Homélie pour Noël 2010 - Sacré-Cœur de Marseille.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

photo-copie-1.JPGFrères et Sœurs,

C’est pour nous tous, c’est un moment de bonheur que de célébrer cette année encore le mystère de la Nativité. Un Dieu qui se fait enfant, un Dieu qui s’approche de nous, tellement intimement qu’il prend notre nature, en tout semblable à nous, sauf le péché. Un Dieu enfant dont la parole est dans nos coeurs, cette Parole que nous gardons comme un Testament d’amour.

Nuit de joie, nuit où la peur de l’humanité est vaincue, nuit où l’attente des siècles se réalise, mais dans le silence, la pauvreté et dans l’humilité.

Il devait venir ! Il est venu, sans que personne ne le sache, sauf les plus simples, les bergers qui gardaient leurs troupeaux… Et Marie, bien sûr qui avait dit oui à l’Ange Gabriel, venu lui proposer de la part de Dieu, d’être la Mère de Jésus son Fils, "celui qui nous sauve de nos péchés".

Il doit régner, être grand : son lit est une mangeoire, son palais une grotte éloignée. Ses vêtements, ceux des pauvres. Sa couronne, un simple châle qui l’enveloppe avec tendresse et amour et plus tard la couronne d’épines.

Ses gardes, un âne et un bœuf et quelques moutons. Son royaume, le monde entier, un royaume régi par les  paroles qu’il prononcera un jour sur la montagne près du lac de Tibériade : Les Béatitudes. Depuis, toutes les espérances sont permises et ses dernières paroles seront pour le pardon, car ceux qui le regardent et l’ont conduit jusqu’à la croix, ne savent pas ce qu’ils ont fait subir à celui auquel les bergers et les Mages sont venus rendre hommage.

Mystère de la création, mystère de la dérision, mystère de l’amour et de la grandeur de l’Eternel. Dieu nous donne son fils, ce fils qui est sa Parole Vivante.

Voulez-vous un instant, vous rappeler vos nuits de Noël ? Pour certains, la douceur d’un foyer, l’attention des parents, les cadeaux attendus. C’est ce qui revient à nos souvenirs, mais c’est surtout la crèche, le sapin, les illuminations, les paroles de Dieu que l’on a découvertes durant plus d’un mois, en ouvrant les fenêtres du calendrier de l’Avent.

Mais aussi pour d’autres, la dureté de la vie, le rejet de l’enfance qui n’est pas attendu, mais subie, peut-être souillée, salie, non-aimé. Oui, pour certains ces temps de douceur et de lumières que nous célébrons sont peut-être dures à accepter. Pourtant, si l’on a le sursaut de faire un tout petit pas dans la confiance, dans l’espérance, comme Jésus nous le propose, alors tout ce mal, ces souffrances se transforment et un plus grand amour, car l’on prend la décision de ne pas faire subir aux autres, ce mal que l’on a vécu soi-même.

C’est le message que nous livre Jésus-Enfant de Bethléem. Que nous dit-il si nous nous approchons de la crèche ?  Il nous tend les mains, il nous regarde, il nous propose d’entrer dans ce dynamisme de re-création !

Re-création de notre vie de jeune et d’adulte, de toujours jeune ; re-création de notre cœur, qui désormais se remplit d’amour ; re-création de tout notre être intérieur, dans la paix que nous devons apporter au monde et témoigner à ceux qui nous entourent.

Enfant de la Paix, Enfant de Dieu, Fils de Marie, toi qui fus gardé par Joseph qui t’apprit tant de choses de la vie, donne-nous de partager ta vie divine. Oui, par le baptême nous sommes devenus tes frères et tes sœurs, et nous savons que tu nous aimes et que nous avons part à cette vie en Dieu ; fais de nous des témoins de la paix.

Je vous propose de conclure cette méditation, par cette belle et simple prière, écrite par Jacqueline de Romilly, cette immense femme de culture, d’une grande délicatesse de sentiments, qui avant de franchir le seuil de la mort, elle fut baptisée en 1940, puis instruite, communié et confirmée avant de repartir, il y a quelques jours vers le Seigneur. Elle nous laisse ces phrases qui nous seront très utiles pour soutenir notre prière, afin que la paix vienne sur notre monde, surtout pour nos frères d’Irak, du Pakistan et tant d’autres lieux où des chrétiens subissent des persécutions inadmissibles, parce qu’ils sont des chrétiens fidèles.

Nous prions pour eux en ces jours de Noël et la lampe de la Paix, offerte par le Père Raed Abusahlia, qui vient de Taybeh de Palestine, est allumée sur l’autel tout près de Jésus enfant, pour les accompagner dans leurs difficultés.

Voici cette prière :

« La paix soit avec vous !  La douce paix sur terre.

Loin des horreurs, des pleurs et des deuils de la guerre, cela je veux le croire ; et j’en ferai, Seigneur, la règle de ma vie et la joie de mon cœur. Mais la paix la plus vraie, tout au fond de mon être, puis-je arriver tout seul à jamais la connaître ? Pourrais-je pardonner vraiment la cruauté, mourir sans épouvante, aimer la pauvreté ? Il me faudrait, Seigneur, un peu de votre grâce pour que je puisse enfin, en franchissant cet espace, le dire d’un cœur pur, sans nulle réticence : la paix soit avec vous, la paix de l’innocence ». (J. de Romilly, texte communiqué par le P. Labaky - Journal La Croix, 20 déc. 2010).

Voilà, frères et sœurs, un beau message de paix, relayé par cette phrase, qui rythme nos célébrations de Noël : « Un enfant nous est né, un Fils nous est donné, Eternelle est sa puissance ! » (Liturgie de Noël)

Et de la part de toute notre équipe sacerdotale et diaconale : bonne et sainte fête de Noël à vous tous. Amen.

 

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