Homélie pour le 6ème T.Ordinaire du 12 et 13 février 2011.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

JOURNEE MONDIALE DE PRIERES POUR LES MALADES;

Frères et Sœurs,

Je ne commenterai pas les textes du jour, car en ce dimanche est célébré la Journée mondiale des malades, qui nous met en face de la souffrance, de la maladie, de la dépendance et de la mort ; elle nous permet de prier plus spécialement pour ceux qui souffrent et espèrent une guérison. « Sur le visage de chaque être humain, surtout s'il est éprouvé et défiguré par la maladie, brille le visage du Christ »

Nous prions également pour tous ceux qui entourent nos frères et sœurs malades et leur permettent de passer ce cap difficile. Notre pensée va vers tous ceux qui, dans les hôpitaux et les cliniques, qu’ils soient chirurgiens, médecins, infirmiers, agents de santé, gardes malades, religieux, religieuses, volontaires et bien évidemment vers toutes les familles qui ont chez elles un grand malade, une personne âgée ou dépendante.

Ce dimanche de prière se voudrait un lien fort de compassion envers celles et ceux qui ont à subir cette épreuve, pour que leur soit témoignée notre amour et notre soutien.

Cela est tellement difficile de vivre la maladie dans la foi et l’espérance, tant le désespoir, la solitude, le désarroi viennent obscurcir l’avenir, ne permettant plus de voir le bout du chemin. Et c’est souvent un chemin d’angoisse et de grande souffrance. Certains se croient abandonnés de Dieu ; d’autres malgré leurs supplications, ne semblent plus entendu et seraient tenté de croire que leurs prières restent sans effets ; mais pour beaucoup d’autres, c’est la foi et souvent la foi de leur enfance qui ressurgit qui est retrouvée, car ils redécouvrent le Christ, venu dans le monde pour apporter guérison et pardon.

Le livre de la Genèse, rappelle que la maladie avec son cortège de souffrances est entrée dans le monde comme la suite du péché. Les psaumes, le livre de Job, l’histoire de Tobit nous montrent la souffrance comme une épreuve providentielle, destinée à montrer la fidélité de celui qui la subit. Tout au long de son ministère, Jésus trouvera des malades sur sa route et il en chassera les esprits mauvais et les guérira. Il est venu comme le médecin des pécheurs, un médecin qui pour enlever les infirmités et les maladies, les prendra sur lui. Tel sera en effet le sens de sa Passion : Jésus participe à la condition de l’humanité souffrante pour pouvoir triompher finalement de ses maux et nous entraîner dans son sillage de Vie Eternelle.

Les signes du règne de Dieu, que constituent les guérisons miraculeuses de Jésus vont se continuer par les Apôtres, qui dès leurs premières missions ont auront le pouvoir de guérir les malades. En prenant sur lui nos maladies lors de sa passion, Jésus leur a donné un sens nouveau : comme toute souffrance, elles ont désormais valeur de rédemption ! St Paul, qui en a fait l’expérience à maintes reprises, sait qu’elles unissent l’homme au Christ-Souffrant.

Alors que Job ne parvenait pas à comprendre le sens de son épreuve, le chrétien sait qu’il complète dans sa chair, ce qui manque aux épreuves du Christ, pour son Corps qui est l’Eglise.

« Portez les maladies de tous », conseille St Ignace d’Antioche, « car servir les malades, les soulager, les accompagner, c’est servir Jésus lui-même dans ses membres souffrants ». A travers les siècles et les générations humaines, on a souvent constaté que dans la souffrance, se cache une force particulière qui rapproche intérieurement l’homme du Christ.

Mais se pose la question du pourquoi ? Chacun se demande qu’elle est le sens de la souffrance, de sa souffrance et cherche une réponse à cette question, adressant cette interrogation à Dieu, au Christ. Heureux celui qui trouve une réponse dans la foi et qui trouve également à ses côtés, des être d’amour et de compassion ; qui peut être écouté et compris. Sinon c’est la désespérance qui prend la place et le désespoir qui risque de s’installer. Combien il est difficile de trouver la paix intérieure, quand on souffre au corps et à l’âme !

Il nous faut aussi prier en ce dimanche, pour ceux qui assistent les malades, le monde médical dans sa globalité, mais aussi et surtout les familles qui du jour à la nuit, sont à leur chevet. Mais après la compassion, et nous en faisons souvent l’expérience, risque de s’installer la colère ou la haine, car le malade a des exigences que l’on trouve inacceptables.

Et pourtant, que faire, que dire devant une telle épreuve ? Si certains, famille, proches ou amis, pouvait un prendre le relais, pour que ceux qui se trouvent ainsi affrontés à ces difficultés, puissent avoir un moment de répit, pour reprendre leurs esprits et se remettre dans l’acceptation et la confiance. Oui, ce sont des épreuves que l’on ne comprend vraiment que lorsqu’on les a expérimentées. Prions pour que le Seigneur leur donne force et courage.

Un exemple qu’il nous faut souligner en cette Journée mondiale de prière pour les malades est celui de Marthe Robin, cette petite paysanne, grabataire depuis l’age de 18 ans, jusqu’à sa mort à 78 ans, le 6 février 1981. Malgré sa maladie et ses souffrances, dans sa chambre plongée dans la pénombre, à La Plaine, la ferme familiale de Châteauneuf-de-Galaure, elle aura reçu près de 103.000 visiteurs, attirés par sa qualité d’écoute, la justesse de ses propos et surtout sa prière intérieure intense. Marthe Robin est pour nous un exemple de patience et de confiance en Dieu, d’acceptation de sa volonté, dont la seule nourriture était l’Eucharistie quotidienne.

« Quelqu’un parmi vous est-il malade, dit l’apôtre St Jacques, qu’il appelle les prêtres de l’Eglise et qu’ils prient sur lui ; après l’avoir oint d’huile, au nom du Seigneur, la prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera ».

Car en conclusion, je voudrais rappeler qu’il existe le sacrement des malades ; et que ce sacrement n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité, - l’extrême-onction -, mais qu’il est offert à tous ceux qui souffrent de maladies ou d’infirmités, qui ont à subir une intervention chirurgicale grave ou sont très âgés.

Et c’est pour cela que notre équipe pastorale voudrait proposer le Sacrement des Malades à ceux qui le demanderont, dans les conditions que je viens d’évoquer. Cette célébration aura lieu le dimanche 27 mars prochain, 3ème dimanche de carême, à 16h dans notre basilique.

Ce sera une célébration communautaire du Sacrement des malades, conduite par le Père Laurent Grégoire, qui est également aumônier à mi-temps, à la Timone, entouré des  prêtres de notre paroisse et notre diacre.

Puis à la fin de la célébration, pour ceux qui pourront rester, nous exposerons le St Sacrement et l’après-midi sera conclue par les vêpres à 18h 30 et la messe de 19h.

Je vous demande d’y penser et de vous y préparer par la prière, invitant tout spécialement celles et ceux qui portent la communion, l’Eucharistie à nos malades, à bien vouloir se faire connaître, pour que nous puissions les renseigner ce qui convient de « faire » lorsqu’ils se rendent au domicile de ceux qui demandent la communion et sur le service évangélique des malades que nous voudrions créer. Ce sera une belle démarche de Carême.

Que le Seigneur nous soutienne et nous garde, et qu’il soit présent à celles et ceux qui souffrent et pour qui nous prions en ce dimanche. Amen.

 

 

Commenter cet article