Eglise St Charles - Homélie

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

A l'Eglise St Charles, rue Grignan, dont je suis également le recteur, et où nous avons eu en 2011, plus de 10.000 visiteurs, non compris les fidèles qui participent aux messes dominicales... la liturgie est célébrée en latin (lectures en français), chantée en Grégorien, suivant le missel du Bx Jean XXIII, de 1962.

Ainsi le cycle de la liturgie n'est pas le même que dans le calendrier de l'Eglise universelle et donc l'homélie porte sur le 2ème dimanche après l’Epiphanie, avec la lecture de St Paul aux Romains sur les dons divers reçus par chacun (Rom. 12, 6-16) et l'évangile est celui du miracle de Cana au chapitre 2, 1-11 de St Jean.

Dimanche 15 Janvier 2012.             

 Chers frères et sœurs,

Voilà que se termine le cycle de Noël, où nous avons pu contempler le mystère de l’Incarnation. Marie, Joseph, Jésus, nous étaient montrés dans leurs pérégrinations où toutes les difficultés les attendaient ; ils avaient obéis à l’ordre qui leur demandait de se rendre dans leur pays d’origine pour le recensement.

Les temps où elle devait mettre au monde de Fils de Dieu étaient accomplis et c’est une simple mangeoire qui recevait le Fils du Père Eternel, chair prise de notre chair, dans une humilité totale, contemplée par la Vierge Marie et celui qui devait conduire ses premiers pas. Mais les anges étaient là pour interpeller les bergers, ceux qui étaient repoussé dans les campagnes et dormaient dehors, honnis de leurs contemporains, mais les premiers appelés à aller contempler ce que le Seigneur avait fait pour eux, la naissance du Messie-Seigneur, né dans la ville de Bethléem.

            Puis ce seront ces étrangers, universels contemplateurs du Roi-Messie, venus de loin, pour s’incliner devant l’Enfant, grâce à l’étoile qui les guidait. L’humanité connue en ces temps-là venait vérifier ce que le Seigneur Sabahot avait fait pour elle ; désormais elle avait un sauveur, né d’une femme, en tout soumis à la loi, en tout, sauf le péché.

Ils devront repartir par un autre chemin, et ce sera, dès qu’Hérode l’apprendra, le massacre de ces jeunes enfants, de ces saints innocents, assassinés par haine de celui que les Mages nommaient le Roi des Juifs, et dont Rama entend encore les plaintes des mères à qui les enfants étaient arrachés, pour témoigner, premiers témoins qui en engendreront d’autres, quand après l’Ascension et la Pentecôte, les premiers chrétiens subirent le même sort.

L’Egypte, là d’où son peuple partit pour la Terre Promise, sera sa terre, et c’est là que l’enfant Jésus fera ses premiers pas, comme s’il reprenait à son compte la marche vers la mer des roseaux, puis le passage à pied sec de cette mer qui s’ouvrit pour laisser passer son peuple. Quand ils reviendront, ils s’établiront à Nazareth, et là il grandira en sagesse et en taille devant Dieu et devant les hommes. Joseph lui servira de guide ; lui apprenant l’art de la menuiserie et peut-être qu’il travaillera le bois dans la ville basse de Séphoris, œuvrant avec lui pour monter, scier et clouer. Le travail bien fait, la fatigue, tout cela le Fils de Dieu l’a appris et mis en pratique, nous montrant le chemin du travail, de l’honnêteté, de la fierté, et pour nous, de cette parcelle de divinité qui nous permet de créer.

Il apprenait la Thora à la synagogue et sera devant les docteurs, à Jérusalem celui qui, allant dans la profondeur des questions, étonnera ces maître de la Loi et des Prophètes.

Mais le temps venu ; il faudra partir sur les routes de Galilée, pour annoncer la Parole de Père. Après sa mort et sa résurrection et son ascension dans le ciel, lorsque l’Esprit-Saint remplit l’âme et le cœur des apôtres au jour de la Pentecôte, on rappellera pour que nous en soyons témoins, tous les faits et gestes du Seigneur Jésus.

C’est pour cela que ce cycle après Noël, dans notre liturgie dominicale, nous dévoile à nouveau, le mystère du Christ, de ses paroles et de ses gestes, qui sont pour nous autant de catéchèses qui nous permettent de nous rapprocher de sa divinité, faisant de nous des témoins intrépides. Pour les évangiles synoptiques, la chronologie de sa vie, permettra aux premiers chrétiens de retrouver celui -Dieu d’amour- en qui ils ont mis leur foi, en recevant le baptême et d’en témoigner jusqu’au martyr.

Pour Jean l’évangéliste, ce seront les signes qui accomplissent la mission du Christ qu’il proposera, et le premier, sera de l’eau changée en vin lors des noces à Cana.

Nous connaissons tous le symbolisme de cette péricope de son évangile au chapitre 2. Jean nous conduit dans la maison où se tiennent les noces, fêtes qui durent plusieurs jours. La Vierge Marie est déjà là et Jésus arrive avec ses disciples. « Voici l’Agneau de Dieu », dira Jean Baptiste après qu’il l’eut baptisé dans les eaux du Jourdain, alors que deux de ses disciples vont désormais suivre Jésus. « Venez et voyez » leur dira-t-il, alors qu’il est presque 4h de l’après-midi. Désormais ils accompagneront le Maître et seront témoins de ses miracles.

Le vin manque ! Marie est là toute attentive. La réponse de Jésus en un peu brutale, mais il va quand même accomplir le signe de l’eau changée en vin, ce vin qui symbolise déjà l’Eucharistie, mais également l’alliance nouvelle en son sang, répandu pour la rémission de nos péchés, ce sang précieux du Seigneur avec l’eau qui jaillit de son côté, lorsqu’il est en croix, nous donnant les sacrements de l’Eglise. St Jean en est le témoin privilégié. Car ce qu’il écrit, il l’écrit pour nous, afin que nous en soyons, nous aussi les témoins, et que nous puissions, sous l’action de l’Esprit-Saint, transformer en nous, tout ce qui est péché, tiédeur, lâcheté.

Qu’en cette messe, Frères et Sœurs, nous puissions continuer de convertir nos cœurs et nos vies. Et la Vierge Marie, comme à Cana, encore aujourd’hui, nous dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ! »

Et nous répondons dans notre cœur, avant de chanter notre credo, notre acceptation, notre oui. Oui, nous nous mettons à l ’écoute du Christ ; oui, nous allons essayer, encore une fois, d’être témoins d’amour et de paix, et qu’en cette année missionnaire, proposée par notre archevêque pour tout le diocèse, nous seront des propagateurs de l’amour divin, avec les dons que St Paul vient de rappeler dans sa lettre aux Romains, et cela sans honte, mais avec la conscience que Jésus est notre sauveur et notre Dieu, et qu’il n’y a pas d’autre nom par qui nous soyons sauvés.

A lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Mons. Jean-Pierre ELLUL.

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