DECLARATION DE Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Déclaration de Mgr Pontier au sujet du projet de loi autorisant le mariage pour les personnes de même sexe :
pourquoi nous opposons-nous à ce projet de loi ? Que pouvons-nous faire ?

"Les médias s’en sont fait l’écho : les évêques de France, rassemblés à Lourdes pour leur assemblée plénière, ont clairement pris position contre le projet de loi consistant à modifier substantiellement le contenu du mariage civil au point de le dénaturer.
Il ne s’agit pas là d’un mépris pour les personnes homosexuelles, ni d’une incapacité à entendre les appels au respect que ces mêmes personnes expriment. Avec beaucoup, nous condamnons les moqueries et les brimades qu’ils disent subir de multiples manières.

Pourquoi nous opposons-nous à ce projet de loi ?

  • Parce que le mariage est une institution qui organise et soutient les relations, les engagements, les droits et les devoirs réciproques au sein de la société : elle s’appuie sur les relations homme/femme, père/mère, fils/fille, frère/sœur. Elle se préoccupe de son avenir.
  • Parce que le mariage n’est pas le lieu de la reconnaissance par la société des relations amoureuses entre les citoyens.
  • Parce que les enfants sont le fruit de l’amour entre un homme et une femme. Ils trouvent auprès d’eux un père et une mère qui leur apportent la richesse de leur complémentarité.
  • Parce qu’il n’y a pas un droit au mariage, ni un droit à avoir des enfants, et encore moins à celui d’en obtenir par toutes sortes de moyens.
  • Parce que les enfants ont le droit de connaître ceux qui les ont engendrés, d’être ainsi insérés dans une lignée, d’être éduqués par eux et de les nommer : papa et maman.
  • Parce que ce projet est une mauvaise réponse à une souffrance exprimée, une réponse qui va créer bien d’autres souffrances et fragilités en bousculant les repères fondamentaux.
  • Parce que quelque chose de très profond est atteint dans ce bouleversement culturel et anthropologique.
  • Parce que tout cela se fait à la hâte, sans un temps de débat approfondi, alors que la question est grave et ne revêt pas un caractère d’extrême urgence.

Que pouvons-nous faire ?

  • Réfléchir, nous former, débattre, informer, argumenter, parler autour de nous. Le site de la Conférence des évêques de France offre de nombreux repères.
  • Envoyer à nos députés et à nos sénateurs une lettre, personnelle si possible, de préférence à des pétitions toutes faites.
  • Demander que les élus ne soient pas soumis à la discipline de groupe lors des votes à venir.
  • Exprimer son point de vue de toutes les manières qui soient respectueuses des personnes et de la légalité, sans se faire récupérer par des initiatives dont on ne connaîtrait pas les origines.
  • S’opposer à toute forme de mépris pour les personnes homosexuelles.

Bien sûr, nous nous appuyons sur tout ce que nous apporte la révélation judéo-chrétienne, même si nous ne l’exprimons pas en tout premier : la reconnaissance du statut essentiel du couple homme-femme étant un bien universel. Mais nous accompagnons aussi nos démarches de la prière pour l’éveil de la conscience de tous les hommes, et pour que le Seigneur nous aide à trouver la juste manière d’exercer nos responsabilités dans les débats actuels."

                                                                          + Georges Pontier
                                                                     Archevêque de Marseille

Publié dans Divers

Commenter cet article