Avec la Vierge Marie, notre Mère

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Homélie pour le 6ème dimanche de Pâques. 4 et 5 mai 2013.

basilique du Sacré-Coeur de Marseille.

Rester fidèle à la Parole de Jésus ! Le Seigneur sait qu’il va repartir vers le Père, mais il ne nous laisse pas seul. Le Défenseur, l’Esprit Saint sera bientôt répandu sur le monde, faisant de tous les chrétiens des témoins de sa résurrection. Les dons de l’Esprit nous feront comprendre de quel amour il nous aime, et la paix qu’il nous laisse nous permettra d’être unis les uns aux autres et de proclamer qu’il est vivant.

Ce temps intermédiaire nous permet de nous représenter le groupe des disciples, toujours fidèles à la prière, au partage de la Parole et du Pain. Et Marie, la mère de Jésus est là, au milieu des disciples faisant le lien entre son Fils, les Apôtres et ceux qui vivent de sa Parole, la première communauté chrétienne, qui ne cessera de s’amplifier, comme nous le rapportent les Actes des Apôtres. Ce ne sera pas toujours facile de tout maintenir et de s’ouvrir aux païens qui viennent désormais faire partie de la communauté des croyants, eux qui ne sont pas juifs et qui ne sont pas soumis à la loi Mosaïque. Mais le baptême va désormais les configurer au Christ Seigneur et ils vont vivre cette vie nouvelle d’enfants de Dieu, soutenus par l’Esprit qui leur fait comprendre combien Jésus a donné sa vie pour eux, lui le ressuscité, toujours vivant.

C’est le beau visage de la Vierge Marie que nous contemplons. Elle est là, au milieu des Apôtres, elle regarde encore son Fils, ce fils ayant pris une autre dimension depuis sa résurrection ; mais il est toujours là, près d’elle et c’est ce qui la rend heureuse. Nous aimerions connaître les paroles d’amour qu’ils échangent, les conseils que Jésus lui donne pour qu’elle soit toujours, dans l’Eglise naissante, celle qui fera le lien entre les temps anciens et ceux désormais accomplis. Tant de souffrances, transformées en beauté inégalée, elle est là, la Reine de Lumière, auréolée de la gloire de la résurrection de son Fils. Elle se tient debout au milieu des croyants, ne cessant de rappeler, comme le fait toute mère, la naissance de Jésus, son départ de Nazareth, les guérisons qu’il a opérées, et ce drame de la passion, où délaissé de tous, elle sera là, avec St Jean et les saintes femmes à l’accompagner, à l’entourer, à pleurer, à souffrir, et enfin décloué de la croix, à la recevoir sur ses genoux, mort par haine des hommes qui voulaient l’empêcher de témoigner de la parole d’amour du Père. Lui, l’homme de la tendresse, de la paix, de la mansuétude, du pardon, il était là, sans vie, posé sur elle, le sang coulant des ses 5 plaies.

Oui, elle n’avait pas oublié le bruit de la pierre du tombeau, mais elle se souviendra toujours des cris de joie, dans ce petit matin de Pâques où Marie de Magdala, Pierre et Jean vinrent lui dirent qu’il était vivant. Alors elle se leva et c’est la parole de l’ange Gabriel qu’elle entendit comme en écho : « Il sera grand, Dieu lui donnera le trône de David son père, il règnera pour toujours sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin. » Oui, les paroles de l’envoyé de Dieu étaient donc vraies, comme celles d’Anne et de Siméon. Elle le savait, mais la souffrance était telle, que l’avenir lui semblait bouché. Mais non, il était là, la regardait et elle, sans vraiment l’approcher, le laissait se préparer à remonter au ciel. Et au ciel que ferait-il, comment cela serait-il ? Questions qui trouveront leurs réponses lorsqu’elle-même sera enlevée auprès de la Trinité, où elle sera couronnée d’étoiles.

