Homélie pour le 7ème dimanche de Pâques - 5 juin 2011.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Journée Chrétienne des communications sociales.

Basilique du Sacré-Coeur de Marseille. 

 

            Chers Frères et Soeurs,

           Jésus vient de quitter ses disciples ; désormais ils se réunissent autour de Marie. En cette 45ème Journée Chrétienne des Communications sociales, alors que la pape Benoît XVI est à Zagreb, et que je vous laisse découvrir son message, imaginons qu’un reportage soit fait à Jérusalem sur ces derniers évènements et sur  l’action future des disciples.

La première question à leur poser serait évidemment de leur demander s’ils sont tristes ou déçus. Les réponses auraient pu être celles-ci :

- Certains, surtout ceux qui voulaient voir restaurer la Royauté en Israël, s’exprimeront avec véhémence, regrettant que Jésus ne se soit pas plus avancé dans ce que le Messie attendu aurait dû réaliser. C’était l’occasion durant ces 40 jours ; dommage ! Et de plus, à ceux qui lui posaient des questions pertinentes, ils s’étaient entendus dire, qu’ils ne leur appartenaient pas d’en connaître les délais ni les dates… ! Vous imaginez l’impact négatif que cela aurait pu faire sur les lecteurs, si on dévoilait cette information ?

Alors quoi ? L’avoir suivi durant trois ans, et puis plus rien ! Toujours et déjà, ces questions de personnes, d’impact, de calendrier et de candidatures… De petites phrases...

- D’autres parmi les disciples et les plus nombreux, vont surtout miser, sur l’aspect plus spirituel de leur mission, et sur ce que Jésus leur à dit avant de rejoindre le Père : attendre la force du Saint-Esprit. Oui, ils l’attendent cette effusion de l’Esprit et ils en ont bien besoin, après leur fuite lors de son arrestation. Car depuis ces 40 jours depuis Pâque et avant l’Ascension, chacun s’est refait une virginité, se faisant voir sous un angle différent, même Simon le Zélote, même Thomas et tous les autres.

On peut aussi imaginer que c’est sur le Mont des Oliviers qu’à eu lieu l’interview. Les journalistes repartis ; les apôtres sont restés dans le Cénacle, participant fidèlement à la prière, avec Marie, la mère de Jésus. C’est vers elle qu’ils vont se tourner durant ces quelques jours d’attente. Je suis sûr que comme moi, vous aimeriez connaître ce que Marie doit leur dire. On peut l’imaginer : "Restez fidèles à sa parole d’amour leur dit-elle. Et en baissant un peu la voix : n’oubliez jamais ce qu’il vous a dit, surtout lors du repas de la Cène. Prennent-ils la décision d’en écrire le récit ? Certains le feront, nous donnant son testament d’amour, ces Paroles éternelles qui nous  font avancer dans la vie spirituelle. Refaire ses gestes, redire ses paroles !"

Marie veille à tout, car elle sait qu’il leur faudra dire et redire encore, que ce pain est son Corps… que le vin de la coupe de bénédiction, c’est son Sang, versé pour la multitude en rémission des péchés et de ceux du monde entier, de « faire cela en mémoire de lui ». Et c’est ce qu’ils feront et c’est ce que nous continuons de réaliser en chaque Eucharistie. Car elle pressent que tout ne sera pas facile, que les persécutions viendront en leur temps, pour essayer d’éradiquer ses paroles d’amour, ses gestes de tendresse et de miséricorde.

Cette souffrance, elle l’a déjà expérimentée dans son corps, lors de la passion. de son Fils. Mais Marie est toujours là, présente, discrète, ne venant vers nous, que pour nous rappeler d’être fidèle, de nous convertir, et surtout de nous aimer, comme il nous a dit de le faire. Nous ne sommes pas orphelins, bien au contraire, car remonté auprès du Père, il est avec nous et en nous... et nous promet l’Esprit. Connaissant et aimant le Christ, nous avons ainsi la vie Eternelle ; dans le monde, nous continuons notre mission d’annonciateurs de sa Bonne Nouvelle. Et pour ce faire, pour mieux partager ce qui nous tient à cœur, pour le proclamer et en être témoins, les médias peuvent aider à une meilleure évangélisation.

Déjà pour les JMJ de Madrid en août prochain, un site très bien fait est à la disposition des jeunes qui veulent s'y rendre ; je ne mentionne que pour mémoire, les textes de la Parole de Dieu ; ils sont à la portée de tous d’un seul « clic », et même sur nos portables. Combien de commentaires d’évangiles nous sont proposés mais aussi d’autres applications, qui nous mettent en contact étroit avec l’Eglise universelle !

