Homélie - La Sainte Trinité – basilique du Sacré-Cœur – Dimanche 26 mai 2013.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

La Sainte Trinité – basilique du Sacré-Cœur – Dimanche 26 mai 2013.

Chers frères et sœurs,

Méditons quelques instants sur le mystère de la Ste Trinité.

Je me réfère tout d’abord au Catéchisme de l’Eglise Catholique, que je vous invite à ouvrir au chapitre 8, à l’article : « Je crois en l’Esprit-Saint » et pour parfaire notre approche, aller consulter l’encyclique du bienheureux Jean-Paul II : « Dominum Vivificantem », sur l’Esprit-Saint.

Vous connaissez mon goût pour la recherche ! Je me suis donc penché sur les nombreuses colonnes du dictionnaire « Catholicisme » au volume 70, pour en relire les 19, consacrées à la Ste Trinité. Là, tout est dit !

Plus simplement, rappelons-nous que nous sommes depuis notre baptême, sous le signe de la Trinité. Mais oui, nous avons été baptisés « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », comme le propose la finale du chapitre 28, de l’évangile de Matthieu, précisant qu’il nous faut alors « apprendre tout ce que Jésus a prescrit, car dit-il, je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 19-20)

Nous faisons le signe de la croix, signe trinitaire par excellence et ce signe rythme toutes nos journées, ouvre notre prière et la conclut ; c’est aussi la bénédiction que nous recevons à la fin de la messe, ou les objets que nous présentons pour qu’ils reçoivent le signe trinitaire. C’est la croix qui est dans nos maisons et que nous portons sur nous, car elle nous rappelle l’amour du Père pour le Fils, et que l’Esprit Saint nous faire comprendre, dans le mystère de la Sainte Trinité.

Mais allons un peu plus avant dans l’explication de la liturgie de ce jour. La première lecture du Livre des Proverbes, met la Sagesse en scène. Cette Sagesse de Dieu, son esprit est à l’œuvre dès l’origine, avant l’apparition de tout, enfantée dès l’origine. Alors que Dieu modèle tout et trace l’horizon, elle fait ses délices en étant à ses côtés, car déjà elle annonce son amour pour tous.

Evidemment, et Jésus le dit à ses disciples avant son départ de ce monde, ce que nous ne pouvons porter, l’Esprit viendra et nous guidera vers la vérité toute entière, car tout ce qui appartient au Père est à lui et l’Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse. C’est lui qui nous donne ses dons, afin que nous puissions témoigner qu’il est Père, Fils et Esprit, et que les trois ne font qu’un dans l’amour qu’ils nous portent. Ainsi nous pouvons accéder au don de sa grâce et espérer d’avoir part à la gloire de Dieu.

Dans le dictionnaire « Catholicisme », j’extrais ces quelques phrases, non de théologie, mais d’iconographie : «Il est peu de thèmes plus difficiles à figurer que celui de la Trinité. Les évocations de la Trinité, se rencontrent en architecture dite « trinitaire », tel, entre autre, le cloître triangulaire de St Benoît sur Loire, aujourd’hui disparu, le chevet avec triplet ou groupe de trois baies, telle la chapelle de St Honnorat à Lérins ; mais également les symboles trinitaires d’ordre géométriques : le cercle, ou trois cercles concentriques, ou le triangle à trois côtés égaux, image parfaite, pour suggérer dans la Trinité, l’égalité des Trois Personnes ; mais aussi la figuration anthropomorphe : celle d’Abraham recevant les trois anges.

