St JoséMaria 2007

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour la Fête de St José Maria Escriva

Basilique du Sacré-Cœur – mardi 26 juin 2007.

 

 

 

Frères et Sœurs,

 

 Dieu à choisi St Josémaria pour offrir à tous les chrétiens conscients de leur responsabilité baptismale, un chemin de sanctification dans le travail professionnel, ainsi que dans l’accomplissement des devoirs ordinaire des chrétiens. Durant sa vie il nous à invité à prendre conscience de ce qu’était l’Eglise, notre Eglise, servante et pauvre, mais signe, colonne et « support de la vérité », comme le rappelle l’apôtre Paul à Timothée, elle qui a la charge de garder le dépôt de la foi, reçu des disciples du Christ, mais surtout de l’énoncer et de l’expliquer sans erreur, afin de conduire, tous ceux qui vivent dans ce monde, vers la parousie, qui est l’attente du retour du Christ dans la gloire.

 

Et dès 1928, « il voit », ce que l’Esprit lui fait toujours voir dans sa prière, ses retraites, ses temps de méditation : il voit la mission que le Seigneur veut lui confier : ouvrir dans l’Eglise un nouveau chemin, destiné à répandre la recherche de la sainteté et la réalisation de l’apostolat, à partir de la sanctification du travail ordinaire, dans le monde, … sans changer d’état.

 

Cette Eglise, ce monde, il les aime et ne demande pas, à ceux qui suivent ses conseils spirituels, de les quitter. Bien au contraire, c’est dans ce monde, voulu par Dieu, dans cette Eglise, qui est le sacrement de la rencontre du Ressuscité, qu’il veut que nous soyons.

 

Il ne cesse de répéter, dans ses homélies, ses rencontres personnelles, les interviews qu’il donne : « Le monde n’est pas mauvais, puisqu’il est sorti de la main de Dieu, puisqu’il est sa création, puisque Yahvé l’a contemplé et a vu qu’il était bon. C’est nous les hommes, qui le rendons laid et mauvais, par nos péchés et nos infidélités. N’en doutez pas : toute forme d’évasion hors des réalités quotidiennes est pour vous, hommes et femmes de ce monde, à l’opposé de la volonté de Dieu.

 

 Et c’est vrai qu’il disait déjà, dès le début des années 30, qu’il fallait savoir « matérialiser » la vie spirituelle. Car il veut éloigner pour ceux qui suivent ce chemin de sainteté, la tentation, si fréquente, de mener une double vie : d’un côté la vie intérieure, la vie de relation avec Dieu ; de l’autre une vie distincte et à part, la vie familiale, professionnelle, sociale, pleine de petites réalités terrestres… Non, il ne peut y avoir de double vie : nous ne pouvons pas être pareils aux schizophrènes - si nous voulons être chrétiens - ; il n’y a qu’une seule vie, faite de chair et d’esprit et c’est cette vie-là, corps et âme, qui doit être sainte et pleine de Dieu : et ce Dieu invisible, ce Dieu qui nous aime, nous le découvrons dans les choses les plus visibles et les plus matérielles. Un homme qui sait que le monde, et non seulement l’Eglise, est son lieu de rencontre avec le Christ, aime ce monde, tâche d’acquérir une bonne préparation intellectuelle et professionnelle, établit en toute liberté, ses propres jugements sur les problèmes du milieu où il évolue et par conséquent, il prend ses propres décisions, lesquelles, parce qu’elles sont les décisions d’un chrétien, procèdent d’une réflexion personnelle, qui tente, humblement, de saisir la volonté de Dieu dans les détails, petits et grands de la vie.

