Les Iris - Fête de l’œuvre - 9 janvier 2011. 9h 30.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

 

Après la présentation des concélébrants et du mot d'accueil du Père Bruno Maurel...ou il donna le sens de cette fête de l'Oeuvre des Iris...

 

Chers amis,

laissez moi remercier le Père Bruno Maurel pour ses paroles amicales et vous saluer tous et un chacun, jeunes, parents, Messieurs de l’œuvre des Iris, sans oublier le Père Bernard de Villanfray, revenu du Brésil et qui concélébre avec nous. Sous le regard de Jésus  et de la Ste Famille, avec les Rois Mages, en cette fête de l’Epiphanie, nous demandons pardon au Seigneur au début  de cette eucharistie.

 

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Homélie.

Il n’est pas étonnant que Jean-Joseph Allemand, ait fait de cette fête de l’Epiphanie, la « fête des fêtes » !

Bien  avant de créer son œuvre de Jeunesse, dans les premières années de sa consécration au Seigneur, il eut lui aussi « des Mages », venu lui dire, de la part de Jésus, qu’il devait ouvrir les trésors de son cœur et rayonner comme une lumière ardente, lumière prise aux rayons de l’étoile qui les avaient guidés jusqu’à Bethlehem.

En effet, s’il en est un qui soit le grand témoin de la foi et de l’Eglise à Marseille, dans des temps difficiles de persécution, durant la Révolution française,  c’est bien lui. Et comme Jésus dans la crèche, il fut doux et humble de cœur, ardent à la prière, intrépide devant les difficultés, toujours à l’écoute de l’autre et permettant plus tard à tous les jeunes qui viendraient vers lui, d’être eux aussi, des témoins du Christ.

Car vous le savez bien, dans votre vie de jeunes, et dans notre vie à tous, ce n’est pas facile de mettre en pratique l’Evangile du Seigneur. Souvent on croit qu’il faut faire un effort presque surhumain pour y arriver !

Et pourtant, pour la plupart, vous réussissez à vivre comme le Seigneur vous le demande, par vos attitudes de pardon, d’écoute et de camaraderie, de partage… oui, à réaliser ce que Jésus attend de vous. Il vous demande et il nous demande à tous, de regarder l’autre comme si c’était lui. C’est là le plus difficile.

Regarder l’autre, surtout celui que l’on n’aime pas, et le regarder comme le Christ ! Comment peut-on y arriver ? Est-ce possible ? En faisant comme les Mages ! Mais oui, en prenant juste un petit moment pour être en union avec Jésus ; comme les Mages, pour regarder le plus loin possible, pour apercevoir l’étoile, brillante dans la galaxie, cette une lumière qui leur demandait de partir, de changer de lieux, de marcher, et en ce temps-là ce n’était pas facile, de se renseigner. Maintenant que nous avons Internet, nous pouvons aller sur un moteur de recherche ; en fait pour nous ce n’est plus rien, car on trouve vite ce que l’on cherche, mais pour eux, et dans un pays inconnu ?

Pourquoi pas laisser un moment le jeu ou « l’ordi », pour aller à la chapelle, se mettre en présence du Seigneur et prier pour qu’il éclaire la route de nos vies. Quand on est jeune comme vous et quand on sait ce que l’on veut faire comme métier, la voie est comme toute tracée, mais pour les autres ? Comment sentir, comprendre ce à quoi on est appelé ?

Et puis pensons à la prière de remerciement ! Comment ne pas remercier le Seigneur pour ce que nous avons reçu de nos parents et des autres, alors que nombreux sont ceux qui souffrent, n’ont rien et n’ont même plus d’espoir, plus d’espérance, ne pouvant accéder à ce qui nous est permis ?

Si vous lisez la vie de Jean-Joseph Allemand, vous verriez comment il a su, malgré les difficultés de la Révolution française, ici à Marseille, où ce n’était pas facile tous les jours… comment il a su, avec l’aide et la grâce de Dieu, trouver les moyens de faire passer le Christ et l’esprit de l’Evangile. Pas de séminaire : il se consacre au Seigneur. Un évêque est de passage : il reçoit la tonsure, son signe de consécration au Seigneur et il reste fidèlement attaché à la prière, une belle prière, profonde, intense car il sait qu’il sera prêtre.  Faut-il porter la communion à des malades ou a des prisonniers ? Eh bien, rien de plus facile que de se déguiser en petit savoyard ou en demoiselle de compagnie. Et cela aidant un prêtre formidable, dont vous devriez tous connaître la vie, tant elle est comme un roman, une bande dessinée, j’aillais dire « un polar » !

Ce prêtre, c’est l’abbé Reimonet revenu d’exil et à tous les deux, ils font proclamer haut et fort la Parole de Dieu. Si fort qu’on jour, dans les grottes du Rove, pour la fête de la Chandeleur, à 5 h du matin, les bateliers viendront leur dire de chanter moins fort, car on les entend et ils risqueraient d’être arrêtés.

Vous devez vous dire, « ah », avant, bien avant nous, c’était formidable, car on risquait la mort à chaque instant et même si leur vie n’était pas facile, çà valait le coup de témoigner.