Mais pour l’instant, elle était encore sur la terre, faisant le lien entre tous ceux qui rejoignaient la communauté des croyants. Et puis, Jésus l’avait confiée à Jean, le disciple bien-aimé et donc elle n’était pas seule. Il en prendra soin et avec Luc et Matthieu, recueillera tous les souvenirs que les Actes des Apôtres et les évangiles de l’Enfance nous ont révélés. Marie fait donc le lien, comme elle le fera désormais entre le ciel et la terre. Mais elle montrera toujours Jésus, et si nous faisons passer nos prières par elle, c’est vers son Fils et vers la Trinité qu’elle nous conduit. Vierge et immaculée de toute éternité, elle nous montre le chemin et toute la tradition de l’Eglise fait d’elle, celle qui veille sur nous, qui accompagne notre vie, qui nous montre le chemin et nous dit sans cesse, comme aux Noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Et pourtant, dès le début de l’Eglise, c’est la discrétion qui prévaudra, car les textes la concernant sont rares. On fera cependant un parallèle entre Eve et Marie, la désobéissante de la Genèse et celle qui dit Fiat : le oui à l’ange et qui écrasera la tête du serpent diviseur. Puis rapidement elle sera mentionnée comme la Théotokos, la Mère de Dieu, dès le Concile d’Ephèse, en 431, titre apparu en Egypte et rapporté ici, à Marseille par St Jean Cassien au Ve siècle, enfin les communautés chrétiennes se pencheront longuement sur la fin de sa vie, avec diverses controverses, mais laissant se dégager la théologie de la Dormition, de l’Assomption, vérifiée par tous les théologiens, devenue un dogme, depuis la proclamation de l’Assomption de Marie, par le pape Pie XII en 1950.

Oui, Marie est là, toujours présente, cheminant avec nous, venant quelques fois se montrer dans notre monde aux plus humbles, aux plus simples, pour rappeler les paroles de Vie de son Fils : conversion, prière, appel à la pénitence du peuple de Dieu, montrant la Jérusalem céleste. Comme cela nous est rapporté dans l’Apocalypse, c’est la femme radieuse, revêtue de soleil, la lune sous les pieds, 12 étoiles autour de sa tête, dans les douleurs d’un enfantement toujours à venir et malgré le dragon, sortant victorieuse de toute tentative du mal. Car son Fils est l’Alpha et l’Oméga, le principe et la fin de toute chose et il est là, toujours vivant, nous entraînant dans son sillage de vie éternelle.

C’est pour que nous puissions réfléchir et prier en union avec elle, que tout ce mois de mai est consacré à Marie la toute pure, conçue sans péché et sous laquelle « nous nous réfugions ». « Sub tuum præsidium » ! Cette prière que l’on croyait être composée au Moyen-âge, fut retrouvée sur un papyrus grec du 3e- 4e siècle, qui déjà l’invoque comme Mère de Dieu. Elle sera récitée bien plus tardivement en occident. Ecoutons-là et prions-là en conclusion de ces quelques mots d’homélie sur la Vierge Marie.

Il y aurait tant d’autres choses à dire et à expliciter, mais ce serait trop long. Voici cette prière que nos anciens connaissaient bien et que nous faisons notre. :

« Sous l'abri de ta miséricorde,

nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l'épreuve,

mais de tous les dangers délivre-nous toujours.

Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse,

Daigne m'accorder de te louer,

Vierge très sainte, donne-moi la force contre tes ennemis.

Toi ma Mère, toi en qui je mets ma confiance,

Vierge, Mère de Dieu, Marie, prie Jésus pour moi.

Reine très digne du monde, Marie toujours vierge,

intercède pour que nous trouvions le salut et la paix.

Toi qui as enfanté le Christ, Seigneur et Sauveur de tous.

Marie, Mère de la grâce, Mère de la miséricorde,

protège-nous contre l'ennemi et reçois-nous à l'heure de la mort.

Viens à notre secours, très tendre Vierge Marie,

dans toutes nos épreuves, difficultés et besoins,

et demande pour nous à ton Divin Fils

qu'il nous libère de tous les maux et périls de l'âme et du corps. Amen. »

Que Marie nous accompagne toujours et nous mène près de Jésus son Fils, pour que nous puissions vivre selon l’Evangile en cette année de la Foi et de Nouvelle Evangélisation. Amen.

Jean-Pierre ELLUL

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