Dieu est miséricorde, il nous pardonne, il nous aime.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

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Homélie pour le 5ème dimanche de Carême -  17 mars 2013.

 

Des bruits de pas, les cris d’une femme … Jésus s’interrompt, alors qu’il parle du Royaume, au peuple qui se presse en foule, pour l'écouter.

Et là, devant lui, toujours ces scribes et ces pharisiens ! Que veulent-ils encore ? Ils lui emmènent une femme, surprise en état de péché d’adultère. Ils vont bien voir quel comportement aura Jésus, devant une telle femme, car la Loi le dit : on doit la lapider !

Etonnement des auditeurs, Jésus s’arrête de parler et viens de se baisser, trace des traits sur le sol, puis, les renvoyant à leur propre conscience, leur répond : « Que celui qui est sans péché, lui jette la première pierre ! »

Nous connaissons la suite : ils partent les uns après les autres, laissant cette femme en face de Jésus. Alors Jésus se lève, la regarde et lui dit : « Va en paix  et désormais ne pèche plus ! » La foule est surprise et se dit : il peut nous pardonner, à nous aussi ?

Grandeur de la miséricorde du Seigneur ; réponse que personne n’attendait ; et pour les pharisiens, honte de repartir, sans avoir pu le prendre en faute. Mais ils n’ont pas dit leur dernier mot, ils feront tout pour le faire mettre à mort.

Ces derniers jours de carême, nous permettent de nous remettre en cause, d’être renvoyés à nous-mêmes, de nous poser ces questions fondamentales : allons-nous vers Jésus, pour l’écouter et l’entendre nous enseigner, en ouvrant l’Ecriture, en ouvrant les Evangiles ? Ne sommes-nous pas, comme cette femme, à commettre l’adultère sous toutes ses formes ? Car sous ce qualificatif, sous ce nom, nous pouvons mettre combien de nos comportements ?

Manque total de prière, alors que nous sommes baptisés ; péché de la chair, de la concupiscence, péché d’impureté, seuls ou avec d’autres, et souvent commis, avec l’aide de nos ordinateurs, qui sont comme des portes, trop souvent ouvertes, sur le mal et sur le péché.

Mais également, péchés très nombreux en pensée, en parole, en actions ; péchés contre notre prochain, péchés contre nous-mêmes, avec tous ces manques de pardon, ces silences complices, ce visage d’hypocrite, qui sourit et semble écouter, alors que notre cœur fulmine et pense au mal intérieurement.

Péchés encore plus graves : celui de la désespérance, manque de foi en Dieu en croyant que Dieu nous abandonne et que nos prières ne sont pas exaucées. Plus terrible encore, celui de nous croire abandonnés de Dieu, et de nous détourner de Lui pour toujours, car nous n’avons pas obtenu ce que nous lui demandions.

Frères et Sœurs, relevons la tête, regardons plus haut que notre peur, sortons de notre torpeur spirituelle ! Jésus est là, il cesse de tracer des traits sur le sol avec son doigt. Il se lève, nous regarde et nous dit : « Je ne condamne pas, car je t’aime, mais ne pèche plus ; va demander la réconciliation de tes fautes et de tes péchés, délaisse l’esprit du mal, va te confesser et reviens vers moi !

Alors, que ferons-nous ?

Laisserons-nous sans réponse, l’appel qu’il nous adresse dans le secret de notre cœur ? Certainement pas et au contraire. Dès aujourd’hui, nous recommençons à demander pardon, en toute confiance, à nous sentir vraiment aimés, libérés de nos fautes, remis en état de marche spirituelle. Nous nous étions éloignés de notre Dieu, nous revenons vers lui, car nous savons qu’auprès de lui est l’amour, la miséricorde et le pardon.

Nous nous sommes surpris en état de péché, de fautes « mortelles », celles qui nous éloignent du Dieu d’amour, trois fois saint ? Nous demandons à l’Esprit-Saint, de nous « booster » hors de ce cercle infernal, qui sans cesse nous aspire et nous maintient dans ses griffes.

Nous voulons aller vers la lumière, nous voulons revenir au Seigneur notre Dieu, et tant pis si nous perdons tout ce que nous chérissions et que nous croyions indispensable : une seule chose compte : le Christ ! Lui seul nous donne la vie ! Lui seul, nous permet de marcher à sa rencontre, dans l’attente de le retrouver un jour dans le royaume.

Frères et Sœurs, revenons à notre Dieu d’amour et de tendresse. Un chrétien, c’est celui qui est du Christ. Un chrétien, c’est celui qui met tout en œuvre, en cette année de la foi, pour permettre cette nouvelle évangélisation, dont nous avons tous, tant besoin. Trop de nos contemporains sont loin du Christ, loin de Dieu ; à nous de leur montrer le chemin, comme le fait désormais, le pape François, pour qui nous prions en cette Eucharistie.

Que Dieu le garde fidèle et lui donne force et santé pour conduire notre Eglise dans la joie et la paix. Il nous a déjà montré le chemin, fait de simplicité et de joie, nous rappelant que l’esprit du mal est toujours là, pour nous accaparer et nous détourner de l’Evangile. Comme St François d’Assise, il veut être dans l’abandon total à Dieu, sous le regard de Marie.

Aussi, comme lui, en cette dernière semaine de Carême, qui nous mène aux Rameaux et à la célébration de la Résurrection, recherchons le Christ, suivons-le sur le chemin de la croix, et soyons dans l’attente de son retour glorieux. Amen. J-P Ellul.

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