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à Mgr Jean-Pierre ELLUL - Les Amis du
Sacré-Coeur - 2bis, rue St Adrien - 13008 MARSEILLE
Les Auteurs : Préface de Mgr Georges Pontier - Ont participé à cet ouvrage ; Mgr Jean-Pierre Ellul, recteur de la basilique ; Frédérique Bertrand, architecte d.p.l.g ; Régis Bertrand, professeur d'histoire moderne à l'Université de Provence ; Michel Eisenlohr, auteur-photographe ; Emmanuel Laugier, historien d'art
2ème dimanche de Carême – 4 mars 2012.
Paroisse St Charles – La Transfiguration
Textes du Missel de St Pie V.
Frères et Sœurs,
Ces dimanches de carême nous font revivre d’une manière très particulière la prédication de Jésus. Par le drame de la Passion qu’il va bientôt vivre, il faut que les disciples soient prêts à affronter ce mystère de mort et de résurrection du Seigneur.
D’autant que ceux qui veulent le mettre à mort, sont là, tapis dans l’ombre, caché au milieu de la foule et dans les derniers jours, à l’écouter discourir sur le mont du Temple, prêts à lui trouver une faute théologique, afin de prouver qu’il n’est pas le Messie annoncé.
Mais Jésus, le sait, il sait d’ailleurs ce qu’il y a dans le cœur de ses contemporains, comme dans chacun de nos cœurs.
Dans les textes liturgiques du Missel de Pie V, chaque année après le récit de la Tentation au désert, est proposé à notre méditation, celui de la Transfiguration. Suivent des péricopes d’évangiles montrant Jésus poursuivant sa mission, chassant les démons et guérissant ce qui viennent vers lui avec grande foi, tout en leur rappelant que « celui qui entend la Parole de Dieu et qui marche à sa suite, sans regarder en arrière est très près du Royaume ; et pour prouver sa puissance salvatrice, il va multiplier les pains de l’autre côté de la mer de Galilée.
C’est que les disciples vont de découvertes en découvertes. Ces hommes de Galilée, qui ont appris la Thora, c’est-à-dire la Loi et les Prophètes, qui fréquent assidument la synagogue et prient plusieurs fois par jour, ne s’attendaient pas à être appelés par Jésus pour le suivre, et ce, durant ses trois années de prédication.
Et Jésus va leur poser cette question : « Pour vous qui suis-je ? » « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant ! » répond Pierre ! Ils sont à Césarée de Philippe, où après un court séjour à Tyr et à Sidon, Jésus et ses disciples viennent d’arriver. Et la réponse du Seigneur : « Heureux est-tu, Simon bar Iona, parce que ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les Cieux ! Et moi, je dis que tu es Pierre et que, sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle. Je te donne les clefs du royaume des cieux et ce que tu lieras sur la terre se trouvera lié dans les cieux et ce que tu délieras sur terre se trouvera délié dans les cieux. »
Déjà Jésus, qui avait dévoilé quelque peu le mystère de sa personne à la Samaritaine, va continuer d’annoncer à ses disciples qu’il lui faudra souffrir, qu’il sera persécuté par les anciens, les Grands-Prêtres et les Scribes, qu’il sera tué et que le troisième jour il se relèvera ! »
Pierre voudra l’empêcher d’aller à la mort. Nous connaissons tous la réponse de Jésus : « Passe derrière-moi, Satan, tu m’es scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celle des hommes ! » Car c’est une nouvelle tentation qui risquerait d’assaillir Jésus par la bouche de Pierre. Non, il suivra la route tracée par Dieu son Père. Quelques jours plus tard, il les invitera à gravir la montagne, lieu de prédilection pour la rencontre avec l’Eternel.
Jésus prends avec lui, Pierre, et les deux fils de Zébédée Jacques et Jean. Ils le suivent sur la montagne. Est-ce celle de l’Hermon, ce haut sommet couronné de neiges éternelles, près de Césarée de Philippe, ou le Mont Thabor ? Nous ne savons pas vraiment.
Le lieu actuel, le mont Thabor, fut un lieu historique, où dévotions païennes et guerres incessantes, laisseront place à un lieu de pèlerinage, qui depuis le 4ème siècle de notre ère, d’églises en églises, recouvrent le somment du mont. La route s’élève parmi les arbres, et les taxis montent à toute vitesse leurs lots de pèlerins. Arrivé au sommet, les pères Franciscains accueillent depuis 1923 ceux qui viennent puiser lumière et courage dans cette belle et vaste église.
