Année de la Foi - Homélie pour le 28ème du TO – 14 oct. 2012.

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Annee-de-la-Foi.jpgChers Frères et Sœurs,

La semaine qui s’achève a été riche en évènements ecclésiaux !

-         Ouverture du Synode sur la nouvelle évangélisation, dimanche dernier,

-         50ème anniversaire du Concile Vatican II et 20ème anniversaire de la parution du catéchisme de l’Eglise catholique et ce jeudi 11 octobre…

-         Le début de l’Année de la Foi.

"Va, vends tout ce que tu  possèdes et suis-moi ! " 

Radicalité de l’Evangile. Jésus appelle, propose de le suivre, mais sans rien, qui encombre. Lui seul peut combler notre cœur et notre vie. Et vous l’avez bien remarqué, même les deux premiers textes de la Parole de Dieu qui encadrent l’Evangile de ce jour, sont précis, clairs et nets. Recourir à la Sagesse et à l’intelligence avec une richesse qui nous donne d’emboîter  le pas « des désirs de Dieu ». Rechercher et trouver dans la Parole de Dieu, vivante et énergique, tout ce qui nous permet d’annoncer que Christ est ressuscité et d’en vivre.

        Comme cet homme dont l’Evangile nous parle, combien de fois avons-nous couru derrière Jésus ? Combien de fois, nous sommes-nous mis à genoux devant Lui ? Combien de fois, avons-nous posé la question de la Vie Eternelle ?

C’est toute notre vie qui est ordonnée à cette recherche ; mais nous sommes incapables de tout vendre, de tout donner, de tout quitter, de devenir pauvre de cœur. Vous l’avez entendu dans l’Evangile : même les disciples étaient stupéfaits des paroles prononcées par Jésus. Eux, ils avaient tout quitté pour le suivre, mais leurs richesses, leurs biens si jalousement gardés, devaient-ils aussi s’en séparer ? Jésus, parlant du chat de l’aiguille et du chameau les déconcertent encore plus. Qui alors peut-être sauvé ?

Oui, c’est vrai que pour nous, cela semble impossible, mais pas pour Dieu, pas pour l’Eglise, qui nous propose d’emprunter une route qui nous mène à la conversion du cœur et nous permet de nous mettre en marche vers le Royaume.

« Je suis le chemin, la vérité et la vie » nous dit Jésus et par ces paroles il se réfère à l’unique chemin qui conduit à la sainteté. C’est vers lui que nous devons regarder, c’est lui notre modèle.

En cette Année de la Foi, Jésus vient nous redire que si nous quittons ce qui nous retient loin de lui, tout nous sera donné au centuple et la vie éternelle de surcroît.

Mais comment essayer de vivre cela, si nous ne sommes pas alertés, interpellés par ces paroles du Christ ? Il faut revenir à l’essentiel : la redécouverte du Christ et de l’Eglise, qui propose ce chemin de conversion, pour mieux vivre de son Evangile. Les temps changent, l’Eglise reste.

Le monde entier, notre pays, l’Europe ont besoin d’être évangélisés. Et les Pères du synode l’ont bien compris et c’est une urgence pour notre temps.

Combien de médias diffusent une présentation de la foi chrétienne remplies de fausses vérités, voire de calomnies, pour désinformer le public ? Et les Pères se demandent comment faire, devant les signes préoccupants de l’hostilité systématique qui régnent un peu partout.

L’Observatoire européen de la christianophobie, a pris acte de beaucoup de cas de discrimination et de violence contre les chrétiens… dans presque tous les pays européens, surtout pour les catholiques. On assiste à une disparition de la mémoire du christianisme…

Mais pourtant des signes d’espérance sont là, tangibles. Les communautés chrétiennes, les paroisses, qui ne baissent pas les bras et proposent toujours plus, s’engagent toujours plus avant, dans l’engagement évangélique et caritatif; voyez les JMJ et les nombreux jeunes qui prennent le risque de vivre leur foi chrétienne dans leurs milieux de vie ; mais aussi les propositions missionnaires qui émaillent l’année, allant vers les autres pour leur parler du Christ.

