Homélie pour la Solennité de Toussaint...

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null Frères et Sœurs,

Je voudrai vous souhaiter une bonne fête, vous qui êtes des saints ! Non, ne soyez pas étonnés, ou surpris. Cette fête est notre fête, puisque nous cheminons sur la route de la sainteté.
 

Etre un saint ! C’est ce que nous recherchons constamment dans notre vie chrétienne. Oui, être un saint, une sainte, des hommes, des femmes, des jeunes, ou des toujours jeunes, conscients de nos responsabilités d’annonciateurs du Christ ressuscité, et ce malgré nos défauts et nos péchés ! Mais dans nos vies, il n’y a pas que cela. Malgré les difficultés ou la maladie, il y a la joie, l’espérance, le pardon, le partage, l’amour du Christ, le retour vers Dieu dans la découverte de son amour.


        Est-ce que nos défauts ou nos péchés ralentissent notre désir de sainteté ? Oui, je le crois, et c’est pour cela que l’Eglise nous donne les moyens de changer de vie, de devenir meilleurs, de mieux comprendre, en cette fête de tous les Saints, quelle est notre vocation. Nous avons tout à notre portée ; tout à porté de main, tout à porté de cœur. Car ce désir de Dieu, la capacité de le voir, de le connaître et de l’aimer est en nous.
 

La Toussaint, n’est-ce pas la vocation de tout homme à devenir Saint ? Entrons quelques instants dans ce processus de remise en forme spirituel.  Nous n’oublierons pas notre vie donnée aux autres. Le sens du respect. La prière quotidienne. Avez-vous pensé à votre consécration baptismale ? Le fait que nous soyons conscients, d’avoir été plongés dans la mort et la résurrection du Christ, pour mener cette vie nouvelle d’enfants de Dieu ? Et la Confirmation, ces dons dans l’Esprit qui viennent parfaire notre foi… Et l’exemple de la Vierge Marie qui est notre modèle de notre sainteté,

 

N’oubliez pas les 20 siècles de christianisme, avec la grande geste de tous les témoins qui nous ont précédés. Mais, plus proche de nous, des témoins : ces témoins qui, dans nos familles ont vécu de la sainteté du Christ, fragiles, grands et confiants dans la foi. Une vie si humble souvent. Qui ne pense pas à cet instant, à l’un de ses grands-parents, ou a ses parents, à un être cher, qui malgré la rudesse de la vie, ont tenu bon sur le chemin de la fidélité à l’Evangile.


       Pour eux, comme pour nous, la parole donnée avait du poids, la vie sacramentelle était bien suivie, le sacrement de mariage se voulait définitif, consacrant l’un à l’autre, deux êtres qui faisait alliance, sous le regard du Christ et devenant une même chair.


      Ne croyez-vous pas qu’ils avaient eux aussi, des différents, des difficultés, des affrontements ? Mais ils les sublimaient par leur don total au Christ. Ils avançaient dans la recherche, dans la profondeur, dans la certitude que Dieu existe. Certains diront qu’ils avaient la foi du charbonnier ? En sommes-nous si sûrs ?


       Leur foi, comme la nôtre, était forgée au contact quotidien du Christ dans la prière. Ils avaient ces réflexes chrétiens, puisés dans la spiritualité, que l’on pourrait croire aujourd’hui dépassée, mais qui à fait ses preuves : imaginez combien de silences, pour ne pas blesser ; combien de regards d’amour, pour maintenir l’autre dans la confiance et le faire grandir ; combien de temps passé à accompagner, à écouter surtout, et quelque fois à ne rien dire de blessant, pour nous laisser grandir, devenir adulte, devenir de bons chrétiens ? Oui, Seigneur combien de fois, ont-ils donné du temps pour nous accompagner sur ce chemin de Vie Eternelle ? Combien de fois ?


       En cette fête de Toussaint, nous pouvons les remercier ; leur dire combien nous leur sommes redevables pour cette vie en Christ, pour ce regard bienveillant, ce regard d’amour que nous posons sur nos semblables. Dire avec eux, que la colère n’apporte rien, sinon des mots qui dépassent la pensée, blessent et tuent parfois.


       Grands témoins de nos familles, vous n’êtes pas du passé, vous êtes ici, vous êtes « assis à nos côtés », vous êtes en nous, avec nous. Oui, en ce dimanche de fête, nous voulons retrouver dans notre mémoire, ceux qui nous ont précédés, cette foule immense de témoins que l’Eglise nous donne de contempler.
 

En cette année sacerdotale, voyez-vous cette longue cohorte de prêtres, de religieux, de religieuses, qui marchent vers l’Agneau en nous faisant signe ? Ils ont lavé leurs vêtements dans son sang, et sont heureux de nous avoir apporté la Parole de Vie Eternelle. Nous leur devons tant : heures de catéchisme, prières en commun, patronage, d’œuvres de jeunesse, colonies de vacances, écoute et conseils spirituels en confession, remise à neuf de nos cœurs d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes.
 

Ils nous ont fait grandir en sainteté, et aussi nous les saluons, nous les remercions, et nous prions avec eux. Voyez, ils sont accompagnés, par toutes ces âmes qui chantent le cantique de l’Alliance Nouvelle et qui ensemble, escortés par les anges, vont vers le trône de Dieu.
 

          Palmes à la main, ils sont là, ils nous invitent à n’avoir plus peur. Bien au contraire, ils nous disent de marcher à la rencontre du Christ ressuscité, sans fléchir et sans réticences.

 N’est-ce pas pour cela, Frères et Sœurs, que depuis un moment, nous ressentons cette joie au fond de notre cœur ? Car c’est avec eux, que nous préparons notre avenir en Dieu !

           Nous sommes venus célébrer cette Eucharistie et prier en union avec tous les saints, connus ou inconnus ; ils nous donnent de vérifier que nous aussi, nous sommes les « saints » de cette Eglise, d’une sainteté qui reste encore à parfaire évidemment, mais des sanctifiés par la grâce baptismale, nous configurant à celui qui est tout Amour et qui vit pour toujours à nos côtés.


              Merci à l’Eglise de nous inviter à éviter la médiocrité pour nous établir en sainteté. Merci à notre pape Benoît XVI, de nous parler comme il le fait si souvent, nous enjoignant d’être toujours à l’écoute du Christ et de sa Parole, afin que l'effort pour approfondir les mystères de la foi, soit toujours illuminé par l'amour de Dieu ! A notre archevêque, pour son témoignage sur le mystère de la fête de Toussaint, « qui est cette vision de l’autre vie, de l’aboutissement de notre existence. Nous sommes faits pour Dieu, écrit-il, nous n’allons pas vers le néant. Se laisser laver par le Christ, c’est vivre les béatitudes que nous avons entendues. » La sainteté de tous les élus nous rejoint.


        Seigneur, est-ce que je vais devenir un saint ? La réponse et dans notre cœur, dans notre vie, dans notre désir de conversion.
 Ne tardons pas à en prendre les moyens. Ils sont à notre disposition. Après, il sera trop tard.

         Bonne fête de Toussaint, Frères et Sœurs, bonne fête avec Marie, reine de tous les Saints. 

         Amen.

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