Obsèques de l’Abbé Roger BANET - Eglise St Charles - samedi 13 août 2011.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Chers Frères et Sœurs,

 

Jésus nous dit « Je pars vous préparer une place… Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin ! » Et devant le questionnement de l’apôtre Thomas Jésus précise : Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ! Personne ne va vers le Père sans passer par moi.

Notre ami, l’abbé Roger Banet a vécu ainsi, à la recherche du Père, en passant par Jésus, voulant devenir comme lui, pour pouvoir marcher sur la route de la sainteté. Très jeune appelé par le Christ pour être son disciple, sa vocation fut contrariée. Comment des parents peuvent-ils accepter sans rien dire, qu’un enfant s’éloigne d’eux pour mener une vie qui leur parait difficile ? Et quand on aime ses parents, peut-on leur faire de la peine ?

Combien de fois ne nous a-t-il pas raconté ce fait de vie, regrettant de n’avoir pas été plus ferme et de tout quitter pour suivre le Christ ? Mais le Seigneur veillait sur le chemin qui le conduisait vers le Père, et lui a permis de réaliser son rêve, de se consacrer totalement à lui, malgré les difficultés qu’il a rencontrées.

C’est le mystère d’une vie, d’une vocation, du don total de la personne qui se consacre au Christ, quoiqu’on en dise. Vous qui le connaissez mieux que moi, vous savez sa profondeur d’âme, vous avez pu apprécier son amitié, sa prière fervente et quotidienne, son désir de prier, en ermite, pour l’unité de l’Eglise, comme le lui avait proposé Mgr Rouet. L’accueil de cet évêque, sa bonté, sa mansuétude… qui l’aurait cru ? Mais c’était un pasteur d’âme que Roger rencontrait, et l’archevêque de Poitiers  a tout de suite reconnu en lui, un homme d’Eglise, même si son style n’était plus celui de l’Eglise d’aujourd’hui.

Mais ce ne sont que des changements, j’allais dire « accidentels », comme on le dit en philosophie, car la foi en la résurrection du Christ demeure, l’Evangile était vécu au quotidien, la liturgie eucharistique célébrée dans le respect des rubriques, l’office canonial honoré, la Vierge Marie prièe instamment.     

Depuis le Royaume des Cieux, il comprend désormais, que nos petites querelles hexagonales, dont nous sommes si friands, dans notre Eglise de France, et même ailleurs, ne sont que des gouttes infimes de rancœurs, de suspicions, de rejets… devant l’immensité de l’amour de Dieu pour chacun d’entre-nous.

On oublie les paroles de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres », et on se sert du mystère eucharistique, mystère d’amour et d’union, pour désunir et jeter la suspicion, quand ce n’est pas du tatillonnage, refusant de délaisser un instant, ce que l’on croit être des certitudes, qui blessent l’autre, et que l’on agresse au nom du Christ.

« Qui tient la main de l’apôtre Pierre, tient la main du Christ et de l’Eglise ! »

Jésus a répondu aux Pharisiens en les renvoyant à eux même et en présence de la femme adultère, cessant de tracer des lignes sur le sol il a proposé à ceux qui n’avaient jamais péché de lui lancer la première pierre. Les Evangiles témoignent de leur éloignement, des plus anciens aux plus jeunes. Et il lui dit : « Va et ne pèche plus ! » Et je rappele le reniement de Pierre, au Jardin de Gethsémani ! Qu’aurions-nous fait, quelle attitude aurions-nous eue au matin de la Résurrection ?

 Mais le Christ n’est pas comme nous : il pardonne et en plus, il lui confie les clefs de son Eglise et en fait le chef et le serviteur. Quelle de grâce de rester enraciné dans le Christ, dans une fidélité totale à son Eglise, de rester dans la barque, qui malgré les aléas de la vie, la mer démontée, les rapides toujours plus nombreux, reste à voguer sur les eaux, bravant les vents et la tempêté.

Même si le Seigneur semble dormir au fond de la barque, combien de fois ne s’est-il levé pour calmer le vent ! En fait, il nous propose de marcher sur les eaux pour venir à sa rencontrer. Et nous marchons vers lui, sauf si le doute s’installe et alors nous enfonçons. Comme il le fit pour Pierre, il nous tend la main et nous témoigne sa miséricorde.

Jésus n’a pas emprunté la voie de pharisiens ; bien au contraire. Il a écouté, il a pardonné, il a donné sa vie pour ceux qu’il aimait et il est mort pour le pardon de nos péchés. Nous devons suivre le Christ sur le chemin de conversion.

Désormais Roger est auprès du Christ ressuscité et il célèbre la liturgie céleste dont nous parle St Jean dans l’Apocalypse. Il est devant celui qui est l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, devant l’Agneau immolé, entouré de celles et ceux qui l’ont précédé.

Il reçoit le livre scellé des 7 sceaux que lui tend Jésus. « Viens », lui dit-il avec amour et douceur ! Et malgré la foule immense que nul ne peut dénombrer, il est là, revêtu de la robe de l’innocence, une palme à la main… car il est dans la cité sainte et les larmes qui coulaient de ses yeux sont essuyées au contact de Celui qui Est et qui Vient pour les siècles des siècles.

Oui, heureux ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau, ils peuvent disposer de l’arbre de Vie et pénétrer dans la Cité Sainte.  En fait, il a voulu toute sa vie, vivre en préfiguration cette vision céleste rapportée par St Jean et il y est parvenu.

Depuis le royaume des cieux, il vous remercie, tous et un chacun, pour tout ce que vous avez fait pour lui. Sa famille, ses amis, celui qui l’a soutenu durant ses épreuves et jusqu’au jour ultime, jusqu’à la dernière minute de sa vie et qui l’a entouré d’affection et conduit son deuil et préparé sa sépulture.

Je voudrais conclure ces quelques mots de méditation par une dernière citation de l’Apocalypse :

« Une voix me dire d’écrire ceci :  Heureux les morts qui s’endorment dans le Seigneur. Oui, dit l’esprit de Dieu, qu’ils se reposent de leur peine, car leurs actes les suivent. »

Qu’il repose dans la paix. Mgr Ellul.

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