Homélie pour le 1er juillet 2012 - 13ème dimanche - basilique du Sacré-Coeur de Marseille

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

dsc00026.jpg

Frères et Sœurs,

Approchons-nous de Jésus. Jouons des coudes et essayons de nous approcher de lui, malgré la foule qui l’entoure, pour découvrir et voir son visage, entendre ses paroles et les laisser résonner dans notre cœur, se sentir en communion avec lui, pour aller plus loin sur notre chemin de vie, en cette année missionnaire.

C’est vrai que pour nous, c’est plus facile ; plus facile que pour les foules qui le suivaient et qui ne le connaissaient pas encore. Elles ne savaient pas qu’il était le maître de la vie et de la mort, qu’il était « le oint », l’envoyé du Père. Ils ne voyaient en lui, qu’un homme rempli de puissance, à la voix forte et persuasive, qui touchaient le fond des cœurs et bouleversait l’âme et la vie. Mais souvent on n’allait pas plus loin. Le pouvait-on d’ailleurs, tant on attendait la délivrance d’Israël et la venue du Messie ? Le Messie, on ne savait pas d’où il viendrait ! Mais lui, on chuchotait qu’il était de Nazareth, que c’était un simple charpentier ! Alors pouvait-il faire des miracles, comme on l’avait entendu dire par ceux qui l’avaient déjà rencontré ? Oui, affirmaient les uns ; pour tous les autres, il faudrait voir de ses yeux pour croire.

Et le récit de St Marc que nous venons d’entendre, permettait aux premiers chrétiens de Rome, à qui ont annonçait l’évangile, la Bonne Nouvelle, par la prédication de l’apôtre Pierre, d’être placé dans l’immédiateté de la vie de Jésus, tout près de lui, pour suivre le déroulement des événements. Ils savaient déjà, car ils s’étaient convertis à « la Voie », qu’il était ressuscité d’entre les morts et que remonté dans le Royaume auprès du Père, l’Esprit qui faisait comprendre toute choses avait été répandu. Mais il fallait expliciter sa vie, le rendre présent, montrer à quel point les gens le suivaient et buvaient ses paroles, même si, pour la plupart, l’oubli, le reniement et l’abandon viendrait plus tard, lors de sa passion.

Sitôt arrivé sur l’autre rive, la foule vient vers Jésus. Ils le suivent en barque. On voit bien le lac de Tibériade qu’il traverse. Tous parlent des paraboles qu’ils essayent encore de comprendre et d’appliquer à leur vie, mais surtout la tempête apaisée qui les questionnent ; alors qu’il dormait dans la barque et il se réveilla et leur demanda pourquoi ils étaient des hommes de si peu de foi ! Et devant sa parole forte, commandant aux vents et à la mer de se calmer, ils resteront stupéfaits ! Jésus pose question à ses premiers disciples, et ils se disent entre eux : « Qui est-il celui-là… que même le vent et la mer lui obéissent ? »

C’est aussi le démoniaque que Jésus vient de guérir, qui lui fait de la publicité, car il se met à proclamer dans toute la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui et tout le monde était dans l’étonnement. Aussi qu’auriez-vous fait à la place de Jaïre ? Nous aurions agit comme lui ! Devant la gravité de la maladie de sa fille, il cherche celui dont on lui a parlé, celui qui peut tout ; il demande à la foule de le laisser passer et il est là enfin, devant Jésus, l’implorant pour sa petite fille. Et Jésus va laisser la foule et partir avec lui. Pas facile de se frayer un chemin, d’autant que ceux qui sont là, ne sont pas contents. Ils sont venus l’écouter et voilà qu’il part. Ce n’est quand même pas normal, aurions-nous dit !

« Et moi ? », se dit la femme victime de pertes de sang, « moi qui ai tant entendu parler de lui, qui suis venue de si loin ? Ne pourrais-je pas l’approcher ? »  Alors elle essaye, pousse sans retenue, arrive près de lui et enfin touche le bord de sa tunique et se sent guérie. Quelle foi profonde ! Quelle confiance ! Quel exemple pour nous tous ! Il me semble revoir les foules venant à St Victor pour les fêtes de la Chandeleur, toucher le manteau vert de la Vierge Noire ; ou les nombreux fidèles venant vénérer les reliques de Ste Thérèse de Lisieux. Religion populaire, démarche simple, que nous devons respecter, même si elle nous pose question. N’est-on pas là pour évangéliser et conduire au Christ ? Et le récit le démontre bien, car on lui avait dit qu’il pouvait tout et elle vient de s’en rendre compte dans sa chair ! Elle est guérie.

