JESUS DE NAZARETH

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Homélie pour le 3ème dimanche TO – 24 janvier 2010.

 

Chers Frères et Sœurs,
« La Parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre s’accomplit aujourd’hui » (Lc 4, 21.)

Luc nous met en présence de ce messie tant attendu, de l’homme de Nazareth, le charpentier, qui est aussi le Fils du Père, qui est le  Christ. Qui est vraiment Jésus ? Il m’est revenu à la mémoire, en méditant cet évangile le texte que la Congrégation de la Foi, proposait à notre méditation, il y a maintenant plus de 9 ans. En effet, le 6 août 2000 était signé à Rome, la déclaration « Dominus Jesus », approuvée par le pape Jean-Paul II le 16 juin précédent.

Il s’agissait, de redire dans le respect des écrits évangéliques et à la lumière des textes « Lumen Gentium » et « Dei Verbum » du Concile Vatican II, les vérités fondamentales pour la foi catholique et le caractère définitif et complet de la Révélation.

La parution de ce texte, reprenant les éléments fondamentaux touchant notre foi et que l’on retrouve dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique, fut accueillie par une salve de critiques. Pour les uns, s’en était fini du dialogue œcuménique ; pour les autres, Rome utilisait un double langage ; pour tous ceux qui rejetaient ce texte, ils proclamaient et écrivaient que la vérité n’est pas établie définitivement, mais qu’elle est une quête incessante.

Et ainsi durant des semaines, on opposa le pape Jean-Paul II au cardinal Joseph Ratzinger, et certains théologiens, oublieux de la vérité, soulignaient qu’on avait à faire à un double reniement : la fin de l’esprit d’Assise et du Concile Vatican II, revenant à une Eglise possessive, propriétaire de la vérité et de Jésus-Christ ! 

Qu’en était-il de ce texte ? En cette année 2000, Année Sainte, on était très soucieux du relativisme religieux qui sourdait de toutes parts. Etaient prônées des théories relativistes qui refusaient ou retenaient comme dépassées, les vérités fondamentales pour la foi catholique, comme : le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus ; l’inspiration des livres de la Sainte Ecriture ; l’indivisible unité personnelle entre le Verbe Eternel et Jésus de Nazareth ; l’unicité de l’économie du Verbe Incarné et du Saint-Esprit ; l’unicité et l’universalité du mystère de l’Incarnation, de la passion et de la mort de Jésus-Christ ; la médiation salvifique universelle de l’Eglise ; la non-séparation, (quoique dans la distinction) entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l’Eglise, enfin, la subsistance de l’unique Eglise du Christ… dans l’Eglise catholique.

Je ne sais si les contemporains de Jésus l’entendant dire que s’accomplissait la Parole de Père, avaient en tête ces distinctions… Nous savons que non, puisqu’ils le condamneront à mort, près de 3 ans plus tard, pour blasphème, s’étant dit le Fils de Dieu, le Fils de l’Eternel. Il faudra attendre la résurrection du Christ, pour saisir et comprendre que sa vie, sa prédication, le don de son Corps et de son Sang lors de la dernière Cène, furent les garants de sa venue parmi nous.

Evidemment et vous le savez, dès le début de l’Eglise, là encore des voix discordantes se firent entendre, et il faudra quelques ajustements théologiques, pour que nous puissions proclamer le Credo, sûrs que ce texte est bien la foi que professe l’Eglise catholique.

Mais me direz-vous : qu’en est-il de ce texte «  Dominus Jesus »? Que dit-il ? Tout simplement cette déclaration est un exposé de la foi, sur Jésus et il est dit que sa révélation est définitive et complète. Il est le Chemin, la Vérité et la vie.

Fidèle à la Parole de Dieu, le Concile Vatican II enseigne que la profonde vérité, que cette révélation manifeste sur Dieu et sur le salut de l’homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le médiateur et la plénitude de toute la Révélation. L’obéissance de la foi, comporte l’accueil de la vérité de la révélation du Christ, elle est don de Dieu ; nous ne devons croire en nul autre, que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

A cet égard Jean-Paul II disait : « Il est contraire à la foi chrétienne, d’introduire une quelconque séparation entre le Verbe et Jésus-Christ ; Jésus est le Verbe incarné, Personne une et Indivisible. Le Christ n’est autre que Jésus de Nazareth et celui-ci est le Verbe de Dieu fait homme pour le salut de tous. » Et la Déclaration précise : « Le Seigneur Jésus, unique sauveur, n’a pas simplement établi une communauté de disciples, mais il a constitué l’Eglise, comme mystère de salut ; il est lui-même dans l’Eglise et l’Eglise est en lui. L’Eglise est sacrement universel de salut, parce que, de manière mystérieuse et subordonnée, toujours unie à Jésus-Christ sauveur, elle a dans le dessein de Dieu, un lien irremplaçable avec le salut de tout homme. »

Frères et Sœurs, si certains d’entre vous relisent cette Déclaration, demandez à l’Esprit Saint d’ouvrir votre intelligence pour en goûter la lecture.

Il m’a paru bon de souligner en ce dimanche où se termine la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens ce qui fait notre foi en Christ, non pour stigmatiser tel ou tel, mais bien au contraire pour montrer que le Christ appelle qui il veut et que l’Esprit-Saint est toujours à l’œuvre dans le monde. Il touche les cœurs, il ouvre les âmes, il nous permet d’être des témoins de Jésus, qui proclamait dans la synagogue de Nazareth, « Aujourd’hui, s’accomplit devant vous cette parole. »

Je voudrais conclure avec ces phrases du pape Benoît XVI, prises dans son beau livre sur Jésus de Nazareth, au premier  tome, page 382, (le second paraîtra dans quelques mois) : « L’homme n’a finalement besoin que d’une seule chose qui les contient toutes, mais il lui faut faire le tour de ses souhaits et de ses désirs superficiels, pour apprendre à discerner ce dont il a vraiment besoin et ce qu’il veut vraiment. Il a besoin de Dieu ! Et c’est maintenant que nous pouvons voir ce qu’il y a en fin de compte derrière toutes ces formules imagées : Jésus nous donne la « vie » parce qu’il nous donne Dieu. Il peut nous le donner, parce qu’il est lui-même un avec Dieu. Parce qu’il est le Fils. Il est lui-même le don, il est la vie. C’est pour cela qu’il Est, en raison de sa nature même…  Et c’est cela qui apparaît sur la croix, comme sa véritable exaltation. »

Merci Seigneur de nous avoir permis de méditer une fois encore le mystère de ta vie, de ta mort et de ta résurrection.

Fais qu’en cette fête de St François de Sales, en ce 4ème centenaire de l’Ordre de la Visitation qui commence en ce dimanche, François de Sales le témoin de l’amour miséricordieux et le chercheur inlassable de la tendresse de Dieu, lui le fondateur de la Visitation, lui le patron de tous les journalistes, qu’ il mette dans leurs bouches, sous leurs plumes, dans leurs cœurs, et dans les nôtres, une parole qui puisse témoigner du Christ et de l’Eglise, afin que cette Vérité, dans l’unité profonde que nous recherchons tous, puisse nous faire dire que nous ne sommes plus des étrangers, ni des hôtes, mais des concitoyens des saints, placés dans la maison de Dieu, ce Dieu qui est amour pour tous les hommes. Je vous laisse retrouver dans votre prière intérieure le visage du Christ Jésus Notre-Seigneur.

Amen.                                                             J. P. Ellul

 

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