Homélie pour le 18ème dimanche ordinaire - 31 juillet 2011

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

 

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Chers frères et Sœurs,

Les textes de ce dimanche et plus particulièrement la première lecture, tirée du livre du prophète Isaie, nous renvoient aux problèmes de la faim dans le monde et plus particulièrement ces jours-ci, vers la Somalie, où la population fuie la sécheresse et les combats.

Nous prions pour eux, nous qui nous plaignons souvent de nos conditions de vie. Ils seraient heureux de pouvoir boire et manger gratuitement, comme nous le dit Isaïe, avoir de l’eau, du pain et du lait, si le pouvoir en place et les conditions politiques leur en donnait l’occasion. Ce qui n’est pas le cas. Et ils ne sont pas les seuls dans le monde à souffrir de la faim et de la malnutrition.

Ce sacrement du pauvre, ce sacrement du frère dont parle souvent Mgr Pontier, notre archevêque nous rend solidaire de tous ceux qui souffrent, et avec nos tout petits moyens, nous essayons tous les 2èmes dimanche du mois, avec la quête Partage et Amitié, de pallier à quelques manques dans notre secteur pastoral. L’Eglise universelle, par son action caritative aident quotidiennement ceux qui sont dans les difficultés. Nous savons bien que cela est insuffisant !

Pour aller un peu plus loin dans notre méditation, si nous transposions les faits dont je vous parle à notre Eglise catholique : ne remarquez-vous pas que nos frères chrétiens ne semblent pas du tout affamé du pain Eucharistique ?

Le Seigneur nous a laissé le mémorial de sa passion, nous a donné son Corps et son Sang et peu en mesurent l’immense bienfait. Nos églises devraient être pleines de chrétiens, de catholiques, venant tous les dimanches recevoir ce pain de vie, des baptisés qui n’auraient de cesse de tout quitter, pour rejoindre la célébration eucharistique et n’omettrait jamais d’y participer.

Remercions le Seigneur pour le millier de fidèles qui en temps ordinaire, participent à nos Eucharisties au Sacré-Cœur. Mais les autres, tous les autres ?

C’est pour moi-même et pour notre équipe pastorale un souci constant : comment inviter à l’Eucharistie, comme faire prendre conscience que la messe du dimanche est indispensable ? Evidemment nous en parlons à ceux qui viennent demander les sacrements lors des préparations au baptême ou au mariage… Et aussi durant les célébrations, où les familles sont rassemblées et écoutent la Parole de Dieu. En faisant un rapide calcul, nous avons proposé près 6 mille feuillets de participation au baptême, avec les textes et les prières… ce qui permet une bonne participation de l’assemblée qui n’a pas souvent l’habitude de célébrer. Mais comment leur donner soif de la Parole de Dieu et du Pain de la Vie, eux qui n’ont pas pratiquement pas eu de catéchèse et ne savent même plus leurs prières usuelles du Notre Père et du Je vous salue Marie ? Ils en emportent d’ailleurs ces feuillets pour s’en servir pour apprendre à leurs enfants ou à leurs petits-enfants ces prières, indispensable pour notre vie chrétienne.

Malgré nos rencontres, malgré nos propositions, ils ne viennent que très peu ! Qu’est-ce qui a fait qu’ils soient si éloignés ?

Et vous devez penser à vos propres enfants, qui malgré l’éducation religieuse que vous leur avez permis ne mettent plus ou très peu les pieds à l’Eglise !

Vous vous demandez ce que vous avez raté ! Si ce n’était pas trop leur proposer ? Si vous ne les avez pas forcés ? Mais non, vous avez voulu leur donner la possibilité d’être de vrais chrétiens, mais c’est eux ne n’ont pas suivi. C’est dommage et nous devons prions pour qu’ils reviennent un jour vers l’Eglise…

Jésus a expérimenté cela ! Ces foules sans pasteurs, comme délaissées : il est venu vers elles, il a multiplié les pains et guéris les infirmes, leur a parlé au cœur ! Beaucoup se sont détournés, l’on trahis, l’ont mis à mort sur une croix !

En ce dimanche de la multiplication des pains, demandons au Seigneur de poser un regard d’amour sur tous nos enfants et sur tous ceux que nous lui confions. Je vous propose de vous unir à cette prière  :

- Regarde Seigneur nos enfants : nous leur avons donné la possibilité de te suivre. Fais que l’Esprit-Saint répandu dans leur cœur, leur donne de te reconnaître et de revenir vers Toi. Qui sait, si en ces temps de vacances, ils ne rencontreront pas quelqu’un qui portera témoignage et qui touchera leurs cœurs.

- Regarde-nous Seigneur : avons-nous vraiment toujours faim et soif de ton Corps et de ton Sang ? Comment recevons-nous l’Eucharistie ? Sans penser que tu te donnes à nous, venant communier avec habitude, sans chercher à comprendre ?

Ou bien au contraire, conscients que tu es la présent, avec ton Corps, comme tu l’étais au bord du lac de Tibériade, lorsque tu multipliais les pains. Je prends désormais la résolution de communier avec plus de respect, avec une grande prière intérieure, avec une âme pure, avec conscience que tu viens en moi.

- Je suis pécheur, mais je demande ton pardon. Ce pardon tu me l’accordes toujours ; c’est pour cela que je vais changer de vie, mettre mes pas dans les tiens, me rendre compte que tu es là, toujours avec moi. Seigneur tu m’aimes, je le sais. Merci pour ton pardon, merci de me donner la force de témoigner de ta résurrection. Je reçois le pain de la Vie Eternelle ! Qu’il soit pour moi nourriture pour la route où tu me conduis !

- Je pense en ce temps de vacances, à tous ceux qui n’ont pas l’Eucharistie, par maque de prêtres, et qui sont affamés spirituellement. Donne des vocations à ton Eglise Seigneur, et multiplie les bienfaits de ta miséricorde.

Car j’en suis conscient, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

 

 

 

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