir votre mort ?

Voulez-vous commencer à penser à votre entrée dans le Royaume des Cieux ?

Chers frères et sœurs, ce n’est pas un slogan publicitaire, mais une question qui nous est posée par l’évangile d’aujourd’hui !

Cette parabole nous interpelle, et en ce dimanche, je « vous propose », de penser à notre mort et à notre vie éternelle, à nous y préparer très simplement, car nous ne savons, ni le jour ni l’heure de notre rencontre avec le Seigneur, puis de nous mettre dans l’une de ces deux attitudes de vie, dont parle Jésus.

En fait, dans quelle catégorie allons-nous placer ?

Celle de l’homme riche, aux vêtements luxueux ?...

Ou dans celle du pauvre Lazare ?

Jésus est toujours très réaliste et en quelques mots, il met en parallèle la vie de ces deux hommes, leur mort et leur arrivée dans le royaume.

Essayons de nous appliquer cette parabole

Je suis l’homme riche ! Oui, je suis riche, je possède pas mal de choses, mes comptes sont tellement bien tenus, que mes placements me rapportent, me permettant de bien vivre, de me nourrir et de m’habiller, de prendre du « plaisir » notion importante, que les médias nous rappellent chaque jour pour nous abrutir dans un tourbillon de consommation effrénée.

Je jouis de la vie, oui après tant de labeur et d’épreuve ; j’y ai droit, non ? Et après la mort, qui-a-t-il ? Si j’ai été heureux dans cette vie, pourquoi ne le serais-je pas dans l’autre. Et puis personne n’est revenu pour nous le dire.

Et ainsi on empile réponses sur réponses, pour ne pas voir la vraie question : qui suis-je et qu’ai-je fait de ma vie ?

On m’avertit que je dois mourir dans une heure !! ?

Ai-je fait mon testament ? N’ai-je oublié personne de mes enfants, de ma famille ? Ai-je dépossédé l’un… au profit de l’autre ? Ai-je peur de la mort qui m’attend tout à l’heure. Suis-je serein ? Ai-je peur de Dieu, de son jugement, de ce qui m’attend dans l’au-delà.

Seigneur, j’ai un péché sur la conscience, que je n’ai jamais confessé ; je garde encore sur le cœur un comportement que j’ai eu et qui n’était pas conforme à l’évangile ; comment puis-je faire, pour rendre ce que j’ai volé aux autres ; demander pardon avant de te rencontrer ?

Mettons-nous maintenant dans l’attitude du pauvre.

Ces pauvres dont on parle tant depuis ces dernières années, comme si l’Eglise ne s’en était jamais occupée. Mais n’est-ce pas l’Eglise qui a toujours été présente quand il fallait s’occuper d’eux ?

Moi, je suis pauvre et j’en souffre !

Chômage, maladie, fin de mois difficile, séparations et divorces, épuisement psychique ; oh oui, je suis vraiment à l’image de ce Lazare dont on me parle aujourd’hui !

Mais je vais mourir dans une heure !

Seigneur trouverai-je auprès de toi, ce que je n’ai pas eu sur cette terre ?

Mais ne trouveras-tu pas un peu d’orgueil et d’envie dans mon existence, avec cette haine envers les autres, envers ceux qui, eux, ont tout eu ? …

C’est alors que d’une main discrète, on nous tend le catéchisme de l’Eglise Catholique. C’est un ouvrage assez volumineux ! Immédiatement, on s’en empare, on essaye de l’ouvrir rapidement, pour y trouver des réponses, mais comme on ne l’a jamais lu, on reste perplexe devant ce qu’il nous faut rechercher, pour combler notre inquiétude.

Mais il s’ouvre de lui-même et on peut lire :

« Qui n’éprouve en soi le déchirement entre le désir de bien faire et l’attrait pour le Mal ? C’est le drame de la conscience humaine de vivre cette contradiction !

Nous n’avons qu’une vie ! L’homme est un être singulier et personnel, doté d’une âme immortelle ; il est libre de ses actes à travers lesquels, il forge son destin présent et futur.

Il n’est pas quelque chose, mais quelqu’un.

Il a sa dignité personnelle et chaque personne, voulue pour elle-même, est aimée de Dieu. » (pages 766 et suivantes).

« La mort est le terme de la vie terrestre… Le souvenir de notre mortalité, sert aussi à nous rappeler, que nous n’avons qu’un temps limité pour réaliser notre vie. La mort est la fin du pèlerinage terrestre de l’homme, temps de grâce et de miséricorde, que Dieu lui offre pour réaliser sa vie terrestre.

Pour un chrétien, c’est le mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ qui donne sens à la mort. Elle inaugure l’achèvement de sa nouvelle naissance, commencée au baptême, dont le fruit, mûrit tout au long de sa vie, par la purification intérieure qui donne accès au Royaume.

C’est alors que la doctrine du purgatoire trouve ici tout son sens.

Loin d’abolir l’identité personnelle de chacun, elle permet de maintenir la permanence du moi individuel, qui est exclue par l’idée même de réincarnation. Car c’est l’âme personnelle qui, à la différence de ceux que l’enfer a condamnés, s’assume elle-même dans l’épreuve de la purification qui la prépare à connaître enfin la vision bienheureuse du ciel.

Ce n’est que dans la foi que nous pouvons rejoindre les vérités qui concernent la vie future, dans un au-delà qui demeure mystérieux, parce qu’il dépasse toute compréhension et toute représentation. Mais le langage du Christ, si ferme sur sa propre résurrection, ne permet aucune équivoque sur la vie éternelle et sur la résurrection de la chair, promise à ceux qui croient… »

Le livre vient de se refermer, on voudrait encore y lire quelques phrases, mais nous sommes remis devant notre conscience et nous voyons défiler toute notre vie dans un raccourci saisissant.

Seigneur ai-je eu vraiment foi en toi ? Ai-je bien médité sur cette parole de St Augustin : « Notre cœur est inquiet Seigneur, tant qu’il ne repose en toi ! »

Chers frères et sœurs, je ne termine pas cette homélie, car c’est vous qui allez la conclure en méditant ces phrases de Jésus. Les voici :

Tout ceux que le Père me donne viendront à moi, et moi, je ne vais pas les jeter dehors ! (miséricorde).

Ce que vous aurez fait à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait ! (charité).

Comme je vous ai aimé, aimez-vous les uns les autres. (amour)

La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle et moi, je les ressusciterai au dernier jour. (Jn, 6, 40) (espérance).

Tenez-vous prêts ; c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ! (Lc. 12, 40) (veiller en tout temps).

Et ce petit texte de l’Apocalypse de St Jean : Moi, Jean, j’ai entendu une voix qui venait du ciel. Elle me disait d’écrire ceci : Heureux désormais les morts qui s’endorment dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit de Dieu, qu’ils se reposent de leur peines, car leurs actes les suivent. » (Ap. 14, 13).

Mons. Jean-Pierre Ellul.

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