Le récit des évangiles synoptiques prend alors tout son sens. Du sommet la plaine est magnifique… On voit au loin l’Hermon. On ferme les yeux et l’on peut se remémorer le récit que nous venons de proclamer, et en entrant dans la basilique, les mosaïques en témoignent.
Il suffit de reprendre le texte et de méditer. Il nous donne à voir Jésus, qui en prière, est revêtu d’une lumière telle que personne sur la terre ne peut la provoquer. Son visage est resplendissant comme le soleil, ses vêtements sont éclatants de blancheur et surtout, pour ceux à qui l’on prêchera la Bonne Nouvelle, des années plus tard, on leur précise que Moïse et Elie sont là, comme de témoins de la messianité du Christ…
Et tout y est, car en plus des annonciateurs du Messie à venir, la nuée les prend sous son ombre et la voix du Père se fait entendre. « Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez-le ! »
Moïse, le médiateur de la première Alliance est là, ainsi qu’Elie le prophète au cœur de feu. Tous deux proclament que le Christ, et nul autre que lui, est « l’authentique accomplissement » de l’Ancien Testament. Ils lui parlent de son départ qu’il va accomplir à Jérusalem. La présence des trois apôtres fait de cette scène comme le résumé, pourrions-nous dire, de toute la Bible. La Loi et les prophètes, Moïse et Elie, présentent le Christ glorifié à Pierre ; Jacques et Jean, les colonnes de l’Eglise, dont la mission, avec d’autres, sera de témoigner du Ressuscité au milieu du monde.
Pierre qui vit un moment « historique », va tenter de l’éterniser et voudra dresser trois tentes, mais Jésus ne répond pas à cette invitation et c’est Dieu lui-même qui répond en quelques sorte, en lui donnant les titres de sa messianité. « Il est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le ! »
Jésus a été choisi, pour réaliser le projet fou de Dieu envers l’humanité, engagé dans l’Alliance avec Moïse, proclamé par les prophètes et porté par Jésus à sa plénitude. Au seuil de la vie publique : le baptême de Jésus ; au seuil de la Pâques : la Transfiguration.
Par l’un fut manifesté le mystère de notre première régénération, par l’autre, le sacrement de la seconde régénération, notre propre résurrection.
Le sommet de la montagne ne sera pas un point final, il n’en est qu’une étape ; l’autre montagne, l’autre mont, celui du crâne, celui du Golgotha, le verra dépouillé de ses vêtements, couverts de crachats et de sang, non plus nimbé de lumière étincelante, mais couronné d’épines et donnant sa vie pour le pardon de nos péchés et ceux de toute l’humanité.
De la gloire à la croix, pourrions-nous dire, nous qui faisons la synthèse des deux Testaments.
La Transfiguration nous donne un avant-goût de la venue glorieuse du Christ, qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, rappelle l’épitre aux Philippiens.
« O Dieu saint, O Dieu fort, O Dieu Immortel prends pitié de nous. »
Bon et saint carême à vous tous, chers Frères et Sœurs. Amen.
Homélie pour le Dimanche de la Sexagésime
Paroisse St Charles – 12 février 2012.
Note d'explication concernant la liturgie Tridentine dans le Temps de la Septuagésime. Ce temps dans la liturgie ancienne compte trois dimanches ; il commence toujours la neuvième semaine avant Pâques. Les noms de Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, désignent non la semaine, mais la dizaine au cours de laquelle tombe chacun de ces dimanches. Ces dimanches préluent au Carême : plus de gloria, ornements violets, le chant de l'alléluia est supprimé. Ce dimanche de la Sexagésime, la station était à Saint-Paul-hors-les-murs. Les textes de la Parole de Dieu : la 2ème lettre de St Paul aux Corinthiens, 11, 19-33 ; 12, 1-9 et l'Evangile de St Luc 8,4-15.
Chers Frères et Sœurs,
Ce dimanche de la Sexagésime, nous fait entrevoir que le temps de pénitence, le temps du carême, est tout proche et ces dimanches précèdent le mercredi des Cendres que nous célébrerons le 22 février prochain. Ce sera l’appel à la conversion du cœur…
Comme St Paul, soyons fous, fous de Dieu, fous de porter et de témoigner son messager, fous de croire totalement, intégralement aux paroles du Christ. Rien ne pourra nous séparer de l’amour du Christ, rien ! Ni la faim, ni les persécutions larvées que subit notre Eglise catholique, même pas les critiques ou les quolibets. Rien !