Si les apôtres avaient eu ces possibilités, nul doute qu’ils les auraient employées pour l’annonce du Royaume des Cieux. Eux n’avaient que la Parole, Parole qui leur sera donnée de proclamer avec intrépidité sous la motion de l’Esprit Saint, dès la fête de Pentecôte. Aussi n’hésitons pas à nous servir de ces moyens actuels, si  nous les avons, pour nous unir au Christ et à son Eglise, et à nos frères en humanité, et leur dire en toute humilité, que c'est par lui que nous seront sauvés.

Combien de fois m’arrive-t-il, et vous avec moi certainement, de célébrer les heures du bréviaire, en les priant sur mon portable, quand je ne puis le faire autrement ? Je préfère évidemment dire et prier les psaumes, dans mon bel ouvrage aux tranches dorées. Mais quand on est dehors ou en voyage ou dans les moyens de transport, c’est plus pratique.

Une très grande majorité de prêtres, (94,7%) utilisent Internet chaque jour dans le monde, notamment pour préparer leurs homélies et près de 4 sur 10 jugent que les possibilités d'Internet, sont supérieures aux dangers que ce réseau représente.

« Prions en Eglise » et « Magnificat » sont des applications faciles à charger pour les textes des messes de semaine, et mieux, pour ceux qui ne savent plus leurs prières quotidiennes, ils peuvent également reprendre la base de leur vie chrétienne et en un instant, pouvoir les consulter dans le bus, le métro, au bureau et durant les poses de travail. Il faut, je crois, ne pas bouder ce qui nous est proposé.

Une homélie, une information paroissiale mise sur Facebook ou sur un autre site... et ce sont des milliers d’Internautes qui sont interpellés et invités à en prendre connaissance. Le Seigneur peut convertir les cœurs, même avec ces moyens et nous le savons bien, car rien de retient l’Esprit-Saint !

Par ailleurs, on nous invite par tout moyens et à grand renfort de publicité, à regarder des sites non recommandables,  des images pernicieuses et mauvaises. Rejetons ces choses là ; n’entachons pas notre âme et nos regards de salissure et d’abjection, mais au contraire, nous nous devons d’aller vers ce qui nous élève et qui nous rapproche du Christ et de son Eglise. C’est cela aussi de vivre en témoin du Christ, que d’avoir le courage de faire en sorte, que notre âme et notre vie soient pures.

Je voudrais citer ces phrases de Mgr Podevin, porte-parole de l’épiscopat français : « Puisse cette journée mondiale, nous donner de puiser à la prière intense de Jésus pour ses disciples. Lui, mieux que quiconque, connaît le cœur de chacun. Aux témoins balbutiants que nous sommes, il confie son Eglise. Ayons l'audace de dire de qui nous tenons la vie. Appelons aujourd'hui à la prêtrise, dont le besoin est vital. Avec mon équipe d'animation pastorale, je vais sur internet pour signifier un autre visage d'Eglise», dit ce jeune curé de paroisse. Il ne s'agit pas d'y satisfaire mon ego, mais de témoigner d'une communauté accueillante et célébrante ».

N’est-ce pas ce que nous faisons depuis des années, ici au Sacré-Cœur, avec notre site paroissial, celui du catéchisme, celui d’Anne-Madeleine Rémuzat et le mien, sans oublier de mentionner celui du diocèse de Marseille ? C’est primordial, si nous voulons faire passer l’information à l’extérieur de notre paroisse. Et ils sont souvent consultés.

Nous sommes dans l’attente de l’Esprit-Saint ! Et cet Esprit nous l’avons reçu au baptême et à la confirmation. Demandons à Celui qui vient tout restaurer et rendre intact, une plus grande foi, une foi intense et communicative. Et comme le disait souvent Mgr Di-Falco, n’oublions pas que nous sommes « Les Médias de Dieu ». Dieu passe aussi par nous ne l’oublions jamais. A nous tous, est donnée cette belle mission, une mission importante et de chaque instant : tout restaurer dans le Christ Jésus notre Seigneur, dans le respect de l’autre, évidemment, mais avec une intrépidité à toute épreuve et dans la vérité de celui qui vient nous montrer le Père. C’est ainsi que nous aurons la Vie Eternelle.

Que Marie, la Vierge dans l’attente de l’Esprit, réunie avec les Apôtres au Cénacle, nous en donne le courage et la force.

Amen.

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