Mais non, pour nous, pour vous, chers jeunes c’est presque pareil. Regardez autour de vous ! Combien il est difficile de dire et de vivre la Parole de Dieu. Même des fois on ne répond même pas aux questions posées par ceux qui n’ont pas notre foi, parce qu’on à honte. Dois-je avoir honte de ma foi ? Certainement pas !

Voyez, écoutez, ré-entendez cette phrase que vous connaissez parfaitement, cette simple phrase de l’abbé Jean-Joseph. Il répond à un inspecteur venant fermer son œuvre de Jeunesse et lui dit : « Ici on joue et on prie ». Ces deux petits mots, cette simple phrase, sont d’une importance capitale. Car c’est dans le jeu, dans sa façon de se comporter, qu’on voit immédiatement le cœur et l’âme d’un jeune. Comment je joue, comment je partage ? Avec hargne, en dissimulant par le mensonge, en voulant toujours avoir raison ? Ou, je regarde l’autre comme si c’était Jésus ? Car c’est Jésus pour moi. Le jeu construit déjà la vie future, il permet de se mesurer à d’autres, de se sentir intérieurement bien avec soi-même ou bien…suis-je toujours en manque de vérité.

Je prie ! Comme c’est dommage que nous puissions nous dire quelques fois : « Prier, mais c’est toujours pareil ; je m’ennuie, je perds mon temps, ne faudrait-il pas mieux jouer ? Qu’est que je fais là tout seul ».

Voilà que l’on n’a rien compris. Jésus est là, tout près de moi, et je fais comme s’il était loin ou ailleurs ! Il faut retrouver la présence du Christ en nous, dans les autres et dans le Saint-Sacrement de l’autel où son Corps est présent. Un temps de prière à la chapelle, même très court, en présence de Dieu est indispensable, primordial pour notre vie de jeunes chrétiens.

Et que dire dans nos prières ? Eh bien remercier Jésus. Le remercier d’être venu parmi nous, pour nous montrer sa tendresse et son amour. D’avoir donné sa vie pour le pardon de nos péchés. D’être ressuscité d’entre les morts, pour que nous soyons nous-même des ressuscités. Le remercier pour notre baptême, les sacrements reçus et pour tous ceux qui nous entourent.

Imaginez combien il aura fallu de temps pour prendre la décision de se consacrer au Seigneur et dans cette Œuvre.

Je vous invite tous à prier pour les Messieurs de l’œuvre, pour votre aumônier, le Père Bruno, pour tous les autres prêtres que l’on connaît, et surtout pour notre Eglise de Marseille, qui a tant besoin de prêtres, de diacres et de laïcs consacrés. C’est à vous que revient cette mission : être des priants, non pas avec la mine triste, mais des jeunes rayonnant de la joie du Christ.

Tout à l’heure, dans la chapelle vous reviendrez prier pour les vocations. Combien d’entre vous seront prêtres ou diacres ? Une question à se poser. Je dois vous faire une confidence. Moi, quand j’étais jeune -je devais avoir peut-être dix ans-, mon grand-père, qui était originaire de l’Ile de Malte, me disait souvent dans sa langue : «Toi tu seras prêtre ! » Et moi, je répondais : « Non jamais » ! Et puis à Lourdes, je devais avoir 17 ans, devant la Grotte, j’ai dit presque oui, mais pas tout à fait. Et puis le Seigneur a continué de m’appeler et alors j’ai dit oui définitivement. Depuis que je suis entré au séminaire en 1962, je n’ai jamais regretté d’avoir dit oui au Seigneur.

Est-ce qu’on vous a dit que vous étiez formidables ? Non, je ne crois pas qu’on vous le dise, de crainte que vous arrêtiez de faire des efforts pour devenir meilleurs. Mais Jésus vous le dit. Jésus vous regarde et comme les Mages venus de très loin pour l’adorer et le remercier, il vous propose d’ouvrir les trésors de votre cœur. Venez vers lui ! Délaissez pour un moment, vos jeux, vos ordinateurs… oui, laissez tout et venez le prier. Vous aurez du temps tout à l’heure pour le faire.

Dans le silence, regardez-vous de l’intérieur, mais surtout, laissez-vous touchez par les rayons de son amour. Il est là, présent dans le St Sacrement exposé sur l’autel.

Chers amis, chers parents, chers Messieurs de l’œuvre, merci de m’avoir permis de méditer un instant avec vous, en cette fête de l’œuvre des Iris.

Nous sommes en union de pensée et de prière avec tous ceux de St Savournin. Dans Marseille, vous êtes comme un arc-en-ciel, allant d’une œuvre à l’autre, passant au-dessus de Notre-Dame de la Garde et du Sacré-Cœur. Que Jésus nous gardent dans l’amour ! Que Marie, Mère de Dieu soit avec nous tous. Et depuis le Royaume, Jean-Joseph Allemand, se rappelant qu’il fit un jour, durant la Terreur, le vœu de consécration de Marseille au Cœur sacré de Jésus et qui créa cette œuvre pour le bien des jeunes, continue de prier pour vous tous.

Bonne fête. Amen. J-P. Ellul.

 

 

Oeuvre Jean-Joseph Allemand. Les Iris

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