Car nous restons les yeux fixés sur Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous vivons de lui et par lui. Comme l’apôtre St Paul dont nous venons d’entendre la lettre aux Corinthiens, nous tenons fermement dans la foi.
Que de souffrances et de tribulations et surtout pour lui, ce souci de toutes les Eglises. Il se veut tout à tous, prêt à tout, et se glorifie même dans sa faiblesse, car dit-t-il, même quand je suis faible, c’est alors que je suis fort !
Cela lui vient de cette prodigieuse révélation sur le chemin de Damas, lui qui fut élevé auprès du Seigneur de gloire. C’est lui, Jésus qui l’a converti, qui lui a parlé au cœur, lui disant ces paroles secrètes qui ont bouleversé sa vie. Et il a porté témoignage, malgré l’écharde qu’il avait dans la chair, afin qu’il ne s’enorgueillisse pas !
Pour lui, la Parole de Dieu est tombée dans de la bonne terre. Rien n’a pu l’étouffer. Le semeur à bien lancé sa semence et atteint son but. Et pourtant dès son plus jeune âge, il ne fut pas tenant du Christ, il en était même le persécuteur ayant une haine farouche contre les premiers témoins de la résurrection. Pensons à Etienne qui fut lapidé. Saül était là, à regarder et à approuver. Mais la puissance de Dieu l’a retournée… cette Parole, - puisée dans la Thora, la Loi et les Prophètes,- cette Parole, la Parole du Père,- lui a été révélée dans son Fils Jésus-Christ. Le diable n’a pas pu l’ôter de son cœur, car il n’était pas sans racines, bien au contraire, et rien n’a pu l’étouffer. En est-il de même pour nous ?
Nous, ce qui nous marquera toujours c’est cette force de persuasion. Il est temps, de continuer de proclamer la Parole de Jésus dans notre monde et dans notre vie, dans nos familles, dans notre milieu de travail, à l’école et partout. On nous accusera de prosélytisme ? Non, nous ne sommes pas des prosélytes, nous sommes des croyants, nous sommes du Christ, nous sommes de l’Eglise catholique, nous avons la charge de porter humblement sa parole et d’en témoigner avec intrépidité au milieu du monde.
Changeons de vies ! Soyons en adéquation avec l’Evangile…
Encore me direz-vous ! Mais ce n’est pas moi qui vous le dit, c’est le Christ, c’est l’Eglise qui nous le propose avec force. Et nous, nous répondrons oui ! Oui, Seigneur, je veux porter ta Parole, je veux être au milieu des autres, un véritable témoin, rempli d’amour et d’espérance.
Hier en fêtant Notre-Dame de Lourdes, nous avons tous réentendue les Paroles de la Vierge Marie à Bernadette : conversion et pénitence ; priez pour les pécheurs, lui disait-elle, embrassez la terre en signe de pénitence, mangez l’herbe amère, lavez-vous avec l’eau que je vous donne, oui, grattez la terre pour trouver cette eau, et même si elle est sale, laissez-là couler pour en retrouver sa limpidité ; venez ici en procession, montrant que vous êtes un peuple de marche, que vous avez été lavés par l’eau du baptême et que, plongés en Christ dans le bain de régénération, vous allez vers le sacrement de réconciliation pour le pardon de vos péchés, afin de recouvrer la grâce baptismale.
Hier, la fête de Notre-Dame de Lourdes, en cette journée de prière pour les malades, nous rapprochait de la statue de la Vierge de Saint-Charles, évoquée ici sous le beau vocable de Notre-Dame des Malades. Nous avons besoin de la tendresse de Marie, car elle nous montre le chemin d’amour que nous pouvons parcourir sous son regard, pour aller vers Jésus son Fils, dans l’Esprit-Saint qui nous fait découvrir l’amour du Père et l’amour que se portent les trois personnes divines.
La servante de Dieu, Sœur Anne-Madeleine Rémuzat l’a bien perçu au XVIIIe siècle, lorsque Jésus lui apparaissait dans son couvent de la Visitation, derrière la Vieille Charité. Là elle fut témoin de la tendresse et de la miséricorde du Seigneur, qui lui montrant son cœur, faisait d’elle une messagère de l’amour miséricordieux. Elle retournera vers son Seigneur, vers le Sacré-Cœur, le 15 février 1730, après qu’elle eut proposé à Mgr de Belsunce de consacrer la ville et le diocèse à son cœur sacré.
