LA PRIERE DU SEIGNEUR

Publié le par Mgr Ellul

                     Homélie pour le 17è dimanche – C

            28 et 29 juillet 2007 – Sacré-Cœur de Marseille

 

 

Seigneur, apprends-nous à prier ? Qui d’entre-nous n’a pas posé cette question au Seigneur ? De plus profond de notre joie, où dans des temps de détresse, cette question ne reste jamais sans réponse. L’Esprit Saint accompagne notre demande et y répond, comme Jésus dans l’évangile de ce jour. Prier le Notre Père ! Les premières générations chrétiennes en firent très tôt leur prière, s’appropriant ce texte transmis en araméen, en hébreu, en latin et en grec Ils la récitaient trois fois par jour. Transmise par les évangélistes Matthieu et Luc, nous la trouvons également dans la Didachée, ouvrage qui rapporte les prières de la primitive église.

 

De très nombreux commentaires des Pères de l’Eglise, Grecs et Latins l’ont explicité, en faisant leur sujet de prédication, comme par exemple, Cyprien de Carthage, dont le Père Jean-Marie Adohou nous en donne une étude exhaustive mais également Augustin d’Hippone et bien d’autres. Ici à Marseille, Jean Casien au Ve siècle, nous en parle également. Cette année, sa fête est pratiquement passée sous silence, l’Eglise Universelle lui préférant Ste Brigitte de Suède. De même St Victor et ses compagnons, martyrs… Victor, le Victorieux, patron de la ville de Marseille, dont la célébration a été déplacée à une date ultérieure, a cause de l’éloignement des fidèles marseillais partis en vacances. Marie-Madeleine, elle, est fêtée dans le diocèse de Toulon et plus particulièrement à St Maximin-La Sainte Baume. Et que dire de Marthe et de Marie de Béthanie, dont la mémoire est omise également à cause de ce dimanche.

 

Ainsi le temps passe, l’oubli s’installe et l’on assiste impuissant à l’abandon des traditions. Sans parler de l’histoire des Saintes et des Saints de notre diocèse dont pratiquement personne ne parle plus. Méconnaissance et amnésie dangereuse pour les années à venir, coupant les Marseillais de leur enracinement dans la foi. Apprends-nous à prier ! Ils et elles, ces Saints de Provence, nous ont appris à prier, à témoigner de la foi, à mettre en pratique le Notre Père, qui est la Prière dominicale, qui est devenue leur et notre prière du cœur, car ils ont sût donner leur vie pour le Christ.

 

Ils furent ces orants, les bras levés vers le ciel, dialoguant comme Abraham, avec le Dieu tout puissant, pour qu’il ne détruise pas, pour qu’il pardonne et fasse miséricorde. Ils nous ont appris par leur vie toute donnée, à ne jamais nous désespérer, mais bien au contraire à rester dans la confiance et l’adoration du Christ Jésus, Notre- Seigneur. Désormais nous sommes réconciliés avec lui, car comme le dit St Paul dans la lettre aux Colossiens, par sa mort et sa résurrection, il a supprimé le billet de notre dette et des péchés qui pesaient sur nous, il les a annulés, en les coulant au bois de la croix.

 

Notre Père ! Oui Dieu nous aime, et il attend de nous que nous restituions cet amour envers les autres, que nous le bénissions afin que son règne d’amour arrive enfin dans notre monde, que nous pardonnions comme il l’a fait lui-même, que nous nous éloignons des tentations qui nous guettent quotidiennement. C’est ce qu’a pratiqué Victor, en témoignant devant ses juges de la mansuétude du Seigneur, allant jusqu’à la mort. C’est ce qu’a proclamé Marie-Madeleine le jour de la résurrection : Dieu nous aime, il nous a donné son Fils qui désormais est vivant, préfiguration de ce qui nous attend dans le royaume.

 

Et Cassien, maître de vie spirituelle, rappelle que nous n’avons pas d’autres moyens, pour être en état de vigilance et d’amour, que celui de la prière perpétuelle.

 

Prier sans cesse et être pur de cœur, sont une seule et même « béatitude » qui nous permet « de voir Dieu », c’est-à-dire d’éprouver dans « nos limites », quelque chose de son amour « sans limites ». Cette tranquillité de l’âme que nous recherchons tous, est le fruit de notre prière et de notre pureté du cœur.

 

Pour y parvenir, il conseille une formule courte, dans laquelle notre esprit peut se recueillir et revenir de sa dispersion ; il propose de dire très souvent : « Mon Dieu, viens à mon aide, Seigneur, viens à mon secours ». Cette prière doit être dite dans le secret du cœur, et elle se fait, de cœur à cœur et de personne à personne.

 

Essayons en ces temps de vacances ! Retrouvons la prière du Seigneur, savourons-là, prions-là avec toute la conscience des mots que nous prononçons, et non à la va-vite, sans en comprendre le sens. Nous nous sentirons tout proche de Dieu, et entendrons Jésus nous dire : « Le Père et Moi nous sommes Un ».

 

Que l’Esprit Saint vous inspire de belles prières en ces jours à venir, afin qu’avec Marie, la Théotokos, vous puissiez vous sentir aimé de Dieu. Amen. J-P Ellul 

 

 

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