A la paroisse St Charles - Fête du Christ-Roi de l'Univers (missel de 1962 - dernier dimanche d'octobre)

Publié le par Recteur de la Basilique du Sacré-Coeur de Marseil

Homélie pour la fête du Christ Roi de l’Univers 

Eglise St Charles 30 octobre 2011.

Chers Frères et Sœurs,

         Cette fête du Christ Roi nous remet devant le visage du Christ, couronné de gloire et de splendeur, que le livre de l’Apocalypse à si bien définit en disant : Il est l’Alpha et l’Oméga ! Il est, il était et il vient, le Maître-de-tout.

« Parle, commande et règne, nous sommes tous à toi ».

Du moins ceux qui reconnaissent le Christ comme leur Dieu et sauveur, le Fils bien aimé du Père, mort pour nos péchés et ressuscité dans la gloire. Ses souffrances rédemptrices, ses chutes sur le chemin du calvaire, ses douleurs venant des clous qui le retenaient au bois d’ignominie, sa mort sur la croix, nous ont valu notre rédemption et la vie éternelle. Désormais le bois du supplice est devenue signe salvateur. Jésus, le Christ ressuscité, est vivant, il règne, et son règne n’a rien à voir avec la domination ou l’orgueil. C’est un roi doux et humble de cœur, qui nous entraîne à sa suite, pour devenir et être nous-mêmes d’humbles annonciateurs de la foi. Nous voyons et contemplons son visage ; dans ce visage, nous y voyons le Père et l’Esprit Saint, et nous avons que, sous le vocable de ce Dieu, des trois personnes de la Sainte Trinité ; de ce Dieu trois fois saint, nous avons reçu le baptême, sacrement qui fait de nous tous, ayant revêtus le Christ, des témoins intrépides de la foi.

         C’est dans un écœurement total, que nous voyons bafoué le visage du Christ Notre Seigneur, et comme tant d’autres nous en sommes indignés.

Comment peut-on supporter, sans réagir, que l’on salisse le visage du Fils de Dieu et que l’on se permette, au nom de la liberté d’expression d’attenter à notre foi ? La « christianophobie » est désormais en marche, avec ses concepteurs, ses chantres, ses en-dessous, qu’il nous faut mettre au jour et dénoncer. Sous couvert d’art, d’expression artistique, de création, peut-on tout se permettre ? Peut-on attenter à nos conceptions religieuses sans que personne ne réagisse ?

J’ai rencontré de nombreux artistes lorsque j’étais responsable d’Art, Culture et Foi dans le diocèse de Marseille. J’ai vu et discuté avec des personnes en indélicatesse avec l’Eglise, d’autres avaient des comptes à régler avec Dieu et très souvent, en entrant en dialogue avec eux, quelle souffrance sourdait de leurs écrits, de leur peinture, de leur sculpture. La plupart s’essayaient à donner un début d’explication, retenus devant les réactions que cela pouvait provoquer. Tous étaient quand même conscients, que la part de créativité qu’ils avaient reçue venait de plus haut et certains parlaient de puissance divine.

On était loin de ces provocations infantiles, où sous couvert de liberté et de respect de l’œuvre crée, on se permet de salir Dieu, le Christ, et l’Eglise. Mais pour qui se prennent-ils ? Croient-ils que les chrétiens, les catholiques, les hommes et femmes de bonne volonté resteront comme ils en avaient souvent l’habitude, bouche bée et sans réactions ?

Bien au contraire ! Le temps de la veulerie, du regard bobo, de la peur est terminé. Nous devons défendre l’honneur de notre foi chrétienne. Et n’allez pas me dire, que quelques communiqués, piqué à la marge de « la langue de buis », peuvent arranger les choses et nous permette de nous faire entendre. Non, au contraire !

Les jeunes réagissent et ils ont raisons ! On les traite de fanatiques, peut-être pour certains, mais où sont tous les autres ? Il y en a, certainement, mais il y a également des jeunes conscients de l’insulte infligé au Fils de Dieu. Mais de suite le politique s’en mêle ; droite, gauche, extrême : on respecte les uns, on salis les autres, on les traite de rétrogrades, de retardataires, jusqu’à ce que des évêques, de prêtres et jusqu’au le Père Guy Gilbert, qui ne peut être taxé de toutes ces insinuations, et d’autres encore, disent haut et clair leur désapprobation et leur dégout, devant que ce qui se montre sur cette scène parisienne, que l’ on a expurgé et dont l’œuvre avait déjà été offensante au Festival d’Avignon !

Pourquoi ce blasphème et cette provocation gratuite ? Oui, je sais, le fond de la pièce est comme une supplique devant la déchéance et la souffrance d’un homme ; je sais aussi combien il est difficile de regarder l’autre en le grandissant, devant la maladie qui le détruit ; mais a-t-on besoin de jeter des couches souillées sur une photo grandeur nature ou le Christ est représenté et d’en faire flotter l’odeur, au cas où l’on aurait pas bien compris, de la caillasser ?

Depuis je prie pour l’auteur de cette pièce. Ressent-il les réactions que cela provoque ? Comment peut-il vivre comme si rien ne se passait ? Quelles questions se pose-t-il. Mais nous connaissons ses réponses, et en en parlant, nous lui faisons malheureusement de la publicité !

Si l’on a des comptes à régler, mais pourquoi ne pas aussi s’en prendre aussi à la représentation de Dieu que les autres religions proposent à leurs fidèles ? Même le sociologue bien connu Odon Vallet, d’affirmer qu’il y a aujourd'hui une inégalité de traitement entre religions, aux dépens du christianisme. Je cite : "Il est évident que, si au lieu du portrait du Christ, il y avait eu celui de Mahomet ou de Moïse, la pièce ne serait pas passée, par crainte d'une islamophobie raciste ou d'un antisémitisme aux relents nauséeux. C'est vrai qu'on défend moins les convictions des croyants chrétiens en se disant qu'ils seront plus tolérants. Cela pose problème". Fin de citation.

