Homélie – 3ème dimanche - 27 Janvier 2013 Basilique du Sacré-Coeur de Marseille.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

 

Chers  frères et Sœurs,

        La Semaine de Prières pour l’Unité des Chrétiens se termine, et nous avons été très nombreux de par le monde, à prier pour que « tous soient un », comme le Christ le demande.

        Les propositions scripturaires de ce 3ème dimanche, dans le temps de l’Eglise, sont intéressantes, car elles nous permettent d’approfondir la vie et le message de ceux qui nous parlent de la venue du Christ.

En effet, nous avons entendu parler de Néhémie, d’Esdras, de St Luc, précisant qu’il s’est documenté, avant d’écrire son ouvrage qu’il complétera, par la vie de la première communauté chrétienne avec le livre des Actes des Apôtres.

Et c’est ainsi que la première lecture et l’Evangile, nous parlent de retour, de renouveau, d’approfondissement de la foi, de la reconnaissance et de l’écoute de la Loi divine, comme une préparation à la venue de Jésus, qui lui, vient accomplir la Loi et les Prophètes « in Nomine Domini », au nom de Dieu son Père.

        Je vous propose de faire un bond, dans le temps et dans les siècles, pour nous retrouver en Israël, alors que les Juifs reviennent de l’Exil à Babylone. Cyrus leur a permis de partir. Tous ne le feront pas, bien assis près de leurs marmites de viandes, ne voulant plus rebrousser chemin, tant ils sont bien  installés.

Et pourtant, ce que nous appelons « le petit reste », lui repart pour réensemencer la foi dans le pays de leurs ancêtres. Nous nous situons dans le temps de l’Exil entre les années 585 et 538.

        Voici que se présente à nos yeux Néhémie. Il vient d’être nommé gouverneur de Juda et va écrire, pour que les générations se souviennent des événements passés. « Souviens-toi mon Dieu, ‘en bien’, de tout ce que j’ai fait pour ce peuple ! » Il a été échanson à la cour du roi et dès son arrivé à Jérusalem, il va entreprendre la reconstruction des murailles de la ville, et ce en 52 jours !

Avec lui, paix sociale, allègement des impôts, pour les habitants, qui sont un peu plus de 50 mille. Et voilà qu’Esdras, le scribe, vient arriver avec les exilés ; il faut donc purifier le Temple de Dieu, du moins ce qu’il en reste ; essayer de demander à ceux qui se sont unis avec des étrangères, de revenir à la foi de leurs ancêtres, et de se séparer de leurs épouses, et enfin, il est temps de prendre date, pour la cérémonie officielle de la lecture de la Loi du Dieu Tout Puissant. Ce sera le premier jour du 7ème mois. De l’aube à midi, Esdras la lit, on l’explique, car certains ne comprennent plus la langue et cela, il le fera durant 7 jours.

On est donc dans une liturgie du retour, de la découverte. C’est ce que St Luc nous propose, dans l’évangile de ce jour. Le Peuple de Dieu qui revient chez lui pour l’attente du Messie, et des siècles plus tard, tous ceux qui en Israël, disent que les temps sont accomplis pour son retour.

On est au seuil de l’accomplissement, de la réalisation des promesses.

Eux vont donc reconstruire le Temple, le second, dont il reste le mur occidental, témoin de la magnificence de la Maison où reposait l’Esprit de l’Eternel, là où les Juifs pieux vont prier.

En Palestine, c’est la découverte de Jésus, venu de la part de Dieu, qui envoie son propre Fils, pour expliquer et vivre la Loi. Lui aussi parlera du Temple, construit durant 46 ans, et que lui rebâtira en 3 jours. Vous vous rappelez de l’incompréhension de ses auditeurs ; mais lui parlait de son corps !

