Homélie pour le 20ème dimanche A - 13 et 14 août 2011.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Chers Frères et Sœurs,

Comme beaucoup d’entre-nous Jésus est parti se reposer dans une maison amie, loin du tumulte de la foule et de tous ceux pour qui il avait multiplié les pains. Il est hors du territoire d’Israël, dans une région proche de Saïda et c’est là qu’une étrangère, une cananéenne, une Syro-phénicienne, précise  St Marc, vient lui demander la guérison de sa fille.

Beau dialogue entre elle et Jésus ; ferme, rapide, j’allais dire du tac au tac. Oh, elle s’est bien renseignée sur celui qu’elle interpelle. « Fils de David », « Seigneur » ! Rien ne manque, elle emploie les termes qui conviennent. Malheureusement elle se heurte à une fin de non recevoir, comme nous le faisons si souvent vis-à-vis des personnes qui nous importunent.

Mais les disciples sont là : « Donne-lui satisfaction ». La Cananéenne revient à la charge et rappelle le rôle des miettes données aux petits chiens. Et Jésus la regarde et l’exauce, car il trouve en cette femme une foi à transporter les montagnes. Et sa fille est guérie. Elle l’a trouvé étendue sur son lit et le démon qui la tourmentait était parti.

Quelle belle page d’Evangile ! Elle nous permet de méditer sur la bonté, sur la tendresse, sur l’amour que Dieu a pour nous tous. En effet, le salut de Dieu se fait tout proche, rappelle Isaïe ; sa justice va se révéler et tous ceux qui le suivront ; ils seront conduits sur la montagne sainte. Là, se trouvera une maison de prière et une maison pour tous les peuples. Toujours cette universalité, cette ouverture promise à ceux qui prient et ont un cœur ouvert. D’ailleurs quelques jours plus tard, Jésus fera de nombreuses guérisons autour du lac de Tibériade, pour bien montrer la gloire et la puissance de son Père et pour la deuxième fois, il multipliera pour eux les pains.

Oui, tous les hommes sont appelés à la sainteté et désormais, rappelle St Paul, le monde est réconcilié avec Dieu par le sacrifice du Christ Jésus sur la croix et par sa résurrection. Il montre sa miséricorde, et nous ici à Marseille, nous en avons été les témoins privilégiés au 18ème siècle, avec les annonces faites à notre visitandine mystique lorsqu’il parlait de conversion du cœur et de pénitence à la vénérable Anne-Madeleine Rémuzat. Oui, Jésus a ouvert son cœur et lui a montré son côté, pour nous dire combien il nous aime et nous en retour, nous essayons de revenir vers lui dans la repentance et la conversion.

En cette veille de fête de l’Assomption de Marie, comment ne pas mentionner et faire mémoire celui que l’Eglise nous donne comme modèle à suivre : c’est St Maximilien Kolbé.

Il est le fondateur de la Mission de l’Immaculée, spiritualité fondée sur le don de soi, total et sans réserve à l'Immaculée, pour devenir un instrument entre ses mains. Il sauvera combien de vies de Polonais, de juifs, et de combien d’étrangers, durant la 2ème Guerre Mondiale ? Le 17 février 1941, il est arrêté par la Gestapo, puis transféré en mai dans le camp d'Auschwitz, sous le matricule 16.670. Il ira  en juillet 1941, jusqu’à prendre la place d’un père de famille.

Ils sont enfermés à 10, dans un bunker souterrain du camp de concentration à peine éclairé par des ouvertures étroites. Bien que la faim et la soif poussent les condamnés à la folie de s'entretuer, après quelques jours seulement, le Père Maximilien Kolbé réussira à faire régner le calme et la piété entre les compagnons de cette tragédie, au moyen du chapelet, de prières et d'oraisons.

Après deux semaines de famine, seul le Père Kolbé qui a soutenu et vu mourir tous ses compagnons, est encore miraculeusement en vie. La place venant à manquer, il est exécuté d'une injection de phénol dans le bras. Son corps sera brûlé dans un four crématoire le 15 août 1941. Il sera canonisé par le pape Jean-Paul II le 10 octobre 1982.

Voilà jusqu’où va le don total de la personne qui a rencontré le Christ et qui témoigne de sa foi.

Comme lui, comme la Cananéenne, comme Anne-Madeleine Rémuzat, et bien d’autres, nous crions vers le Seigneur et nous lui disons : « Seigneur augmente notre foi ! » Et pour toute réponse, il nous présentera Marie sa Mère, la Théotokos, la jeune fille de Nazareth, choisie entre toutes les femmes, préservé du péché originel, celle qui l’a porté et la mis au monde, et l’a suivi sur le chemin de la Parole du Père et de la croix.

Frères et Sœurs, comme la Cananéenne, allons vers Jésus, pour lui demander notre guérison et soyons sûrs de l’obtenir. Amen. Mons. J-P Ellul.

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