 Oui, car on aurait trop peur d’être attaqué, et tous les lobbyings connus se lèveraient comme un seul homme, pour faire interdire l’œuvre, annuler les représentations, boycotter la presse. Nous, nous avons droit à un communiqué, je le disais, à la langue de buis, où à une grande démonstration d’humilité, excusant tout ! Allons, laisserions-nous tout faire et tout dire sur notre Seigneur Jésus-Christ, sans réagir ?

 

Mais non, pour nous on envoie des policiers et des gendarmes, étonné de voir des jeunes prier et manifester en silence, chantant des cantiques, presque désolé de devoir obéir aux ordres, et pour la plupart, leur donnant raison et contraints de les faire monter dans les cars de polices pour être conduit dans un Commissariat. C’est à la fois consternant et pitoyable !

Alors que nous faut-il faire ? Prier pour cet artiste et pour tout ceux qui dans quelques semaines, ont programmé des œuvres aussi regrettables, qui n’ont plus aucun respect des autres. Prier, pour que, nous aussi, nous soyons assez forts pour ne pas répondre par la violence aux provocations.

Oui, la prière sur nos lèvres et dans nos cœurs. La prière, comme Jésus au jardin de Gethsémani, la prière, avec les paroles qu’il prononça sur la croix, qui doivent être dans nos bouches, après avoir gravi, comme lui, le chemin qui mène au calvaire, tombant sous les coups de ceux qui nous veulent du mal, et qui savent que cela nous fera mal, à l’intime de nous-mêmes, de notre foi, de nos valeurs chrétiennes. Et comme Jésus nous redirons encore et toujours : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Avant la résurrection du Christ Jésus, on pouvait croire qu’il n’était qu’un homme, un simple prophète. Mais après plus de 20 siècles de christianisme, on sait que Jésus de Nazareth, est le Fils de Dieu qui s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et qu’il lui a conféré le nom qui est au dessus de tout nom, afin qu’à son nom, tout genoux fléchissent, au ciel, dans les abîmes et sur la terre, et que tout être proclament, que le Seigneur, c’est Jésus-Christ à la gloire de Dieu le Père.

Cette fête du Christ-Roi de l’Univers, nous permet une fois encore, de fortifier notre Foi. Le Saint-Père, le pape Benoît XVI nous le dit dans sa lettre sur la Foi : (6.) Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants : par leur existence elle-même ; dans le monde, les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur Jésus nous a laissée. La Constitution dogmatique Lumen gentium affirme : «Tandis que le Christ, ‘saint, innocent, sans tâche’ (He 7, 26), n’a pas connu le péché (cf. 2 Co 5, 21), venant seulement expier les péchés du peuple (cf. He 2, 17), l’Église, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. ‘L’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu’, annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (cf. 1 Co 11, 26). La vertu du Seigneur ressuscité, est sa force, pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés, qui lui viennent à la fois du dehors et du dedans, et de révéler fidèlement, au milieu du monde, le mystère du Seigneur, encore enveloppé d’ombre, jusqu’au jour où, finalement, il éclatera dans la pleine lumière ».(…)

(…) En effet, la foi, se trouve être soumise plus que dans le passé à une série d’interrogations qui proviennent d’une mentalité changée qui, particulièrement aujourd’hui, réduit le domaine des certitudes rationnelles à celui des conquêtes scientifiques et technologiques. (…) Aussi nous tiendrons le regard fixé sur Jésus Christ, « à l’origine et au terme de la foi » (He 12, 2) : en lui trouve son achèvement, tout tourment et toute aspiration du cœur humain. La joie de l’amour, la réponse au drame de la souffrance et de la douleur, la force du pardon devant l’offense reçue, et la victoire de la vie, face au vide de la mort, tout, trouve son achèvement, dans le mystère de son Incarnation, du fait qu’il s’est fait homme, qu’il a partagé avec nous la faiblesse humaine pour la transformer par la puissance de sa résurrection. En lui, mort et ressuscité pour notre salut, trouvent pleine lumière les exemples de foi qui ont marqué ces deux mille ans de notre histoire de salut. »

Notre archevêque le souligne dans sa lettre pastorale : « Il nous faut revenir au Christ, approfondir toujours plus notre amitié avec lui, mieux le connaître, goûter sa présence, lui redonner la première place dans nos vies personnelles, familiale, associatives, citoyenne. C’est lui notre lumière, notre chemin, notre vérité, notre vie. » (page 8)

Que le Christ-Roi de l’Univers, nous permette d’annoncer son message d’amour, puisée dans sa Parole. Qu’il fasse de nous tous, des croyants intrépides à défendre son message d’amour. Qu’il nous donne aussi de convertir notre cœur, pour essayer de devenir des saints, comme ceux et celles qui on tellement mit l’Evangile en pratique dans leurs existences, que l’Eglise nous les propose comme des modèles de vie.

Et ils sont nombreux à Marseille, ceux qui nous sont donnés en exemple. Avec eux, nous marchons dans cette grande cohorte, ayant lavé et purifié nos robes de vie, dans le sang de l’Agneau, venant vers son trône sacré, pour nous découvrir humbles et petits, mais grands, de la grandeur de celui à qui la gloire et la puissance, sont données, et qui règne désormais au milieu de nous, pour les siècles des siècles. Amen.

 Mons. Jean-Pierre Ellul.

Publié dans Homélies St Charles

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