Que de révélations divines, dont Marseille et les marseillais ne se souviennent même plus, tant nous avons perdu la mémoire des saints et des saintes qui vivaient dans notre ville. Nous sommes une ville de grande sainteté, mais l’indifférence religieuse actuelle, précédée par le siècle des Lumières, la Révolution Française, les détournements de mai 68, et notre indifférence souvent, tentent d’effacer toutes racines chrétiennes. Mais après l’avoir constaté, comme pour nous en dédouaner, que faisons-nous ? C’est pour cela que nous vivons intensément cette année, comme une année missionnaire.
Revenons vers ces témoins de la foi, car ils nous montrent le chemin. C’est si simple actuellement de retrouver leurs vies et leurs messages. Ils nous renverront tous vers l’Evangile et vers l’Eglise, car ils furent obéissant à l’Eglise et au Magistère, et ce, même durant les temps d’épreuves qu’ils furent à affronter. Pensons, en ces années-là au Jansénisme par exemple… Jamais ils ne se séparèrent de l’Eglise, car ils savaient que là où est Pierre, là est l’Eglise.
Comme eux, nous restons fidèles à Pierre, c’est-à-dire au Pape et au Magistère de l’Eglise, sachant que lorsqu’on tient la main de Pierre on tient la main du Christ, que l’on ne se fourvoie pas et que l’on est dans le droit chemin de la proclamation du Royaume.
Voyez la Parole de Dieu est semée largement. Fasse qu’elle tombe dans de la bonne terre, la bonne terre de nos existences, afin que vous-même, vos enfants et vos petits enfants, toutes nos familles, soient des témoins privilégiés de la foi à Marseille, et que grâce à l’enseignement que vous leur permettez, ils soient nos continuateurs et puissent dire avec nous : « Nous croyons en toi Seigneur ; augmente notre foi et donne-nous le courage de la proclamer à temps et à contre temps. »
L’avenir de l’Eglise qui est à Marseille en dépend et notre archevêque, dans sa lettre pastorale, nous invite à toujours vivre du Christ, à le rayonner, à le proclamer, sous le regard aimant de la Vierge Marie. Le Seigneur sème en nous sa Parole, soyons confiants, soyons sereins, soyons témoins. Amen.
A l'Eglise St Charles, rue Grignan, dont je suis également le recteur, et où nous avons eu en 2011, plus de 10.000 visiteurs, non compris les fidèles qui participent aux messes dominicales... la liturgie est célébrée en latin (lectures en français), chantée en Grégorien, suivant le missel du Bx Jean XXIII, de 1962.
Ainsi le cycle de la liturgie n'est pas le même que dans le calendrier de l'Eglise universelle et donc l'homélie porte sur le 2ème dimanche après l’Epiphanie, avec la lecture de St Paul aux Romains sur les dons divers reçus par chacun (Rom. 12, 6-16) et l'évangile est celui du miracle de Cana au chapitre 2, 1-11 de St Jean.
Dimanche 15 Janvier 2012.
Chers frères et sœurs,
Voilà que se termine le cycle de Noël, où nous avons pu contempler le mystère de l’Incarnation. Marie, Joseph, Jésus, nous étaient montrés dans leurs pérégrinations où toutes les difficultés les attendaient ; ils avaient obéis à l’ordre qui leur demandait de se rendre dans leur pays d’origine pour le recensement.
Les temps où elle devait mettre au monde de Fils de Dieu étaient accomplis et c’est une simple mangeoire qui recevait le Fils du Père Eternel, chair prise de notre chair, dans une humilité totale, contemplée par la Vierge Marie et celui qui devait conduire ses premiers pas. Mais les anges étaient là pour interpeller les bergers, ceux qui étaient repoussé dans les campagnes et dormaient dehors, honnis de leurs contemporains, mais les premiers appelés à aller contempler ce que le Seigneur avait fait pour eux, la naissance du Messie-Seigneur, né dans la ville de Bethléem.
Puis ce seront ces étrangers, universels contemplateurs du Roi-Messie, venus de loin, pour s’incliner devant l’Enfant, grâce à l’étoile qui les guidait. L’humanité connue en ces temps-là venait vérifier ce que le Seigneur Sabahot avait fait pour elle ; désormais elle avait un sauveur, né d’une femme, en tout soumis à la loi, en tout, sauf le péché.
Ils devront repartir par un autre chemin, et ce sera, dès qu’Hérode l’apprendra, le massacre de ces jeunes enfants, de ces saints innocents, assassinés par haine de celui que les Mages nommaient le Roi des Juifs, et dont Rama entend encore les plaintes des mères à qui les enfants étaient arrachés, pour témoigner, premiers témoins qui en engendreront d’autres, quand après l’Ascension et la Pentecôte, les premiers chrétiens subirent le même sort.
