MESSE DES ARTISTES - 9 MARS 2011

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Homélie de la messe des Artistes

mercredi des cendres - 9 mars 2011

Basilique du Sacré Cœur de Marseille


Il ne m’est pas facile de présenter mes 2 peintures exposées pour cette messe des artistes.
Je peins parce que j'ai du mal à parler. Je peins parce qu’il y a des choses qui me dépassent qui sont plus facile à exprimer pour moi avec des couleurs et des formes qu’avec des mots.
Les mots sont importants, merci de m’inviter à faire cet effort d’exprimer aussi par la parole ce que je peins.

Dans la lecture de saint Paul aux Corinthiens, nous avons entendu: "C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut." Quand je me met à peindre, c'est toujours pour moi le moment favorable de me mettre en présence de Dieu, de chercher à accueillir son Souffle d'Amour, l'Esprit Saint, l'Esprit Créateur. Parfois, c'est simple : les couleurs, les formes viennent facilement, naturellement. D'autres fois, est-ce que je ne suis pas à l'écoute ? Est-ce que je veux trop mettre la main sur ce que je peint ? J'ai l'impression de tout gâcher.


La plupart du temps, quand je me met à peindre, je ne sais pas ce que je vais peindre. Quand j'ai une idée de départ, souvent, en essayant de réaliser cette idée, la peinture va dans un autre sens, je suis comme quelqu'un qui découvre un lieu inconnu, j'essaye de ne pas avoir d'à priori, d'accueillir ce qui arrive.

Finalement, je donne un titre à chaque peinture, après coup, quand elle est terminée et qu'elle va être exposée. Ainsi, celle de gauche s'appelle "Carré de ciel planté en terre", celle de droite "Courant de flammes".

Une peinture, c'est comme une personne étrangère : peut-être est-ce que je ne connais pas sa langue, sa culture, mais est-ce que je veux entrer en relation avec elle ? Est-ce que je suis prêt à me laisser apprivoiser ? Une peinture a un langage universel : on n'a pas besoin de la traduire, il y a des personnes de tous âges, de toutes cultures et de toutes langues qui entrent spontanément dans une peinture. D'autres personnes vont se sentir dans un premier temps étrangères. Chaque peinture va parler d'une manière différente à chaque personne, elle peut aussi nous parler d'une manière différente suivant le lieu où elle est exposée ou le moment où on la regarde.
Merci de me permettre d'exposer ces peintures dans ce lieu : je les vois avec un regard neuf, et elles me parlent d'une manière nouvelle...

"Carré de ciel planté en terre". Ici, aujourd'hui, ce carré bleu peut me faire penser à Dieu, présent en nous, au fond de notre cœur, Lui qui veut nous ouvrir à une plénitude de vie, à une profondeur insoupçonnée de lumière et d'amour. Nous sommes des Temples de l'Esprit Saint, le Souffle d'Amour de Dieu habite en nous et Jésus, dans l'évangile, nous parle de notre Père du ciel qui est présent au plus secret de chacune de nos vies. A nous de rechercher cette intimité d'Amour avec Lui.
Est-ce que je laisse à Dieu la chance de vivre en moi ? Quelle place je Lui laisse dans ma vie ?

"Courant de flammes". J'ai fait cette peinture en pensant à cette célébration.
Cendre m'a fait penser à "flammes". Alors, j'ai commencé par faire des flammes rouges, puis d'autres orangées, puis le fond noir. Et puis finalement, les autres couleurs sont venues, ça a été comme un torrent. Je réalise maintenant que nous sommes dans la basilique du Sacré Coeur : c'est un torrent d'Amour qui sort du Cœur de Jésus ! Nous sommes mélangés, nous sommes traversés par la vie et la mort, mais nous sommes invités à choisir la vie. Il y a en nous ce qui doit mourir : nos mauvais attachements, nos mauvaises habitudes et ce qui doit vivre, notre capacité à aimer.

Puissions-nous nous laisser toucher par ce courant de flammes, nous laisser rejoindre par l'Amour de Dieu qui seul peut nous purifier, nous transformer, nous recréer !

Dans l'évangile de ce jour, Jésus nous propose de vivre l'aumône, la prière et le jeûne.
Jésus nous propose de les vivre, non pas en fonction de notre entourage, pour nous faire bien voir, mais pour Dieu, dans une relation d'Amour avec Lui. Le piège pour nous aujourd'hui, c'est qu'à force de vivre l'aumône, la prière et le jeûne en secret, on risque tout simplement d'oublier de les vivre !

Nous avons conscience que beaucoup de choses sont déréglées dans notre monde, d'abord aussi dans notre coeur : notre planète est mal en point avec les pollutions des sols, de l'air et de l'eau, l'épuisement des ressources naturelles, l'accumulation de déchets.
Nous voulons toujours plus ! Nos désirs profonds sont réduits à des envies qu'on veut combler tout de suite. Comment réagir ? Le Seigneur nous propose 3 remèdes pour nous réajuster à Lui :

- l'aumône, qu'on peut appeler aussi partage : c'est redécouvrir que tous les êtres humains, nous ne formons qu'un seul peuple sur notre petit village planétaire. Donner est une question de justice : le partage est semence de paix, de justice et de joie.

-la prière est pour les croyants vitale, comme la respiration. Quel que soit le temps que nous pouvons consacrer à la prière, comment prenons-nous soin de notre relation à Dieu ?

-le jeûne peut prendre pour nous beaucoup de formes différentes: bien sûr, nous pouvons réduire notre alimentation pour retrouver la faim de la Parole de Dieu, la faim de son Amour, la faim de sa présence. Nous pouvons aussi jeûner de toutes les formes d'images, de sons, d'activités qui nous empêchent d'accéder à notre cœur, profond.

Partage, prière, jeûne pour nous réconcilier avec nous-mêmes, avec les autres et avec Dieu.
Seigneur Jésus, tu nous invites à vivre le partage, la prière et le jeûne, viens nous brûler au feu de ton amour, viens nous purifier de tout ce qui nous encombre, viens nous apprendre à vivre dans l'intimité du Père du Ciel dans l'Esprit Saint. Merci de nous inviter à accueillir la vie en abondance.

Père Mickaël Frontini

Communauté du Chemin Neuf

Centre Notre Dame du Roucas
341 Chemin du Roucas Blanc

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