A Stéphane RAYNAUD

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Obsèques de Stéphane célébrées le mercredi 15 décembre 2010 à 15h

en l’abbaye de St Victor de Marseille.

 

Ses amis très nombreux sont venus entourer Jocelyne et Patrice, ses parents, ainsi que Caroline, sa soeur. Des prêtres du diocèse de Marseille et des prêtres du Couvent des Dominicains, trois organistes, de beaux témoignages d'amis de Stéphane, au cours de l'Eucharistie qui nous a rassemblé. Voici l'homélie de la messe des funérailles sur des textes de la Parole de Dieu : St Paul aux chrétiens de Thessalonique, le psaume 85 et l'évangile de la résurrection de Lazare dans le texte de St Jean.

 

Homélie

Stéphane,

Le Seigneur nous rassemble autour de toi cet après-midi. Déjà ce matin, on t’a rendu hommage. Ici, à St Victor, en cette eucharistie, avec nos frères prêtres, avec nous tous, c’est toute ta vie que nous présentons au Seigneur. Il l’a connaît, mais il est bon, alors que tu es encore avec nous, d'en témoigner. Tes amis viennent d’évoquer ce que tu as vécu avec eux… Tu accomplis ton retour vers la demeure du Seigneur. Combien de fois es-tu parti de ta maison pour aller là où la médecine t’aidait à surmonter ta maladie ? Combien de fois ?

Désormais tu repose au milieu de nous, sans aucune entraves ou perfusions, sous ces voûtes multi-séculaires, qui gardent la mémoire de tant de célébrations monastiques diocésaines et paroissiales, surtout pendant l’octave de la Chandeleur. Tu as toi-même pris ta place dans cette longue cohorte de celles et ceux venus y prier, renaître en Dieu, demander la paix, implorer le pardon du Seigneur et vénérer la Vierge Noire, la Théotokos, Notre-Dame de Confession.

Tes yeux qui viennent de se fermer, se sont ouverts désormais sur la lumière du Royaume. Tes mains, qui ont reçu l’Eucharistie, Corps et Sang du Christ, se tendent vers ce Dieu Vivant qui t’accueille. Lui qui nous a donné sa Parole d’amour, qui nous a montré son cœur, qui a donné sa vie pour nous sur la Croix et dont les membres ont été transpercés pour le pardon de nos péchés…. Oui, avec lui, tu as pris ta place dans les souffrances du Christ, pour son corps qui est l’Eglise.

Cette Eglise, tu en fais partie depuis ce 29 août 1982, jour de ton baptême, ce baptême que je t’ai donné de mes mains, qui t’a configuré au Christ et envoyé proclamer et dire qu’il est Vivant ? Te rappelles-tu l’Eucharistie, Pain de vie que tu as reçu au milieu de ta famille et de tes amis rassemblés ce 11 juin 1989 ? Ta Profession de foi, ta Confirmation ? Et les photos qui te représentent habillé en berger, en roi Mage ? Tu as pris place de cette longue démarche des Santons de notre ville de Marseille, allant vers la crèche, comme Maurel l’avait souhaité, convertissant leurs cœurs en chemin.

Et puis tu as grandi… Ce chemin de vie, t’a conduis du collège au lycée, puis à la faculté de pharmacie et de médecine, et tout ce temps passé dans le silence, dans l’étude, dans la recherche… c’est  distendu, lors des prémisses de ta maladie. Mais tu as continué, espérant un mieux être…Toi, tu savais ce que tu avais !

Nous, surtout tes parents ta sœur, ta famille, celle qui t’était proche, nous attendions des nouvelles, avec la retenue et le respect que tes parents ont toujours eu … pour te laisser ce qui te restait de vie à vivre, répondant à nos questions, mais n’accaparant jamais l’espace du dialogue pour parler de toi… Ils ont toujours espéré contre toute espérance, mais toi tu savais et tu laissais faire.

Désormais, tu n’es plus rattaché à une machine qui respire pour toi, tu n’es plus dans une bulle stérile qui t’éloigne de nous, tu ne souffres plus, car tu es en Dieu, dans la lumière et la paix. Tu es tout près de Jésus. Tu rencontres ceux que tu as connus sur cette terre. Tu vois tous ceux qui t’ont précédé, et nous tous qui sommes tous autour de toi… tes parents, Caroline, ta famille et tes amis ; nous sommes dans l’espérance, malgré notre tristesse et notre deuil, nous… nous savons que tu es vivant auprès du Christ ressuscité.

Comme Lazare, tu es sorti du tombeau de ta maladie, comme lui ; comme lui on a détaché les bandelettes qui te retenaient ; tu as marché dans ton esprit et dans ton cœur jusqu’au dernier instant de ta vie, où ton souffle, le souffle d’un jeune homme plein d’avenir, s’est trouvé remis en Dieu Trinité. Tu étais tiré de la poussière, comme le dit le psalmiste, tu vas retourner à la poussière… dans la continuité de ce qui doit mourir en nous. Mais ce qui ne meurt pas de toi, c’est tout ce que tu nous as apporté et que nous garderons comme le témoignage que tu nous as donné : aller toujours plus loin, sans faillir, dans l’espérance, dans le désir de vivre pleinement, avec grande fierté et abnégation.

Tu étais un jeune chrétien, tu témoignais et tu connaissais l’amour que le Christ avait pour toi, toi qui l’as si souvent approché autour de cet autel de St Victor, où tu le servais avec fidélité, toi qui as si souvent accompagné, tes doigts posés sur le clavier de l’orgue, les célébrations du couvent de nos frères dominicains.

Emporte avec nous toutes nos intentions de prières, place-les tout près du Cœur du Christ, mets-les devant Marie, et regarde venir, du lointain des siècles, - (mais y-a-t-il un lointain dans le Royaume, où tout est dans l’immédiateté de l’amour ?) - … regarde venir près de toi, Etienne, ton saint patron… Il nous redit qu’il voit « les cieux ouverts et le Fils de l’homme assis à la droite de Dieu »… et puis voit St Victor et ses compagnons, les Victorieux, St Isarn, qui fut ici, en l’an mil, un témoin de la paix, de la trêve de Dieu, et aussi Guillaume de Grimoard, le bienheureux pape Urbain V, dont nous avons si souvent évoqué la mémoire avec le Père Paul Amargier et bien d’autres encore … Ils t’entourent pour te dire l’amour immense de celui qui t’accueille.

Comme pour Etienne, que le Seigneur reçoive ton esprit et ton âme… Nous sommes tous avec toi, tes parents, ta famille et tes amis. Demande au Seigneur, en ce temps de l’Avent, de préparation à Noël, de nous envoyer sa lumière, pour que notre peine soit plus douce et que nous puissions témoigner de sa résurrection. Oui, Stéphane, repose en paix. Amen. Jean-Pierre ELLUL.

Publié dans Divers

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