Homélie pour le Premier dimanche de l’Avent - A - 28 novembre 2010.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

 

dsc00948.jpgTenez-vous prêts !

Ce n’est pas un slogan, mais une recommandation du Seigneur Jésus ! Une injonction biblique, une attitude à avoir, un sens aigu de l’après ; l’expectative de ce qui doit arriver.

Se tenir prêt, c’est s’être préparé, avoir prévu … même l’imprévisible ; c’est aussi savoir ce que l’on va faire. Et pourtant Jésus nous le dit : « C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ! »

Alors que Marseille se pare de lumières multicolores et que nous recherchons les cadeaux qui feront plaisir, la nuit devient de plus en plus dense, le froid plus intense. Peur de l’humanité, grande peur de l’homme qui voit le jour diminuer et qui se demande ce qui adviendra lorsque le jour ne se lèvera plus. Pour palier à ces ténèbres, le feu est le seul moyen d’illuminer la nuit : pour se réchauffer, pour se préserver, pour attendre le retour du jour qui vient. Ce fut l’une des plus grandes peurs de l’humanité. Les illuminations de notre ville viennent le souligner. Et c’est dans cette fête païenne des lumières, que l’Eglise a placé la naissance du Sauveur, lui qui vient tout éclairer,  tout, jusqu’au tréfonds de nos cœurs.

Dans l’Evangile rapporté par Jean, Jésus nous le dit : « Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent, car celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière… » (12, 35-36). C’est donc une invitation à ne par marcher dans l’ombre, une invitation, en ce premier dimanche de l’Avent, à tout revoir à la lumière de celui qui vient.

Déjà le prophète Isaïe nous propose de transformer nos armes bien aiguisées, nos épées tranchantes, nos lances acérées, que sont « nos paroles dures », « nos actes de péchés », « notre orgueil et nos intransigeances », en socs de charrues et en faucilles, c’est-à-dire en témoignage de foi, en confiance en Dieu, en reconnaissance de l’autre, comme un autre moi-même, en comportements d’amour en quelque sorte. Avec l’humilité qui en découle.

Oui, nous allons délaisser la guerre larvée que nous nous faisons en famille, entre ami, en Eglise, dans le monde, pour être des porteurs de paix, pour être trouvés dignes de l’espérance qui est en nous !

Plus de silence ! Plus de murs de silence ; il faut se parler, prendre le temps de se parler. Oui, je sais que c’est difficile, que c’est dur, quant l’amour se transforme en haine, quand on a été trahi, bafoué, rejeté.

Pourtant, chacun va essayer de « se retourner », de quitter ses habitudes, ces habitudes qui nous aliènent et  dont nous sommes lassées, pour revenir au Seigneur notre Dieu ; ensemble nous allons monter vers la maison du Seigneur ; lui rendre grâce pour tous les dons déposés en nous ; appeler la paix sur notre monde, sur nous, sur nos familles, nos enfants, appeler le bonheur pour ceux qui sont dans la désespérance et dans le deuil, désirer le bien de tous.

Encore direz-vous ? Encore et toujours, il me faudra faire des efforts, m’entendre rappeler ce que j’essaie d’oublier, pour mener « ma » vie, pour ne pas sortir de mes enfermements, pour être moi et ne plus m’occuper des autres ? Ce monde est dur, ma vie n’est pas facile, ma foi est solide, et d’ailleurs je sais tout sur la foi et sur l’Eglise ! Que dois-je encore changer en ce temps de l’Avent ?

Peur-être une ou deux choses, si j’osais vous parler au cœur et vous parler comme un père, comme un ami.

Regardez-vous ! Oui, regardons-nous ! Car je me mets avec vous, évidemment, dans la question qui est posée.

Ah ! Mais si je me regarde, que vais-je découvrir ? Rien, dirons certains ; d’autres commenceront à se dire : « Toi tu le sais Seigneur, tu vois ma vie, tu sais toutes choses ! » Combien de fois ai-je voulu sortir de mon sommeil spirituel ? Combien de fois ai-je fait des efforts pour mieux participer à l’Eucharistie, sans me laisser distraire ? Combien de fois ai-je pris sur moi pour tout laisser et venir te prier ?

Combien de fois ai-je désiré arriver en avance, pour me mettre en ta présence ? Mais combien de fois suis-je arrivé en retard ; combien de fois, suis-je reparti avant la fin de la messe ? Car tu le vois Seigneur, j’ai l’habitude d’agir ainsi et je ne peux pas changer !

Allez ! Changez de vie ! Changez d’habitude ! St Paul écrit dans la lettre aux Romains, que la nuit est bientôt finie, que le jour est tout proche.

Alors Frères et Sœurs, rejetons les activités des ténèbres, et revêtons-nous pour le combat de la lumière. Cette lumière, ta lumière Seigneur, nous voulons qu’elle soit en nous, pour que nous puissions marcher à ta rencontre.

Puis-je vous retenir encore quelques instants, pour vous inviter à lire la Parole de Dieu en ce temps de l’Avent et comme le fit la Vierge de Nazareth, à écouter la voix des prophètes, à prendre votre Bible pour ouvrir ce livre aux deux Paroles ? Car vous le savez, le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien et l’Ancien est révélé dans le nouveau. C’est ainsi, qu’avec une grande sagesse, s’exprimait St Augustin ; St Grégoire le Grand affirmait que « ce que l’Ancien Testament à promis, le Nouveau l’a fait ; c’est en cela que le dessein de Dieu s’y manifeste progressivement et se réalise lentement à travers des étapes successives, malgré nos résistances. »

« Dieu choisit un peuple et l’éduque avec patience. Nous ne devons jamais oublier qu’à la base de toute spiritualité chrétienne authentique et vivante, se trouve la Parole de Dieu annoncée, écoutée, célébrée et méditée en l’Église. » (Verbum Domini).

C’est ce que nous ferons, Chers Frères et Sœurs en ce temps de l’Avent. Il était bon d’ailleurs de commencer notre marche vers Noël, par cette « Veillée pour la vie naissante »  samedi soir dans notre basilique, présidée par notre archevêque.

Laissez le Seigneur marcher à votre rencontre, ne lui fermez pas la porte de votre cœur, laissez-le prendre racine en vous et se développer, comme il le fit, tout petit Enfant-Jésus, dans le sein de la Vierge Marie.

Que l’Esprit du Seigneur soit sur nous et qu’il accompagne notre temps de l’Avent. Amen.

 

 

 

 

 

 

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