ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE - 15 AOÜT 2011 - Sacré-Cœur.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Frères et soeurs, chers amis,

Ce beau chant du Magnificat vient souvent sur nos lèvres, lorsque nous célébrons les merveilles du Seigneur. Et la plus belle des merveilles de Dieu, n’est-ce pas la Vierge Marie ?

Avec son âme et avec son corps elle monte au ciel où l’attendent la Sainte Trinité, du Père, du Fils et de l’Esprit, pour la couronner de la gloire et de la splendeur de l’Eternel.

Son « Fiat », son acceptation totale, son « oui » lors de l’annonce de l’ange Gabriel à Nazareth, a fait d’elle, la mère du Verbe du Père Eternelle. Oui, c’est dans le mystère du Christ que s’éclaire pleinement le mystère de la vie de Marie. Le Concile d’Ephèse lui donnera le titre de Mère de Dieu, Théotokos, priée ici à Marseille dès le Ve siècle sous l’impulsion de St Jean Cassien, parce que, par le Saint-Esprit, elle a conçu en son sein virginal et a mis au monde Jésus-Christ, le Fils de Dieu, consubstantiel au Père.

Ainsi donc, par le mystère du Christ, le mystère de sa Mère resplendit à l’horizon de la foi de l’Eglise. Le dogme de la maternité divine de Marie, fut pour le Concile d’Ephèse et désormais pour nous tous, c’est-à-dire pour l’Eglise, comme un sceau authentifiant le dogme de l’Incarnation, selon lequel le Verbe assume véritablement, dans l’unité de sa personne, la nature humaine sans l’abolir.

Pendant le Concile de Vatican II, le pape Paul VI proclama solennellement que Marie est la Mère de l’Eglise, c’est-à-dire la Mère de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des Pasteurs. Et plus tard, en 1968, dans la Profession de foi connue sous ne nom de « Credo du peuple de Dieu », il reprendra cette affirmation avec encore plus de force en disant : « Nous croyons que la très sainte Mère de Dieu, nouvelle Eve, Mère de l’Eglise, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes rachetées. » Nous savons, par les Actes des Apôtres, que Marie, dès l’origine de l’Eglise, a toujours été présente avec les disciples, assidue à la prière. Nous savons aussi par la tradition orale, qu’elle serait partie vivre un temps à Ephèse avec St Jean, mais que c’est à Jérusalem que se terminera son séjour terrestre.

« Dormition », « Assomption » : déjà au IIème siècle, St Justin et St Irénée de Lyon, célèbrent et exaltent la sainteté de Marie et dès le 6ème siècle elle est honorée sous ce vocable, jusqu’au Concile de Mayence en 813 où l’on parlera alors plus habituellement d’Assomption de Marie.

Mais pour enraciner cette fête importante, qui était déjà célébrée par toute l’Eglise, c’est en 1637, que le roi Louis XIII consacrera le royaume de France à Marie. Le fils qui naîtra sera appelé Louis-Dieudonné, et ce sera le roi Louis XIVème du nom. Le 15 août sera depuis, célébré avec une plus grande ferveur.

Je voudrais rappeler brièvement que c’est en 1950, que le pape Pie XII, à l’occasion de l’Année Sainte, donnera une définition précise du dogme de l’Assomption de Marie. Le Pape écrit : «C’est pourquoi l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus Christ, d’une manière mystérieuse, par “un même et unique décret” de prédestination, Immaculée dans sa Conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du Divin Rédempteur, qui remporta un complet triomphe du péché et de ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges, d’être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils, déjà auparavant, après sa victoire sur la mort, elle fut élevée dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où Reine, elle resplendirait à la droite de son fils, Roi immortel des siècles» (Const. ap. Munificentissimus Deus, AAS, 42 (1950), 768-769).

Chers frères et sœurs, avec cette fête de l’Assomptions de Marie, l’occasion nous est offerte de regarder notre vie, à la lumière de la sienne, de voir ainsi si elle s’inscrit dans la ligne de l’Evangile.

Puisque nous sommes baptisés, aimés de Dieu, pardonné sans cesse, le Seigneur a décidé de faire en nous et par nous de grandes choses. Pour lui permettre de réaliser son plan d’amour, essayons toujours et encore de marcher à ses côtés. Notre participation à l’Eucharistie, nos prières personnelles et le chapelet quotidien récité, prié dans notre basilique peuvent nous y aider. Et nous-même, en égrenant nos « Je vous salue Marie », nous sommes introduits dans ce mystère d’amour qu’elle a vécu. Comme elle, nous sommes unis à Jésus son Fils, elle qui nous dit, comme elle le fit à Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Vierge Marie, notre Mère, toi que nous prions sous le beau vocable de Notre-Dame de La Garde, de Notre-Dame de France, de Notre-Dame d’Afrique, de Notre-Dame du Sacré-Cœur, donne-nous force et courage afin que nous puissions rayonner de l’Evangile et affirmer notre identité de chrétiens, de catholiques, notre foi en Christ, en union avec tous ceux qui, dans les divers lieux de pèlerinage qui te sont consacrés, nous soyons unis les uns aux autres, comme nous le sommes avec le pape Benoît XVI, notre archevêque et tous les jeunes de Marseille et du monde entier qui célèbrent à Madrid durant les JMJ, les merveilles de l’amour partagé. Vierge Marie, nous te saluons. Prie pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Mgr. J-P Ellul.

 

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