Pour les uns c’est le retour d’Exil, de Babylone à Jérusalem ;  pour Jésus, après son baptême et l’appel des premiers disciples, c’est chez lui, qu’il revient et  qu’il inaugure sa mission. Lui aussi se lève pour lire le livre du prophète Isaïe et commenter ce passage : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle ».

La Loi donnée par Moïse ; la Parole, le Logos, en Jésus, Fils du Père Eternel, voilà ce à quoi la liturgie de ce dimanche nous invite.

Et Luc, qui nous présente son ouvrage, destiné vraisemblablement à un catéchumène, qui ne veut pas révéler son nom. Il l’appelle cher Théophile et souligne qu’il s’est renseigné exactement sur ce que Jésus a dit et vécu.

En fait, nous qui parlons de St Luc, proclamons l’évangile de Luc ; qui est-il vraiment ?

L’église primitive parle de lui, comme d’un médecin et disciple de St Paul. Jamais le fait n’a été contesté par les auteurs anciens ! On dira également, peut-être plus tardivement, qu’il était peintre, et en fait, il l’est bellement dans ses descriptions dans l’Evangile. Fra Anglico aurait-il pu peindre l’Annonciation, sans les précisions qu’il nous a données ?

Il est originaire d’Antioche, grec de naissance et d’éducation et fier de l’être ; toujours très précis, s’exprimant dans une langue distinguée. Il a rencontré tout jeune, des païens convertis qui lui ont parlé de Jésus, mort et ressuscité, remonté au ciel, et qui l’on vraisemblablement baptisé.

C’est à Troas, dans les années 50, que Luc rencontrera Paul qui en est à sa 2ème grande expédition apostolique, Et c’est ce fameux Saül, celui qui, sur le chemin de Damas, est tombé de cheval, entendant les sublimes paroles du Christ, qui le fait recevoir par Ananie, qui le baptise. Paul sera son « illuminateur », lui donnant l’intelligence du mystère de Jésus-Christ.

Il le suit en Macédoine, puis s’en sépare, quand l’Apôtre des Nations gagne Thessalonique, en compagnie de Silas. Mais plus tard, vers 56-57, Luc le retrouvera à Philippe, et se rend avec lui à Jérusalem.

Paul est emprisonné et Luc retrouve des témoins oculaires qui ont vécu avec Jésus, dont Jacques, le frère du Seigneur et quelques anciens de Jérusalem, et plusieurs des saintes femmes et des disciples de la première heure.

Sûrement que Marie, la Mère de Jésus, lui est présentée ; elle doit avoir, disent les textes anciens, entre 75 ou 80 ans et ses confidences lui seront précieuses, pour écrire les récits de l’enfance.

Puis, quand Paul part pour Rome, Luc s’embarque avec lui, et en arrivant, aide Pierre et Marc à propager les paroles évangéliques de Jésus. Les anciens le font mourir à l’âge de 84 ans, en Bithynie, ayant toute sa vie, et dès son enfance, gardé la chasteté.

Voilà, Chers Frères et Sœurs, j’ai voulu rapidement vous présenter ces grands témoins, dont nous parlent les textes en ce dimanche.

Car en cette Année de la Foi, en ce temps de Nouvelle Evangélisation, il était opportun, je pense, de découvrir leur vie, afin que nous-mêmes, nous puissions parler du Christ, autour de nous, avec joie et intrépidité.

St Paul nous parle de la communauté chrétienne et de ses membres et il a raison de nous rappeler les charismes, qui nous sont donnés par l’Esprit, qui nous animent, nous demandant de nous respecter les uns les autres, sachant que nous sommes complémentaires et que ce qui doit sous tendre nos actions, c’est la foi en notre Seigneur Jésus Christ.

Allons, mettons-nous à la suite de ces grands témoins et essayons de faire comme eux. Nous serons sur la bonne voie, celle qui conduit au Christ Seigneur qui nous attend dans la paix de son royaume et nous donne le courage d’être forts dans la foi. Amen.

Mons. Jean-Pierre Ellul.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article