Chers Frères et Sœurs, avez-vous perçu comment Marc a composé son récit ? Il veut nous faire toucher du doigt que Jésus était très proche de ses contemporains, car Jésus tout entouré et pressé qu’il est par la foule, vient de sentir la force qui émane de lui et qui lui est donnée comme signe messianique.

Il est venu pour écouter et guérir, pardonner et relever, redresser et rendre libre, inaugurer une ère nouvelle, celle de l’amour et de la remise de nos fautes, qui témoignent de la grandeur de son Père. Ta foi t’a sauvée ! Et il dit à la femme qui a eu ce privilège : « Va en paix et sois guérie de ton mal ».

Combien de fois a-t-on espéré cette parole de Jésus, appliquée à  notre vie personnelle encombrée de tant de désespérance et de lassitude, devant le peu de progrès obtenu par la médecine. Parole de guérison aussi, pour ceux qui nous sont chers et pour qui nous demandons la même grâce. Combien de fois avons-nous obtenu du Seigneur qu’ils se relèvent, grâce à la force de la prière et que nous puissions nous aussi, reprendre une vie normale ? Oui, rendons grâce à Dieu et à Jésus son Fils, car l’Esprit Saint, nous fait comprendre, jour après jours, que c’est dans la confiance, dans l’espérance, que nous devons nous approcher de Jésus. D’autres, n’ayant rien obtenu sombrent dans la désespérance. Et pourtant la vie est là et l’on peut toujours espérer, dans la confiance et l’intériorité de la prière. Aussi prions pour eux !

C’est bien ce que veut nous montrer Marc, dans la guérison de la fille de Jaïre. « Ne crains pas, lui dit Jésus, crois seulement ! » Malgré les pleureuses, les cris, les quolibets de ceux qui sont là et qui se moquent et de sa démarche et de ses paroles, Jésus n’a qu’une solution : mettre tout ce monde à la porte, car il sait que le Père va opérer par lui et montrer la puissance de son amour.

Regardons sa main, mise dans celle de cette jeune fille de 12 ans ; ce beau geste pour la tirer du sommeil qui conduit à la mort et cette simple parole : « Talitha koum », qui résonne à ses oreilles la font se lever. Dis pour nous ces paroles, Seigneur Jésus, afin que nous puissions nous aussi nous relever du péché qui enserre nos âmes pour pouvoir vivre libre de toutes entraves.

Avez-vous remarqué que Jésus demande aux parents de ne parler à personne de cette guérison ? Comment l’ont-ils pu, alors que les voisins et la famille proche étaient là et suivaient de loin la scène ? Mais c’est parce que Jésus veut un rapport personnel avec lui, une confiance en ce qu’il est. Il veut inviter les parents à dépasser l’immédiateté de la guérison, pour rendre grâce, à celui qui opère ces miracles. Et ces signes de la puissance divine émaillent tout le parcours de la vie de Jésus. Les évangiles nous redisent inlassablement, qu’il est venu pour accomplir, être témoin du Père, être témoin de la Vérité. Oui, il veut montrer et démontrer, que Dieu son Père, n’est pas un Dieu vengeur et lointain, le Dieu de la mort, mais le Dieu de la vie, car il a crée l’homme pour une existence impérissable et qu’il a fait de nous tous, ce qu’il est lui-même. C’est le démon, l’esprit du mal qui vient déranger et vicier toutes choses. Jésus est là pour l’en chasser et ouvrir à larges battants les portes de la vie éternelle, pour nous introduire dans ce royaume, qui nous attend tous, où il n’y aura plus de larmes, de maladie et de mort.

Oui, Seigneur Jésus, donne-nous cette force de la foi ! Donne-nous de te prier sans cesse et de te faire confiance. Ne nous laisse pas succomber au doute, à la désespérance, au découragement, mais bien au contraire, rends-nous forts devant les épreuves. Par ta parole que nous venons de méditer, rends-nous sûrs de ton amour pour nous, amour qui nous renvoie vers nos frères pour témoigner que tu es venu dans le monde pour que nous puissions vivre de toi et par toi.

Relie-nous à toi par une charité qui ne passera jamais. Amen.img_1158.jpg

 

Commenter cet article