Homélie pour Noël 2011.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Chers frères et sœurs, soyez les bienvenus dans notre basilique du Sacré-Cœur. En ce temps de Noël une chose étonnante s’est opérée : « Dieu s’est fait homme pour faire de nous des dieux ». Cette phrase de St Athanase dit bien le mystère de l’Incarnation. Celui de l’admirable échange, où le créateur devient homme et nous communique quelque chose de sa divinité.

Le Verbe de Dieu à voulu devenir l’un de nous, en tout, hormis le péché ; il est né dans la nuit à Bethléem pour nous dire combien il nous faut devenir "petits" de cœur et d’esprit, pour découvrir l’immense bonté du Père qui nous donne son Fils. « Alors qu’un silence paisible enveloppait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide, du haut des cieux, Seigneur, ton Verbe tout-puissant s’est élancé du Trône royal pour venir jusqu’à nous.

Et l’Eglise, le traduit ainsi : Le Seigneur vient naître parmi nous. Le Verbe s’est fait chair pour habiter parmi nous. Un enfant nous est né, un fils nous est donné, éternelle est sa puissance. Et l’Eglise à voulu qu’il naisse dans cette fête des lumières, car Jésus est notre lumière, celui qui vient dans le monde pour nous dire l’amour du Père.

Et nous en Provence, la Pastorale Maurel nous a donné les clefs, qui vont permettre à chacun d’entre nous, de convertir notre vie et notre cœur au contact de l’Enfant. En effet, regardez les santons ! Regardez comment nous les disposons dans nos crèches familiales… Nous les mettons en marche vers l’étable où Jésus est né entouré de Marie et de Joseph. En fait, nous rendons présent la sainte famille dans nos lieux de vie, comme le fit St François d’Assise pour expliciter simplement l’évangile de la Nativité.

C’est la nuit de Noël... et les anges viennent annoncer aux bergers qu’un sauveur est né, chez eux, dans leur village et surtout dans leurs vies et dans leurs cœurs… Et ramassant leur troupeau, ils se mettent à frapper aux portes et aux fenêtres pour réveiller ceux qui dorment, afin qu’ils aillent eux aussi voir l’Enfant. Et merveille de la Pastorale Maurel, c’est qu'en chemin qu’ils vont se convertir, changer de vie et de ce fait, ne plus se chamailler, ne plus chaparder, ne plus voler, oui... devenir meilleurs, et voir enfin, comme l’aveugle conduit par son fils et qui désormais n’a plus besoin qu’on lui explique ce qu’il ne voit pas, car maintenant il voit de ses yeux, l’enfant Jésus qui lui tend les bras et sui sourit. Miracle de l’Enfant qui rend à chacun l’amour qu’il a dans son cœur, qui le lui fait découvrir et qui l’aide à changer de vie.

Voilà ce à quoi nous sommes invités en cette fête de Noël : nous convertir, changer de vie, regarder l’autre avec amour, aider les plus démunis, être-nous-même, c'est-à-dire, des chrétiens prête à témoigner de l’amour de Dieu ; et nous avons bien fait de venir célébrer les mystères de la tendresse du Seigneur, car cette eucharistie, cette messe, doit vous rappeler des souvenirs plus anciens, ceux de votre enfance, mais toujours d’actualité, car ici de nombreux fidèles participent chaque dimanche à la messe.

Aussi prions les uns pour les autres, prions pour ceux qui sont dans la peine ou dans le deuil ; nous pensons également à tous ces chrétiens qui ne pourront pas célébrer Noël, car ils sont en guerre ou ont peur des attentats qui frappent leurs communautés.

Et nous prions également pour nos enfants, nos petits enfants, qui ne sont peut-être pas avec nous dans cette église, parce qu’ils ont perdu la foi,dites-vous ! Mais l’ont-ils vraiment perdue ? Comment voulez-vous que de l’éducation religieuse que vous leur avait permis, il ne reste plus rien ? Non, même s'ils se sont éloignés de l'Eglise, ils sont peut-être à l’image de ces cendres qui reste dans le foyer de la cheminée et qui au petit matin resurgissent pour peu que l’on souffle dessus. Soyez confiants, parlez-leur, et si vous ne pouvait rien dire, vivez votre foi chrétienne, avec profondeur, avec fierté. Cela touchera leur cœur et qui sait l’an prochain, s’ils ne seront pas avec vous ?

Oui, Noël est un mystère d’amour, car Dieu qui est amour, réalise enfin le rêve de tout amour : devenir l’autre, sans cesser d’être soi. Ce rêve si souvent inaccessible à l’amour humain, Dieu l’a réalisé enfin. C’est ce mystère essentiel que nous devons contempler en cet Enfant-Jésus de la crèche. Nous le savons bien : quand l’amour entre dans la voie de la tendresse, rien ne l’arrête plus. Et quand cet amour est l’Infini, on ne plus prévoir ce qu’il inventera dans sa toute-puissance.

Ce qu’il invente pour nous ?  Je le disais il y a un instant ! Un  enfant tout petit et qui a froid, né par une nuit d’hiver, dans la frêle enveloppe de son corps, comme s’il s’était dévêtu de sa divinité, pour nous être plus accessible.  Seul l’amour divin peut avec une telle gratuité, inventer de pareille folie, pour nous dire l’amour qu’il à pour nous tous. Voilà ce qui fait notre joie en cette (nuit) en ce jour de Noël ; car cet amour n’est pas seulement un don, il est aussi communion.

Cette fête de noël nous provoque à l’amour. Jésus dira plus tard : « Aimez-vous les une les autres ; c’est à cet amour que l’on vous reconnaitra comme mes disciples. » Etre disciple du Christ, voilà la question qui nous est encore posée en cette année où notre diocèse est en mission et ce, malgré l’éloignement de tous ceux qui vivent comme si Dieu n’existait pas.

Nous le savons bien, nous le vérifions tous les jours, et le pape Benoît XVI vient de le rappeler : « Le centre de la crise de l'Eglise en Europe... est la crise de la foi. Si nous ne trouvons pas une réponse à celle-ci, si la foi ne retrouve pas une nouvelle vitalité, en devenant une conviction profonde et une force réelle, grâce à la rencontre de Jésus-Christ, toutes les autres réformes resteront inefficaces". Et pourtant la foi est là, elle est en nous, elle est vivante, mais comme étiolée, délaissée. Prenons la décision en cette fête de Noël de renouveler notre foi et d’en être fiers. Redressons-nous, retrouvons nos racines, n’ayons pas peur de témoigner. Le Christ est venu parmi nous pour cela : nous donner ce surcroît de grâce. Et puis, ce qu’il nous faut, malgré les difficultés, malgré la crise, malgré tous les aléas de la vie, c’est une joie intérieure, une reconnaissance que Dieu est là avec nous, tout près de nous. En fait, il nous faut le rencontrer à nouveau, lui dire que nous l’aimons, que nous voulons vivre comme lui, sa parole d’amour, car lui nous aime d’un amour inlassable.

L’Enfant Jésus de la crèche, entouré de Marie et de Joseph, nous tend ses mains, pour que nos mains humaines deviennent des relais de l’amour partagé, d’où toute haine est écartée pour faire place à l’amour.

A vous tous, chers frères et sœurs, chers amis, bonne et sainte fête, dans la joie et la paix. Amen.

 

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