Homélie pour le 25 juillet 2010 : St Jacques de Compostelle. Sacré-Cœur de Marseille.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Frères et Sœurs,

Ce 25 juillet 2010, fête du martyre de l’apôtre St Jacques tombant un dimanche, cette année est une année sainte pour Compostelle, une année jubilaire. C’est le pape Calixte II, qui en 1122, en décida ainsi.

Les textes que nous venons de partager nous invitent partir, à prendre la route, comme les trois visiteurs d’Abraham, et tout au long de la route de notre vie, à poser au Seigneur les questions fondamentales, celles que nous voudrions voir éclaircir, celles que nous voudrions résoudre, celles qui nous posent encore question.

Car le Seigneur écoute lorsque je crie vers Lui, il est attentif à ce cœur à cœur que je veux avoir avec lui, il entend mon action de grâce pour tout ce qu’il me permet de vivre. St Paul vient de nous le dire ! « Nous qui sommes ressuscité avec le Christ, avant d’être plongé dans le bain de la nouvelle naissance, nous étions comme morts, par nos péchés, mais désormais par le baptême, nous avons reçu la vie en Christ, qui a pardonné nos fautes. »

Pour en être vraiment conscients, il nous faut prier et prier sans relâche. Mais comment prier ? Quelle est notre vraie prière ? Comment voir Jésus en prière, à l’écart et ne pas l’imiter ? Nous aussi nous lui demandons : « Seigneur apprends-nous à prier ! » Et c’est le texte du Pater que Jésus explique à ses disciples. Cette prière que nous récitons souvent machinalement, sans bien penser à ce que nous disons, à ces paroles remplies de Vie Eternelle qui nous conduisent au Royaume.

C’est pour prendre du temps pour la prière, pour la conversion du cœur, et pour changer de vie, que des milliers d’hommes et de femmes prennent le chemin de Compostelle, et vont à pied, lentement, pour se retourner sur leur vie, en faire le bilan et sous la motion de l’Esprit essayer de se convertir.

 Aller au tombeau de l’apôtre St Jacques, faire ce pèlerinage, qui à l’instar de celui de Rome où de Terre Sainte, était souvent bien plus pratique et surtout plus proche de leurs lieux de vie, depuis le début du christianisme, des millions de personnes, ont emprunté ces routes. Certains pour essayer, car on leur en avait parlé, d’autres comme partis en randonnée, tous revenants en pèlerins. Et peut-être certains d’entre vous ont fait ce pèlerinage ?

Je vous invite à partir ; oh juste quelques instants, quelques minutes, pour faire un pèlerinage rapide, prendre nous aussi ce chemin piqué de milliers d’étoiles, qui depuis plus de mille ans voit et entendent passer les pèlerins.

Allez ! Prend votre bâton, ton bourdon, compagnon de chaque pas, ta besace, pas trop lourde, et ta coquille ! Reçois la bénédiction du prêtre et tourne ton regard vers le jour qui se lève.

C’est toi qui pars !

Tu auras tout le temps pour méditer la prière du Notre Père, redire toujours et encore ces phrases données par Jésus et qui font de nous tous, des filles et des fils d’un même père. Car n’oublies pas, le Père céleste te donnera l’Esprit-Saint si tu le lui demandes !

Alors tu pourras ainsi découvrir ta vie, la regarder en face, sans fard, sans te détourner, car elle sera là, devant toi, accompagnant ton chemin. Tu es seul avec Dieu, avec toi. Marcher et marcher encore, et s’arrêter pour prier, pour se reposer, communiquer avec d’autres et dormir, pour mieux repartir.

Seigneur quelle est ma vie ? Je m’abandonne à toi, je veux te laisser faire dans ma vie. En suivant le chemin, je pense à mes doutes, à mes incertitudes, aux regards que je lance souvent remplis de méchanceté de dureté, alors que c’est toi que je devrais voir dans l’autre. Mais c’est difficile.

Mon cœur est à la fois remplis d’amour et de haine. Oui, je sais, tu viens de me dire de pardonner, mais est-ce que je pardonne aussi à ceux qui m‘ont offensé ? » Pourtant Seigneur, je fais des efforts, et souvent c’est la joie qui prédomine en moi, car je sais tu es là, que tu accompagnes mon chemin de vie, que tu me rends plus pur, plus limpide, mieux armé pour le combat spirituel.

Je cherche Seigneur un sens à ma vie ! Accorde-moi la santé, la réussite pour les miens, moi qui je te demande si souvent de m’aider ! Mais je perds patience, car souvent ta réponse n’est pas immédiate, alors je doute de toi. Je frappe, car je sais que tu es là, toujours près de moi !

Pour moi l’important Seigneur, le plus important, c’est que j’ai la foi, cette foi communiquée par mes parents, ma famille, cette foi qui me rend fort, même quand je suis faible.

Heureusement que l’Esprit-Saint vient toujours au secours de mes faiblesses. Oui Seigneur, merci de m’avoir donné la vie en Christ, merci de me garder sous ton regard d’amour. Je vais me convertir, changer de vie, car tout au long du chemin qui me mène vers St Jacques de  Compostelle, j’ai compris, combien ma vie vaut la peine d’être vécue, sous ton regard, dans la confiance et dans l’amour.

Je vais revenir tout autre. J’ai voulu aller au plus loin possible dans l’intériorité de ma vie, j’ai voulu la regarder en face, face à toi Notre Père, face à toi Jésus, devant toi Esprit-Saint !

Oui je reviens tout autre, avec au fond des yeux ce supplément d’âme, avec au bord des lèvres ce sourire léger, avec au fond du cœur, l’immense reconnaissance de m’être accompli.

Je n’aurais certainement pas la « Compostella », reconnaissance de toute démarche vers St Jacques, car mon chemin fut bien court, mais je suis parti, j’ai abandonné le quotidien, je suis allé à la découverte de mon Dieu et de ma vie, et là, devant le portail de St Jacques, en pensée, je touche la pierre, je mets mon front, sur toutes les traces des pèlerins, pensant aux nombreuses rencontres de la route, et je contemple le regard émerveillé ceux que je retrouve, que j’avais laissé, qui vivent avec moi et que je ne vois plus, tant l’habitude de les fréquenter en fait des étrangers.

Oui, Seigneur, j’ai marché et je veux inscrire l’instant de ma rencontre avec toi, dans le silence de mon cœur pour mieux pouvoir la partager.

Le jour se lève, et je suis toujours devant le portail, je perçois la fumée de l’encens qui embaume la basilique. Je reste étonné, me découvrant si petit devant la cathédrale, je lève les yeux vers St Jacques, puis je gagne la crypte et je m’incline devant les reliques de l’apôtre, je te rends grâce, et je redis Notre Père, bien lentement, pensant à chaque mot, te demandant pardon pour toutes les fois ou je l’ai récité, prié sans grande foi.

Et comme Toi Seigneur, dans le silence de mon cœur, je salue ta Mère Marie, Notre-Dame de la Route, Notre-Dame des pèlerins de Compostelle et en cette année jubilaire, je récite le Je vous salue Marie pour que le monde entier ait la paix.

Guide ma vie et mon cœur vers toi Seigneur, vers toi Notre Père qui est dans les cieux, et que toujours ton nom soit sanctifié.

Peut-être que l’an prochain, certains d’entre vous partirons vers St Jacques de Compostelle, pour une vrai démarche de pèlerinage ? Rends-moi fort dans la foi…

Amen.

 

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