Obsèques Félix ELLUL - 16 avril 2011

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Avis de décès

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AVIS DE DECES

 

AUBAGNE – MARSEILLE

AVIGNON – MEXIMIEUX – LA DESTROUSSE - REIMS

 

Mme Odette ELLUL, son épouse

Mgr Jean- Pierre ELLUL, son fils

M. et Mme Janine GRIMA, sa fille

M. et Mme Serge ELLUL, son fils

M. et Mme Patricia CASTILLO, sa fille

M. et Mme Marcel ELLUL, son frère.

Ses petits-enfants et arrières-petits-enfants

parents et alliés ont la douleur

de vous faire part

du décès de

 

M. Félix ELLUL

survenu à l’âge de 93 ans

le 13 avril 2011 à Aubagne.

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Les obsèques religieuses ont eu lieu le

Samedi 16 avril 2011 à 10h

en la basilique du Sacré-Cœur

81, avenue du Prado – 13008 MARSEILLE

suivie de l’inhumation au cimetière

Les Fenestrelles à Aubagne.

 

 

 

 

Samedi 16 avril 2011 - Entrée.

Chers amis,

La basilique du Sacré-Cœur reçoit Félix Ellul,  qui retourne vers le royaume des cieux.

C’est le Christ ressuscité qui nous rassemble autour de lui ce matin, pour célébrer les mystères du Seigneur.

Nous sommes dans la peine, dans le deuil, mais notre espérance est grande en celui qui est venu nous dire de ne pas craindre, car il est le Chemin, la Vérité et la Vie Eternelle.

Il a eu 93 ans, mercredi dernier ; né à Bône, l’antique cité d’Hippone, où vécut St Augustin, l’intrépide évêque africain… dans le quartier de Ste Anne, notre paroisse, où mon grand-père s’occupait d’une petite chapelle de dévotion.

Départ d’Algérie en 1962, pour se fixer à Reims, puis en Provence, à Aubagne en 1973… après sa retraite de l’EDF

C’est au nom de toute ma famille et en mon nom personnel, que je voudrais vous dire nos sentiments de reconnaissance, pour la part que vous prenez à notre deuil. Nous sommes touchés par votre proximité, votre prière et par tous les messages d’amitié que nous avons reçus.

Notre archevêque, Mgr Georges Pontier, me disait hier qu’il était retenu par une visite pastorale ; le cardinal Panafieu, depuis Vénasque, vient de célébrer pour lui, les mystères du Seigneur.

De Berlin, le nonce apostolique : Mgr Jean-Claude Périsset ; de Spoletto-Norcia : Mgr Renato Boccardo, avec nos amis Mgr Jean-Michel di-Falco Léandri et Mgr Louis Sankalé, ainsi que bien d’autres, comme Don Ignatio Serra d’Oristano en Sardaigne, le Père Bernard Ardura de Rome et notre famille de Reims, de Villefranche-sur-Saône et de Nice, nos confrères du St Sépulcre, sont proches de nous.

Merci, chers amis, diacres et prêtres, pour vos paroles d’encouragement, d’espérance et votre présence.

Comme dans tout être humain, il y eut dans sa vie des temps de recherche, de lumière, d’amour, mais aussi des questionnements, des certitudes, des attentes, des joies et des moments plus douloureux, mais avec toujours en lui, cette force de vivre.

C’est pour tout cela nous rendrons grâce, le confiant en la miséricorde du Seigneur…

Faisons maintenant le geste de la lumière, cette lumière qui a éclairé sa vie d’homme, d’époux, de père, de chrétien. (………) Ensemble, nous nous reconnaissons pécheurs…

 

Conclusion : Merci, chers amis et merci à Annick Deschamps et à Christophe Guida, à celles et ceux qui ont préparé cette célébration, pour les fleurs qui sont dans cette basilique et vos parles de sympathie qui nous touchent. Nous ne pouvons recevoir les condoléances à la sortie, car nous sommes attendus au cimetière Les Fenestrelles à Aubagne, dans quelques instants. Une messe sera célébrée à son intention, le dimanche de Pâques 24 avril à 11h.

 

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Messe de requiem.

10h en la basilique du Sacré-Coeur

Homélie

 

Chers parents,

Monsieur le Maire, Dominique Tian,

Chers amis,

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va vers le Père sans passer par moi », vient de nous dire Jésus dans l’Evangile.

Félix,

est retourné vers le Seigneur, après de longs mois de combat contre la maladie. Il est entré dans la lumière de l’éternité : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi et qu’ils contemplent ma gloire ». (St Jean).

Le temps était venu où plus rien ne pouvait le retenir à la vie.

Il en était conscient et a souvent demandé, quand il retournerait vers le Seigneur. Mais qui peut savoir le jour ou l’heure ?

J’ai pu lui donner le Sacrement des Malades. Je ne sais s’il a eu conscience du geste de miséricorde que je faisais sur lui avec tendresse, ému de le voir vivre ces derniers jours.

Ma mère et mes sœurs étaient là, rejoints par notre frère et les membres de notre famille, retenus au loin, mais unis par la prière.  

« C’est dur de mourir, c’est long de ! », disait-il, lorsqu’il reprenait conscience. Il y avait aussi ces dates auxquelles il se rattachait ; il voulait partir pour retrouver ses parents. Ce 29 mars, où tous les deux étaient retournés dans la maison du Père, l’un à Bône en Algérie en 1957, et sa mère à Reims, en 1967, inhumée tout près de la basilique de St Rémi. C’était aussi le jour de mon ordination sacerdotale en 1969.

