Homélie pour le 4 ème dimanche de l’Avent 2011 -St Charles-

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

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Chers frères et Sœurs,

Dans une semaine nous célébrerons l’avènement du Fils de Dieu parmi nous, et pour nous accompagner, la liturgie nous propose de méditer sur les textes de la Parole de Dieu et pour compléter notre prière en ce temps de l’Avent, je vous propose de redécouvrir les Grandes Antiennes O, mélodies grégoriennes magnifiques qui ouvrent le chant du Magnificat.

En effet chacune d’entre elles est un vibrant appel  à la venue du Messie parmi nous, éclairant les titres de la divinité du Seigneur puisés dans l’Ancien Testament, par ce peuple de la promesse qui attendait la venue du libérateur d’Israël.

Au nombre de 8, elles nous parlent de sagesse, cette sagesse divine qui vient nous enseigner le chemin de la prudence. Puis c’est Adonaï, qui apparut à Moïse dans la flamme du buisson ardent ; il vient pour nous racheter par la puissance de son bras. Car le rejeton de Jessé va venir, il est la Clef de David, le sceptre de la maison d’Israël, quand il ouvre, nul ne peut fermer ; il vient tirer de leur prison, les captifs qui l’attendent dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Oui, il vient le Soleil levant, splendeur de la lumière éternelle ; ce soleil de justice vient éclairer ceux qui se trouvent dans les ombres de la mort. Il est le roi des Nations, l’objet de leur désir, la pierre angulaire qui, de deux peuples, désormais n’en fait qu’un. Par sa puissance il vient tirer l’homme du limon. Il est l’Emmanuel, le Dieu parmi nous, notre roi et notre législateur, il est vraiment l’attente des nations, et surtout, il vient pour nous sauver… Il est notre Dieu, notre libérateur.

Alors oui, les cieux peuvent répandre leur rosée, ils peuvent faire pleuvoir le Juste ; ils racontent la gloire du Seigneur Tout puissant et même le firmament va publier l’œuvre de ses mains. Tous les peuples vont désormais monter à la montagne du Seigneur, dans la ville de notre Dieu, afin qu’il les instruisent, pour qu’ils marchent sur la route qui conduit vers lui. Toutes les portes doivent élever leurs frontons, pour laisser passer ce roi d’amour qui vient naître parmi nous.

« Réveille ta puissance Seigneur et viens nous sauver, sois indulgent pour nous qui malgré tes appels, sommes toujours aussi pécheurs ». Le graduel que la chorale vient de chanter, tiré du psaume 144, ainsi que l’alléluia viennent renforcer cette attente : « Le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent avec sincérité ; aussi, viens Seigneur ne tarde plus, pardonne les fautes de ton peuple Israël ».

Mais pour bien spécifier dans le temps de l’histoire, la naissance du Sauveur parmi nous, St Luc, nous donne toutes les indications nécessaires. Il était important, lors de la prédication de l’évangile, pour des gens venus du paganisme, de bien vérifier qu’il était né dans un temps donné : celui de l’an 15 du principat de Tibère César. Pourtant, nous savons aujourd’hui, que le moine Denys le Petit à fait une erreur de calcul, et qu’en fait, nous devrions ajouter presque 7 ans de plus, pour placer historiquement la naissance du Sauveur. Mais le temps et l’éternité font bon ménage, et là n’est pas la question.

La question pour nous, lancinante et toujours d’actualité, est de savoir où nous en sommes spirituellement ! Devant les difficultés de notre vie, avons-nous le temps, prenons-nous le temps de la prière en vue de notre conversion, c’est-à-dire, en vue d’être vraiment du Christ et tout entier au Christ et de l’attendre vraiment, comme l’Eglise nous y invite ? Comme Jean le Baptiste, écoutons la voix qui crie dans le désert, nous demandant de préparer la route au Seigneur.

Comme Marie, disons-nous notre oui, notre « fiat » au Seigneur, qui revient naître parmi nous ?

Nous pouvons lui poser toutes les questions concernant notre vie personnelle, et dire comme Marie : « Comment cela se feras-t-il ? »

Et nous entendrons la réponse : « N’oublie pas que tu es baptisé, plongé dans ma mort et ma résurrection ; revêtu de la robe de l’innocence, n’oublie pas que tu es oint du chrême du salut pour annoncer la vie éternelle ; n’oublie pas que tu es porteur de lumière pour éclairer le monde, et dire que je suis là au milieu de vous. Toi qui te nourris de mon Eucharistie, toi qui reçois mon Corps et mon Sang, il ne te restes que quelques jours pour te préparer à célébrer ma naissance. Ce petit enfant que tu verras dans la paille de la crèche, n’oublie pas que c’est toi. Car comme toi, j’ai voulu naître d’une mère ; comme toi j’ai grandis ; comme toi j’ai obéis au Père qui m’a envoyé. J’ai donné ma vie pour toi, pour que tu ne sois pas plongé dans les ténèbres de la mort, mais que tu obtiennes la vie éternelle. »

Tu le vois Seigneur, nous préparons ta venue parmi nous. Comme Joseph et Marie, nous nous mettons en route, vers le lieu de ta naissance. Comme eux, nous supportons les difficultés de la route de notre vie, nous marchons dans l’espérance car nous sommes sûrs de ton amour.

Fais que nous soyons accueillants à ceux qui viendrons nous visiter, et que nous puissions vivre ces fêtes de Noël le cœur remplis d’amour ; dans la paix familiale retrouvée ; dans une sérénité qui nous manque tant ; dans une joie intense, car tu viens parmi nous pour nous redire ton amour.

O Emmanuel, notre roi et notre législateur, attente des nations : viens nous sauver, nous t’attendons dans la prière.

Amen. Mons. J-P Ellul.

 

 

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