L’Egypte, là d’où son peuple partit pour la Terre Promise, sera sa terre, et c’est là que l’enfant Jésus fera ses premiers pas, comme s’il reprenait à son compte la marche vers la mer des roseaux, puis le passage à pied sec de cette mer qui s’ouvrit pour laisser passer son peuple. Quand ils reviendront, ils s’établiront à Nazareth, et là il grandira en sagesse et en taille devant Dieu et devant les hommes. Joseph lui servira de guide ; lui apprenant l’art de la menuiserie et peut-être qu’il travaillera le bois dans la ville basse de Séphoris, œuvrant avec lui pour monter, scier et clouer. Le travail bien fait, la fatigue, tout cela le Fils de Dieu l’a appris et mis en pratique, nous montrant le chemin du travail, de l’honnêteté, de la fierté, et pour nous, de cette parcelle de divinité qui nous permet de créer.
Il apprenait la Thora à la synagogue et sera devant les docteurs, à Jérusalem celui qui, allant dans la profondeur des questions, étonnera ces maître de la Loi et des Prophètes.
Mais le temps venu ; il faudra partir sur les routes de Galilée, pour annoncer la Parole de Père. Après sa mort et sa résurrection et son ascension dans le ciel, lorsque l’Esprit-Saint remplit l’âme et le cœur des apôtres au jour de la Pentecôte, on rappellera pour que nous en soyons témoins, tous les faits et gestes du Seigneur Jésus.
C’est pour cela que ce cycle après Noël, dans notre liturgie dominicale, nous dévoile à nouveau, le mystère du Christ, de ses paroles et de ses gestes, qui sont pour nous autant de catéchèses qui nous permettent de nous rapprocher de sa divinité, faisant de nous des témoins intrépides. Pour les évangiles synoptiques, la chronologie de sa vie, permettra aux premiers chrétiens de retrouver celui -Dieu d’amour- en qui ils ont mis leur foi, en recevant le baptême et d’en témoigner jusqu’au martyr.
Pour Jean l’évangéliste, ce seront les signes qui accomplissent la mission du Christ qu’il proposera, et le premier, sera de l’eau changée en vin lors des noces à Cana.
Nous connaissons tous le symbolisme de cette péricope de son évangile au chapitre 2. Jean nous conduit dans la maison où se tiennent les noces, fêtes qui durent plusieurs jours. La Vierge Marie est déjà là et Jésus arrive avec ses disciples. « Voici l’Agneau de Dieu », dira Jean Baptiste après qu’il l’eut baptisé dans les eaux du Jourdain, alors que deux de ses disciples vont désormais suivre Jésus. « Venez et voyez » leur dira-t-il, alors qu’il est presque 4h de l’après-midi. Désormais ils accompagneront le Maître et seront témoins de ses miracles.
Le vin manque ! Marie est là toute attentive. La réponse de Jésus en un peu brutale, mais il va quand même accomplir le signe de l’eau changée en vin, ce vin qui symbolise déjà l’Eucharistie, mais également l’alliance nouvelle en son sang, répandu pour la rémission de nos péchés, ce sang précieux du Seigneur avec l’eau qui jaillit de son côté, lorsqu’il est en croix, nous donnant les sacrements de l’Eglise. St Jean en est le témoin privilégié. Car ce qu’il écrit, il l’écrit pour nous, afin que nous en soyons, nous aussi les témoins, et que nous puissions, sous l’action de l’Esprit-Saint, transformer en nous, tout ce qui est péché, tiédeur, lâcheté.
Qu’en cette messe, Frères et Sœurs, nous puissions continuer de convertir nos cœurs et nos vies. Et la Vierge Marie, comme à Cana, encore aujourd’hui, nous dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ! »
Et nous répondons dans notre cœur, avant de chanter notre credo, notre acceptation, notre oui. Oui, nous nous mettons à l ’écoute du Christ ; oui, nous allons essayer, encore une fois, d’être témoins d’amour et de paix, et qu’en cette année missionnaire, proposée par notre archevêque pour tout le diocèse, nous seront des propagateurs de l’amour divin, avec les dons que St Paul vient de rappeler dans sa lettre aux Romains, et cela sans honte, mais avec la conscience que Jésus est notre sauveur et notre Dieu, et qu’il n’y a pas d’autre nom par qui nous soyons sauvés.
A lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Mons. Jean-Pierre ELLUL.