Oui, il était tout à fait conscience de sa maladie, et ces derniers mois où il demandait qu’on ne l’oblige plus à tous ces traitements, avec son cortège de soins à domicile, ces temps de chimio, ces stages en hôpital, et ces derniers jours, son passage en soins palliatifs à Aubagne.

Très brièvement, je voudrais au nom de toute notre famille, rappeler quelques faits de sa vie passée en Algérie, où il est né en 1918 et à y vécu, mais une vie tournée vers la France, ce pays en face de chez nous, qu’il avait découvert lors de son service militaire et ce, bien avant l’Indépendance, après que nous ayons dû en partir.

 

Mais partir un jour de sa terre natale, était pour lui inéluctable, car il avait la prescience que si les conditions de vie ne changeaient pas, il en serait ainsi. Il avait le sens des valeurs humaines, j’allais dire, évangéliques et surtout le sens de la vérité et de la parole donnée.

Je rappelle votre sacrement de mariage, le 7 février 1942. Près de 71 ans de vivre avec ; la venue au monde de vos 4 enfants et les petits enfants et arrière-petits-enfants.

Ensemble vous avez pu nous voir grandir, partir, pour fonder un foyer ou suivre notre vocation. Vous nous avez aidés à progresser. Vous nous avez aimés tous les deux, avec beaucoup d’affection.

En un temps où on ne parlait pas encore du « sacrement du frère », je puis attester qu’il s’est impliqué à témoigner de la justice, et à soutenir celles et ceux qui en avaient besoin.

Il ne comprenait pas d’ailleurs pourquoi, surtout ceux qui travaillaient avec lui à l’Electricité et Gaz d’Algérie, n’avaient pas le même statut social ?

Pourquoi la politique mais aussi la religion, reguait-elle, au-delà de l’égalité,  ceux qui étaient nés sous une autre culture que la nôtre ? Pourquoi disait-il, un même travail accompli, et un salaire différent ? Et ce manque de considération, teinté de haine ? Ce clientélisme, qu’il dénonçait si souvent avec vigueur.

Sûrement qu’il parlait trop ; mais il voulait que la vérité triomphe, que l’autre soit reconnu pour ce qu’il était. Tant de phrases entendues lorsque nous étions jeunes et que nous pouvons actuellement rattacher l’Evangile, dont il ne subodorait pas l’enracinement. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’avez fait », rapporte Matthieu dans l’annonce du Royaume des Cieux.

En fait, ce qui avait motivé cette attitude, c’est qu’un jour, alors qu’il était encore jeune adolescent, il avait vu son père pleurer. 

Un matin, Jospeh, souffrant durant la nuit, n’avait pas pu se rendre de très bonne heure le matin, travailler le jardin du patron… Le lendemain il était licencié, d’où son désarroi et sa souffrance. Que deviendrait-il ? Comment subvenir aux besoins de sa famille ? Il avait vécu ces jours et ces mois difficiles, dans la fouge de sa jeunesse ; cela est toujours resté gravé dans sa mémoire ; il s’était promis, devant cette injustice, que l’équité, la vérité, et le respect de la parole donnée, seraient essentiels, dans sa vie d’homme. Il a réussi à tenir cette promesse, même si cela lui a coûté… et l’a maintenu à l’écart. Combien de ses collègues de travail a-t-il vu passer avant lui, recevant honneur et promotions, parce qu’ils s’étaient tus ou avaient laissaient faire, ne se mêlant pas aux grèves et aux mouvements syndicaux. Mais lui ne se taisait pas et il voulait que la vérité triomphe ! C’est à son retour en France, et à Reims à l’EDF, qu’il fut enfin être récompensé pour son travail et sa probité.

Cette vie en France, il en rêvait depuis son service militaire au Mont Valérien.  Et pendant la 2ème Guerre Mondiale et la débâcle, c’est à Beauzelle, près de Toulouse, qu’il rencontrera celui qui lui parlera de la grandeur de la France.

Il a toujours aimé la politique, même si quelques fois il était entêté dans ses prises de positions, et nous qui étions devenus adultes, n’arrivions pas à lui démontrer que ses appréciations étaient surannées.

Mais non, il voulait garder intacte son espérance en des jours meilleurs. On se taisait par gentillesse, pour ne pas le contrarier. Même dans les moments les plus durs de sa vie, il garda confiance.

Vous avez vécu tous les deux, plus de 71 ans ensemble, sous le regard du Seigneur, entouré de votre famille… Puis vint le temps où l’âge et la maladie, la douleur, les traitements transforment nos jugements, nos paroles et nos comportements.

Il faut excuser ce surcroît de vie, ce sursaut de vie, surtout lorsque l’on est conscient que la maladie, lentement vous rive à la terre, sans qu’on ne voit plus d’issue, sinon celle de la mort, puis l’entrée dans le Royaume, avec son cortège de questions qui ne trouvent de réponse qu’en Dieu. Sa foi chrétienne était une foi intérieure, pas très démonstrative. Il avait en horreur les comportements qui n’étaient pas en accord avec l’Evangile.

Il nous a aimé d’un grand amour, un amour quelque fois rude et tranchant. Depuis mercredi après-midi, il est près du Seigneur, dans la paix et la sérénité. Le message qu’il nous laisse, c’est celui de la probité, de la vérité, de l’accueil et de l’amour de l’autre.

C’est le message de Jésus proclamant les Béatitudes : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, qui œuvrent pour la vérité et qui mettent en pratique mes commandements d’amour : leur récompense sera grande dans les cieux ».

Il n’aurait certainement pas su… et oser… mettre ses comportements et sa vie, en référence avec les péricopes de l’Evangile. Là n’est pas l’essentiel. Il a essayé de les vivre, et y à souvent réussi.

Qu’il repose maintenant dans la paix ! Amen. Mons. Ellul.

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