Multiplication des pains et Eucharistie dominicale

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

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Homélie pour le 17ème dimanche – 29 juillet 2012.

        Comme vous avez dû le remarquer : nous quittons l’évangile de St Marc, pour celui de St Jean et ce durant  5 dimanches. L’Eglise nous propose de méditer sur ce beau chapitre 6 de l’évangile de celui qui reposa la tête sur la poitrine de Jésus lors de la Cène et qui entendra de très près, les paroles prononcées sur le pain et le vin de la nouvelle Alliance, pain et vin transsubstantiés,  devenant  son Corps et Son sang, ce corps qu’il va livrer pour nous sur la croix pour le pardon de nos péchés.

Cette multiplication des pains, vous l’avez bien compris, préfigure les millions d’eucharisties qui seront célébrées de par le monde, lorsqu’il quittera cette terre et que l’Esprit-Saint dès la Pentecôte « informera » de son souffle, de son pneuma,  tout ce qui se réalisera par les mains des disciples dans la communauté des croyants.

Ainsi, avec la multiplication des pains, Jésus leur fait toucher du doigt qu’avec lui, en lui et par lui, tout devient possible et qu’ils devront, plus tard, lorsqu’il sera remonté auprès du Père, avoir le souci de nourrir son peuple de sa parole et de son pain. Et ce qu’ils feront, comme le rapporte le Livre des Actes des Apôtres, puisqu’ils très tôt, ils se mettront à rompre le pain, comme lui-même le fit, (Ac 2,42) dès le début de leur mission d’évangélisation.

Lors de la Cène, il en donnera pouvoir à ses apôtres, en leur disant : « Faites cela en mémoire de moi. » En fait, ce miracle de la multiplication des pains, auquel Jésus fait activement participer ses disciples, annonce et prépare toute l’action de l’Eglise : elle a reçu la mission de convoquer les hommes, de les inviter au banquet du Royaume et de les nourrir de son Corps et de son Sang. C’est ce que nous célébrons le dimanche et chaque jour, dans la joie et dans l’attente du retour glorieux du Christ.

        Ainsi, comme l’Eglise le lui propose, la communauté chrétienne se rassemble le dimanche, jour consacré au Seigneur depuis sa résurrection,  et après avoir demandé pardon pour ses péchés, exprime sa joie, par l’hymne du gloria ; elle écoute et participe intérieurement à la prière d’ouverture que le célébrant dit ou chante au nom de toute l’assemblée. Puis, c’est Dieu qui parle à son peuple, lui rappelant comment dans l’Ancien et le Nouveau Testament, il lui a donné sa loi d’amour, pour que tous soient des frères et des sœurs en son Fils Jésus-Christ.

L’affirmation du Credo, qui est la foi commune, annonce l’offertoire, où après la prière faite pour tout l’univers, on dépose sur l’autel du sacrifice, le pain et le vin, grandiose multiplication des pains à travers tout l’univers, où chaque communauté chrétienne fait mémoire du sacrifice du Christ sur la croix et participe à la transsubstantiation du pain et du vin, en Corps et en Sang de Jésus, livré, versé pour nous, dans l’attente de son retour.

La prière enseignée par Jésus, la prière du notre Père et le baiser de paix que l’on se donne, témoignent de cet engagement fraternel à regarder l’autre, comme Jésus le faisait, tout en nous débarrassant encore de ce qui pourrait nous retenir vers lui. « Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis une parole et je serai guéri ». Et nous nous avançons pour recevoir le Pain de Vie, le Corps du Christ, afin de communier pleinement à sa vie divine. Puis, nous tous baptisés, remplis de grâce et d’Esprit-Saint, nourris de son eucharistie, nous faisons sur nous un dernier signe de croix, car nous sommes immédiatement renvoyés dans le monde, renvoyés dans nos milieux de vie, pour vivre enfin cette Eucharistie.

D’ailleurs, dans certaines traductions le célébrant ou le diacre disent : « La messe est finie, allez dans la paix ! » Mais « allez en paix », ne veut pas dire, gardez pour vous ce trésor de la foi, mais bien au contraire, partagez-le avec ceux qui ne croient pas, soyez des témoins de la résurrection du Christ et soyez fiers de votre foi, montrez ce que la communion à son Corps et à son Sang entraine pour vous : conversion du cœur, douceur dans les rapports humains, attitude chrétienne dans le quotidien de notre vie.

Notre participation à la messe est une joie, celle d’être remplis de Jésus, irradiés par Jésus et combien de fois, en traversant l’allée de notre basilique à la fin de la messe, je vous vois, comme des ostensoirs vivants, portant en vous la Sainte Eucharistie à laquelle vous venez de communier. En sommes-nous vraiment conscients ?

Oui, nous sommes comme ces cinq mille hommes et femmes, ayant reçu le pain multiplié près du Lac de Tibériade, mais avec une différence fondamentale. Pour nous ce pain, ce n’est pas un simple morceau de pain, témoin de notre participation à une prière collective, si belle soit elle ! Non !

Ce que nous recevons, c’est le Corps du Christ, donné, livré pour nous. C’est le Saint Sacrement, que Jésus nous a laissé à la Cène, le pain eucharistique que nous entourons d’un grand respect, c’est son Corps que nous gardons au tabernacle de notre autel et qui nous attend, jour et nuit, et qui est là, « prisonnier de son amour », comme nous le chantons quelque fois et comme le rappelait le St Curé d’Ars.

        Merci, Chers Frères et Sœurs, de vraiment prendre conscience en ce dimanche, de l’importance de la messe dans notre vie. Certains pourraient me dire qu’ils ont l’impression que « j’enfonce des portes ouvertes ! » Est-ce bien sûr ?

Devant le manque d’information catéchétique concernant la messe et les sacrements, devant la désaffection eucharistique de la plupart de nos baptisés, devant le peu de respect que l’on remarque quelque fois, de la part ce ceux qui reçoivent le Corps du Christ, il était bon de rappeler simplement l’essentiel. A vous de vous rapporter au Catéchisme de l’Eglise Catholique, pour en relire les pages 285 à 305, concernant l’Eucharistie et la communion au Corps et au Sang du Christ, pour mieux vous pénétrer de ce grand mystère.

Le Christ Jésus nous appelle à venir souvent et nombreux, à participer à la messe, à son sacrifice eucharistique, à l’adoration Eucharistique quotidienne, au chapelet du soir avant la messe de 19h. Répondons à son appel, rendons-nous à son invitation et surtout, vivons profondément et dans la joie, ce grand mystère de la Foi.

Car par lui, avec lui et en lui, à toi Dieu le Père Tout puissant, dans l’unité du Saint Esprit, soit rendu tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.                                              J-P. Ellul.

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