Dans une lettre manuscrite adressée à St Josémaria, le Pape Paul VI rappelait que : “Dans vos paroles nous avons remarqué la vibration de l’Esprit, brûlant et généreux, de toute l’Institution, née en ce temps actuel, comme expression de la constante jeunesse de toute l’Église…  Nous considérons avec une satisfaction toute paternelle tout ce que l'Opus Dei a réalisé et réalise pour le règne de Dieu ; le désir de faire le bien qui le guide ; l’amour fervent envers l'Église et sa tête visible, qui le caractérise, son zèle ardent pour les âmes, qui le pousse sur les chemins difficiles et ardus de l'apostolat, par la présence et le témoignage, dans tous les secteurs de la vie contemporaine”. (1er octobre 1964).

 

En fait, St JoséMaria, propose cet objectif, aux initiatives des fidèles qui désirent entrer dans l’œuvre : élever vers Dieu, à l’aide de la grâce, toutes les réalités crées, afin que le Christ règne en tous et en tout ; connaître Jésus-Christ, le faire connaître ; le porter partout. Voilà pourquoi il disait souvent : « Les chemins divins de la terre se sont ouverts ! »

 

Oui, il veut servir l’Eglise, dans une étroite adhésion au siège de Pierre. Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, dont nous venons de rappeler les paroles, lui font confiance. Et depuis Rome, où il a le désir d’inonder la terre de la lumière du Christ, alors que de nombreux évêques lui réclament pour leur diocèse, une aide à l’évangélisation, il dira cette phrase que vous avez dû souvent méditer : « Le monde est tout petit, lorsque l’Amour est grand ! Il est comme une mer sans rivages et pourtant de loin, là-bas, à l’horizon, il semble que le ciel rejoigne la terre. »

 

Et à ceux qui le regardaient, interrogatifs, il précisait : « N’oublie pas, que c’est dans ton cœur d’enfant de Dieu, que la terre et le ciel se rejoignent vraiment. » Ce désir de sainteté, son sens de la prière intérieure et profonde, un amour immense pour l’Eglise, tout cela le Concile de Vatican II va le proposer aux chrétiens et au monde. Et en quelque sorte, il va consacrer les aspects fondamentaux de l’esprit de l’Opus Dieu, que St JoséMaria à approfondi jour après jour :

 

-          l’appel universel à la sainteté,

 

-          le travail professionnel comme moyen d’apostolat et de sanctification,

 

-          l’Eucharistie quotidienne comme centre et racine de la vie intérieure.

 

Oui, c’est un authentique précurseur des lignes maîtresses du Concile, qu’il ne cessera de proposer et de mettre en pratique.

 

Quelle plus belle conclusion pour cette méditation, que ces phrases que nous redisons avec émotion. Alors qu’il célèbre son jubilé sacerdotal quelques jours avant sa mort, le 28 mars 1975, il dira avec émotion : « Au bout de ces 50 ans de sacerdoce, je suis comme un enfant qui balbutie ; je commence, je recommence, dans ma lutte intérieure de chaque jour. Et ainsi, jusqu’à la fin des jours qu’il me restent à vivre : recommençant sans cesse ! »

 

A midi, le 26 juin 1975, en plein travail, il meurt d’un arrêt cardiaque. La Vierge Marie, qu’il a tant aimé et prié aura son dernier regard. Ce même regard que Jésus eut sur la Croix pour sa Mère. Un regard rempli d’amour et de tendre affection.

 

Depuis ce 6 octobre 2002, nous pouvons dire : Saint JoséMaria, prie-pour nous : « fais que je sache convertir tous les instants et toutes les circonstances de ma vie, en occasion de t’aimer et de servir, avec joie et simplicité : - l’Eglise, - le Souverain Pontife et - les âmes, éclairant les chemins de la terre avec la lumière de la foi et de l’amour. » Amen. Mgr Ellul

 

 

 

Références : Aimer l’Eglise – Les Editions Le laurier. Septembre 1993.

 

Le bienheureux Josémaria Escriva : « Un homme de Dieu » Témoignages. Mai 1992

 

Lumen Gentium – chapitre II et Gadium et Spes

 

Jean-Paul II – Jean-Paul Ier et Paul VI

 

Chronologie de la béatification

 

 

 

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