Les communautés nouvelles, grande bénédiction pour l’Eglise, avec tout ce que l’Esprit-Saint y inspire et fait s’accomplir ;  et je voudrais mentionner qu’ici, chez nous, la communauté du Cœur de Jésus, qui fêtera ses 35 ans de présence au sein de notre paroisse, de notre secteur, de notre diocèse et qui a tant apporté, participe à ce renouveau ecclésial. Aussi je vous invite à venir nombreux, dimanche prochain, 21 octobre à la messe de 11h, au cours de laquelle nous rendrons grâce au Seigneur et à la Vierge Marie, pour tout ce qui est vécu. Avec d’autres, c’est sûr, car dans notre paroisse, combien aussi, œuvrent pour annoncer le Christ. C’est souvent discret, petit, ténu, mais cela existe. Tout cela c’est l’Eglise !

Le Pape Benoît XVI l’a rappelé au cours des différentes eucharisties de cette semaine.  « L’Eglise existe pour évangéliser. Dans notre temps, l’Esprit-Saint a aussi suscité dans l’Eglise, un nouvel élan pour annoncer la Bonne Nouvelle, un dynamisme spirituel et pastoral qui a trouvé son expression la plus universelle et son impulsion la plus autorisée dans le Concile Vatican II. Ce nouveau dynamisme de l’évangélisation, produit une influence bénéfique sur deux branches spécifiques qui se développent à partir d’elles : à savoir, d’une part l’annonce de l’Evangile, à ceux qui ne connaissent pas encore Jésus Christ et son message de salut, et d’autre part, la nouvelle évangélisation, orientée principalement vers les personnes qui, tout en étant baptisées, se sont éloignées de l’Eglise et vivent sans se référer à la pratique chrétienne. »

Et dans notre paroisse, le catéchuménat nous invite à nous retrouver pour y réfléchir et oser le pas !

A la messe d’ouverture du Synode, dimanche dernier, le Pape a évoqué également le thème du mariage, consécration d’un homme et d’une femme, sous le regard du Créateur, pour vivre dans l’amour et l’harmonie, mais aussi la vie des deux docteurs de l’Eglise qu’il venait de proclamer : « St Jean d’Avila, vivant au 16ème siècle, qui fut un grand connaisseur de l’Ecriture Sainte et doté d’un ardent esprit missionnaire, pénétrant profondément dans le mystère de la rédemption, homme tout donné à Dieu unissant la prière constante à l’action apostolique….

Et Ste Hildegarde de Bingen, belle figure féminine du 12ème siècle, qui fit tellement pour la croissance de l’Eglise en son temps, se montrant comme une femme d’une intelligence remarquable, que le Seigneur dota d’un esprit prophétique et d’une facilité à discerner les signes du temps ».

Puis, ce fut ce jeudi, où il souligna que « la chose la plus importante, surtout en cet anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, était de raviver, dans toute l’Eglise, le désir d’annoncer à nouveau le Christ, à l’homme contemporain… ; il faut revenir aux textes de ce concile et le St Père d’insister fortement sur ce point, car la référence aux documents, protège des excès ou d’une nostalgie anachronique et de courses en avant… et permet d’en saisir la nouveauté dans la continuité. Le concile n’a rien produit de nouveau en matière de foi et n’a pas voulu en ôter ce qui est antique. Il s’est plutôt préoccupé de faire en sorte, que la même foi, continue à être vécue aujourd’hui, continue à être une foi vivante, dans un monde en mutation ».

Chers Frères et Sœurs, avec Benoît XVI, nous pouvons dire que « si aujourd’hui l’Eglise propose une nouvelle année de la foi, ainsi que la nouvelle évangélisation, ce n’est pas simplement pour célébrer un anniversaire, mais parce que c’est une nécessité, plus encore qu’il y a 50 ans…

Les dernières décennies ont connu une « désertification spirituelle ». C’est le vide qui s’est propagé et c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire… Dans ce désert, on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain, les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables…

La foi vécue, ouvre le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui plus que jamais, évangéliser signifie rendre témoignage d’une vie nouvelle, transformée par Dieu et ainsi indiquer le chemin ».

C’est par ces phares du St Père, que nous concluons cette méditation, en demandant au Seigneur et à la Vierge Marie, d’éclairer le chemin de la foi que nous emprunterons tout au long de cette année, dans la joie renouvelée et la paix du cœur. Amen. Mons. Ellul.

Références :

Benoît XVI -Discours d'Ouverture du Synode sur la Nouvelle Evangélisation. 

Synode - O. Romano en français : Propositions pour l'Europe.

Homélie Benoît XVI - 11 oct. Messe de l'Ouverture de l'Année de la Foi.

 

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