Homélie pour le 1er dimanche de l’Avent - 27 novembre 2011.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

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Frères et Sœurs,

Je vous souhaite une très bonne année.

Oui, bonne année liturgique, car dès ce dimanche commence l’année B, qui nous fera découvrir toujours et encore le mystère du Christ. C’est le texte de Marc qui accompagnera nos méditations.

Cette année sera plus particulièrement marquée par la mission dans notre diocèse et s’orientera vers l’année de la foi. Une année riche en évènements, car juste après Pâques, notre archevêque Mgr Georges Pontier, fera la visite pastorale de notre secteur Prado-Pardis-Corniche, et ce durant près de 3 semaines. Nous aurons à cœur de lui faire découvrir les richesses vécues dans cette portion de la vigne du Seigneur.

Puis, c’est en octobre prochain que nous célébrerons les 50 ans de Vatican II, « boussole pour l’Eglise de notre temps », comme aimait à le rappeler le bienheureux Jean-Paul II. Au-delà des critiques stériles, il nous faut, en relisant tous les textes du Concile, découvrir et voir comment s’est développée l’Eglise du Christ. L’Eglise qui sans cesse interpelle, invite à l’approfondissement de la foi, rayonne par toutes les propositions qui nous sont faites et qui interroge et provoque à un retour à la foi catholique pleine et entière.

Il en est pour preuve, le nombre de demande de baptêmes et d’entrée en catéchuménat, pour préparer ce sacrement, ou une première communion ou le sacrement de confirmation. L’Esprit-Saint est là, il veille et nous propose de veiller nous aussi, dans l’attente du retour du Seigneur qui vient s’incarner dans notre monde, comme un petit enfant, cet Enfant-Dieu que nous fêterons à Noël.

Cette année liturgique sera belle ! Belle par la perception que nous aurons de chaque messe, de chaque eucharistie, où votre participation pleine et entière nous comble de joie. Belle, car beaucoup continuent de retrouver le chemin de la foi.

Aussi, soyez persévérants et ne sombrez pas dans l’inquiétude ou la désillusion de toujours devoir attente, de toujours devoir vous convertir. C’est le rythme de notre vie, avec ses belles avancées et ses reculs dans le péché. Mais le Seigneur est là et il vient au secours de notre faiblesse.

Veiller pour ne pas être surpris ! Nous pouvons faire nôtre cette prière :

Seigneur tu le vois, je veille à ne pas tout me permettre, car je dois vivre de ton Evangile, je dois aussi partager et je veux prier plus intensément. Fais que je ne devienne pas tiède, mais remplis de ton amour, de tes dons, de tes charismes si importants, pour que tu puisses aussi passer par moi et par l’Eglise, qui m’a enfanté et donné la Foi.

Cet Avent nous rappelle également les longs siècles durant lesquels les chercheurs de Dieu vivaient dans l’attente du Messie, du sauveur promis par Dieu le Père. Et aujourd’hui, l’Eglise nous invite à partager ce même espoir.

Le Seigneur vient à notre rencontre. Il ne faut pas nous endormir dans nos certitudes, mais bien au contraire, aller à sa rencontre et veiller. Car le réveil pourrait être tragique. Jésus lui-même nous avertis : « Prenez garde, veillez, car vous ne savez pas le moment ! »  Nous sommes souvent tentés d’oublier le Jour du Seigneur. Ce jour, le jour de notre rencontre avec lui, dans ce face-à-face qui nous attends tous et ce jour viendra à l’heure où nous n’y pensons pas. Aussi demandons à Dieu d’avancer avec courage sur les chemins de la sainteté, de l’humilité, du pardon, à la rencontre de son Fils.

Nous l’avons perçu dans la première lecture. Au lendemain de la prise et de la ruine de Jérusalem par les armées de Nabuchodonosor, tout au début de l’Exil, cette phrase revient souvent sous la plume du prophète Isaïe : « Que Dieu vienne au secours de son peuple ! » Car Israël a sombré dans la ruine et la captivité : peuple dispersé, vigne saccagée, et c’est alors que le psalmiste supplie Dieu d’avoir pitié. Cette prière s’adapte bien au temps de l’Avent, car pour nous aussi, qui pourrait nous sauver de notre péché, sinon Dieu seul !

Donc pas de torpeur spirituelle durant ces 4 semaines de l’Avent ! La parabole du maitre qui part en voyage est à l’image de notre vie spirituelle : nous laissons les choses aller, nous nous habituons à avoir une vie spirituelle lisse, et même souvent nous oublions Dieu et notre prière quotidienne, car nous avons tant de choses à faire. Le matériel prend alors le dessus. Mais le Seigneur est là, il veille lui, pour que nous ne tombions pas dans la torpeur et dans l’angoisse. Il est là qui se tiens à la porte de notre cœur et crie au plus profond de notre être, en nous disant : « viens vers moi, viens à moi, continue de m’aimer, ne me délaisse pas ».

Pourquoi ne pas nous souvenir, durant cette semaine de la belle phrase qui termine la première lecture : « Seigneur tu es notre Père. Nous sommes l’argile, et tu es le potier, nous sommes tous l’ouvrage de tes mains ! »

C’est pour cela que nous sommes invités à une révision de vie, à une remise en question de nos mentalités, de nos habitudes de vie, de notre comportement tout entier. Son appel, nous le savons, est un appel à l’amour, à la confiance et à la joie. Car il vient pour seconder nos faiblesses et il chemine avec nous.

Alors en ce premier dimanche de l’Avent, entendons le Christ lui-même nous exhorter à attendre et à préparer sa venue. Oui, dès cette première semaine, écoutons l’avertissement du Christ !

Veillons et vivons intensément dans l’attente de son retour. Amen. J-P. Ellul.

 

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