Habituellement les trois personnes sont bien distinctes, comme cela se voit sur le tableau exposé ici, dans la chapelle du Sacré-Cœur, où au dessus des Visitandines remerciant Dieu pour la préservation de la peste, on perçoit tout en haut, au centre, « la représentation de la Trinité : Dieu le Père, le Christ souffrant et la colombe du Saint-Esprit dans une lumière dorée, est exceptionnelle dans les ex-voto de la peste de 1720 ; au point qu’un sociologue a naguère bâti toute une théorie sur l’absence de Dieu dans ces tableaux. Celui-ci vient la démentir. » (Régis Bertrand)

Dans l’encyclique « Dominum vifificantem », le bienheureux Jean-Paul II, écrit ceci : « Il est caractéristique du texte johannique que le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, soient désignés clairement comme des Personnes, la première étant distincte de la deuxième et de la troisième, et aussi les trois entre elles. Ainsi donc, l’Esprit… vient du Père et le Père donne l’Esprit. Le Père « envoie » l’Esprit, au nom du Fils, l’Esprit « rend témoignage » au Fils. Le Fils demande au Père d’envoyer l’Esprit-Paraclet.

Il y a plus de deux siècles, c’est à Marseille, ne l’oublions jamais, que s’est manifestée, la Sainte Trinité, dans le monastère de la Visitation des Grandes Marie. Sœur Anne-Madeleine Rémuzat, dans une de ses nuits de méditation, d’adoration et de prière, voit la Sainte-Trinité ; les trois personnes divines entrent en conversation avec elle. Nous sommes en 1716 ; elle ressent la présence effective de Dieu et alors qu’elle se met à genoux, elle est investie de sa gloire. Il lui est dit alors, que les trois personnes de la Sainte Trinité désiraient contracter avec elle, une union que rien au monde, serait capable de rompre et ils lui demandaient son consentement. Remarquons que Dieu vient toujours vers nous avec respect, et ne force personne. Elle écrit ensuite : Comment répondre ? Elle se met à prier et reste éperdue, devant ce Dieu trinitaire qui venait se montrer à elle. C’est alors, qu’après son acceptation, que lui sont communiquées, les connaissances profondes de ce mystère d’amour des trois personnes divines. Durant près de deux heures, la vision se fait de plus en plus précise et les dialogues également. Et écrit-elle : « Connaissant que les trois personnes allaient s’éloigner, je les priais de me bénir. Immédiatement, le Père me fit connaître que la bénédiction qu’il me donnait, me servirait à ce que je ne le perde jamais de vue. La personne du Fils, me redit que, m’ayant choisie pour être « la victime de son cœur », la bénédiction qu’il me donnait, était de m’ouvrir les trésors qu’il renferme. Celle du Saint-Esprit, fut de me promettre que je ferai un progrès continuel dans son amour, et que la grâce ne s’épuiserait jamais en moi. Après cela, Jésus-Christ, élevant sa main adorable, me bénit avec ces paroles : « Je te bénis au nom du Père, en mon nom et au nom du Saint-Esprit. Je répondis « Amen », après quoi, la vision disparut et étant revenue à moi-même, je me trouvais comme une nouvelle créature ».

Dans l’alliance de sœur Rémuzat avec la Trinité, le don des trois personnes divines, vont lui donner la grâce d’une « invisible stigmatisation », qui lui feront porter douloureusement dans son corps, les signes de la passion de Jésus. C’est ainsi que tout était en place pour l’accomplissement de sa grande mission, exercée sous le signe trois fois saint. Nourrie chaque jour de l’Eucharistie, alliée à la Sainte Trinité qui s’était promise à elle, accomplissant sans cesse son vœu le plus parfait, elle était pleinement préparée à prendre le relais de Sainte Marguerite-Marie, pour diffuser le culte du Sacré-Cœur de Jésus, dont nous rappellerons dans quelques jours, le 7 juin prochain, la consécration de la ville et du diocèse.

Oui, avec « ton Fils unique et le Saint-Esprit, tu es un seul Dieu, tu es un seul Seigneur, dans la Trinité des personnes et l’unité de leur nature ».

C’est en faisant le signe de la croix, signe trinitaire par excellence, que je conclus cette méditation : « Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen ». J-P Ellul.

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