Homélie St Charles - 9 octobre 2011 - 17è dimanche. Missel 1962.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

 Chers Frères et Sœurs,

        C’est en appelant sur nous la miséricorde du Seigneur,  comme nous l’avons chanté dans l’Introït de cette messe, que nous sommes rassemblés en ce 17ème dimanche, pour célébrer ses saints mystères. « Tu es juste Seigneur, traite-nous selon ta miséricorde ; heureux celui qui marche dans la pureté et mets en pratique la loi du Seigneur. »

        Dans l’oraison, nous demandions à Dieu de nous permettre d’éviter le contact du démon et de nous attacher d’un cœur pur à lui seul, à lui notre Dieu.

Comment éviter le contact avec le mal ? Comment résister à son esprit, résister à Satan, lui dont on ne parle presque plus ? C’est sa force que de se dissimuler, de se fondre, de se revêtir quelques fois d’habit de lumière, pour mieux nous induire en tentation. Cette demande, nous la renouvelons en priant le Notre Père, « ne nous laisse pas succomber à la tentation, mais délivre-nous du mal ! » Nous lui demandons de ne pas nous laisser prendre le chemin qui conduit au péché. Nous sommes donc engagés dans le combat entre « la chair et l’Esprit ». Et c’est l’Esprit Saint qui nous fait discerner entre l’épreuve nécessaire à la croissance de notre moi intérieur, et la tentation qui conduit au péché. Ne pas entrer en tentation implique une décision du cœur. Jésus nous le dit : « Là où est ton trésor, là sera ton cœur ; nul ne peut servir deux maîtres. » Un tel combat et sa victoire ne sont possible que dans la prière. C’est par sa prière que Jésus est vainqueur du Tentateur, dès le début de son ministère et dans l’ultime combat de son agonie. C’est pour cela qu’il nous faut être vigilant, car la vigilance est « la garde du cœur », et c’est le Saint Esprit qui nous permet de nous détourner du péché. Oui, que le Seigneur nous délivre du mal, pour que nous puissions vivre comme St Paul nous le recommande.

Soyons, restons, maintenons-nous dans l’amour, la mansuétude et la patience. Cette belle vertu qui nous manque tant. La patience ! La patience, qui nous permet souvent d’aller plus loin dans notre vie spirituelle et notre vie de tous les jours. S’armer de patience, comme si nous prenions les armes pour le combat spirituel. Sans la patience que ferions-nous, que serions-nous ? Rappelons-nous l’une des prières du Carême : « Pardonne-nous Seigneur, car toi tu patientes et prends pitié ! » Oui, c’est tout le Psaume 50, qu’il convient de méditer, pour nous fortifier dans la foi et être dans les sentiments de la lettre de St Paul aux Ephésiens : « Appliquez-vous à conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. » C’est comme cela que l’on peut aimer vraiment.

Aimer Dieu et aimer son prochain, cela semble aller de soi. Et pourtant, nous savons bien que non. Nous aimons Dieu, que nous ne voyons pas, et nous faisons tant d’efforts pour aimer celui qui nous fait face, et qu’en fait nous n’aimons pas, même si cela ne se voit pas. Car souvent nous travestissons notre attitude, mais Dieu voit le fond de notre cœur. Nous serons jugés sur l’amour que nous aurons mis dans notre vie. Car voilà le grand commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ultime recommandation du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme moi je vous ai aimé. » Comme c’est difficile d’aimer l’autre, de lui vouloir du bien, de ne pas le juger, de l’accepter tel qu’il est.

        Cette année pastorale qui commence, est une année missionnaire, comme le propose notre archevêque. Mais alors, comment être des témoins de l’amour et de la miséricorde de Dieu ? Comment mieux aimer ?

D’abord convertir nos cœurs, rendre pures nos âmes, établir des liens de réconciliation autour de nous, rester vigilants dans la prière et l’adoration du Corps Eucharistique du Seigneur. En faisons cela, nous serons sûrs d’être en adéquation avec ce qu’il nous propose dans sa lettre pastorale. Mgr Pontier écrit en page 8 : « Il nous faut revenir au Christ, approfondir toujours plus notre amitié avec Lui, mieux le connaître, goûter sa présence. Lui redonner la première place dans nos vies personnelles, dans nos vies communautaires, dans l’inspiration de notre vie professionnelle, familiale, associative, citoyenne. C’est lui notre lumière, notre chemin, notre vérité, notre Vie. C’est lui notre ami. C’est lui qui nous révèle le Père, qui répand son Esprit. C’est lui l’homme véritable, le plus humain des humains. C’est lui qui nous ouvre à l’espérance d’une vie vécue en communion avec la Trinité Sainte, dès ici-bas et pour toujours au-delà de cette vie. Il nous révèle l’amour que Dieu porte à tout être humain. Il nous invite à nous libérer de nos peurs. Il ne nous laisse jamais seul. Il nous montre le chemin de la vraie liberté, celle qui nous rappelle que l’homme ne vit pas seulement de pain. »

Chers Frères et Sœurs, voilà tracé pour cette année notre programme de vie. C’est un beau programme ; sous l’action du Saint-Esprit, nous marcherons à la rencontre du Seigneur, sous le regard aimant de la Vierge Marie. Et si l’on nous pose la question, nous demandant ce que nous pensons du Messie ou qui est le Messie, nous répondrons avec  une foi intangible : « c’est Jésus-Christ, venu dans le monde pour témoigner de l’amour du Père, nous donnant sa Parole d’amour par l’Evangile du salut, mort et ressuscité, et remonté dans la gloire auprès du Père ». C’est sous la motion de l’Esprit-Saint que nous porterons témoignage et nous aurons raison de le faire, car il est urgent, plus que de coutume, de témoigner de sa vie auprès de ceux qui ne croient pas. Il s’agit pour nous de proposer le Christ, comme lumière de nos vies et espérance de nos cœurs, lui qui est vainqueur du péché et de la mort. Que La Vierge Marie, Notre-Dame du Rosaire nous aide.

Amen. Mons. J-P Ellul.

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