Denière intervention - Carême 2007

Publié le par Mgr Ellul

4ème intervention : 23 mars 2007.

Chers amis, pour ceux qui n'étaient pas là pour les dernières interventions, nous nous rappelons rapidement quelques faits : C'était le 30 novembre 1919, en la fête de St André qu'eut lieu la cessation du culte et l'annonce de la prochaine démolition de l'ancienne église St Adrien - St Hermès. Le dernier service religieux, célébré dans l'ancienne église, fut un service solennel de Requiem, pour les morts de la guerre de 1914-1918.On quitte donc la rue St Adrien, pour aller dans « la magnifique chapelle des Jésuites, l'église St Ignace.Durant 27 ans, on y célébrera les offices et la vie chrétienne du quartier. Mais dès les premiers jours de janvier 1947, on entrevit enfin le jour où la consécration de l'église, provisoirement terminée, serait consacrée.Cela tombait presque en même temps que le 50ème anniversaire de la consécration de la cathédrale de Marseille, et Mgr Jean Delay, écrivait à ses diocésains le 27 avril 1947. Je reprends ce texte extrait de l'Echo de Notre-Dame de la Garde au n° 3345 :« Ce mois de mai, consacré à la Bonne Mère, nous apporte dés ses premiers jours, deux fêtes très solennelles qui d'ailleurs vous ont été déjà annoncées. Le 5 mai, nous consacrerons la nouvelle église du Sacré-coeur, sur le Prado et le lendemain 6 mai, nous célébrerons le 50ème anniversaire de la consécration de la cathédrale. » Le 5 mai était un lundi. A 7h 30, commencent les rites de la consécration, par la bénédiction de l'enceinte extérieure et des murs ; elle se poursuit par la consécration intérieure. Les fidèles ne seront admis à pénétrer dans l'église que vers la fin de la consécration, soit au moment de la grand'messe pontificale (sans doute un peu avant 11h), soit au moment de la consécration de l'autel majeur. A l'extérieur : sur le parvis, le clergé se réunit à l'église où aucun fidèle n'a pu pénétrer. L'évêque fait allumer les douze cierges fixés au mur et qui représentent les douze apôtres. Puis tout le clergé sauf un diacre qui reste à l'intérieur, sort et va à la chapelle des reliques. L'Evêque se rend alors avec le clergé devant la porte de l'église et y bénit le sel et l'eau, destinés à l'eau dite « lustrale ». Puis il fait trois fois le tour de l'église en aspergeant les murs.

 

 

 Frappant de la crosse la porte de l'église, un dialogue s'engage entre le Pontife et le diacre demeuré à l'intérieur. La porte s'ouvre alors, et l'évêque et le clergé pénètrent dans l'église. A l'intérieur : pendant le chant du Veni Creator, des litanies des saints et du bénédictus, une couche de cendres est répandue sur le sol de la nef en forme de croix de Saint André.

Le bénédictus terminé, l'évêque trace du bout de sa crosse, sur l'une des bandes, l'alphabet grec, et sur l'autre, l'alphabet latin, pour signifier que Jésus-Christ a réuni par la croix, tout les peuples de la terre, « divisés auparavant de langue, d'inclinaison et de religion. » L'évêque va procéder ensuite à de nouvelles purifications : celle de l'autel, des murs intérieurs et du pavé de l'église ; pour cela mais aussi pour la confection du ciment, qui scellera le sépulcre, l'évêque bénit une eau spéciale, appelée « eau grégorienne », composée de 4 éléments bénis séparément : le sel, l'eau, la cendre et le vin, qui sont la figure de Jésus-Christ, Dieu et homme, mort et ressuscité.

 

 

 Puis l'évêque, Mgr Jean Delay, va ensuite marquer de deux signe de la croix, la porte principale, l'un en haut et l'autre en bas, puis fait la bénédiction de l'autel avec l'eau grégorienne. 7 fois, l'évêque fait le tour de l'autel en l'aspergeant au chant du « Miserere ».Ensuite, 3 fois, il fait le tour intérieur de l'église en l'aspergeant et parcourant la nef et les transepts en aspergeant le pavé de l'église et la première partie de la cérémonie, celle par laquelle l'église est sanctifiée, va se terminer par une prière solennelle. L'église est devenue la maison de Dieu, purifiée, sanctifiée, consacrée.

 

 

 La consécration : il reste à y établir l'autel. L'évêque bénit le ciment qui scellera le sépulcre. Puis en procession, on se rend au lieu où sont les reliques, devant la porte. L'évêque fait avec le St chrême, une onction sur chacun des montants de la porte, puis suivi du clergé et des fidèles, entre dans l'église et l'on va déposer les reliques à côté de l'autel.

 

 

 L'évêque procède aux onctions du sépulcre, y dépose les reliques et scelle la pierre qui vient de les recevoir. C'est alors que commence la consécration elle-même de l'autel. Mgr Delay encense le dessus de la table, puis fait trois fois le tour de l'autel en l'encensant.

On procède alors aux onctions sur les murs de l'église. A l'endroit des 12 croix, l'évêque fait une onction avec le St-Chrême. De retour à l'autel, il place à chacune des 5 endroits de la table de l'autel, une croix de cire et un grain d'encens. On allume le tout, et la fumée de l'encens s'élève sous la voûte du sanctuaire. Encore une onction sur le devant de l'autel et la consécration est terminée.

La messe célébrée par l'évêque commence. Voilà comment le Père H. Robaudy, expliquait aux fidèles, les rites de la consécration de l'autel. Actuellement, c'est toute la table de l'autel qui est enduite de saint Chrême. Son Eminence la cardinal Roques, archevêque de Rennes, ancien archevêque d'Aix, prononce une allocution à la grande messe à laquelle assistent les nombreux évêques.

Des cartes imprimées avant la cérémonie précisent : « Les nécessités de la cérémonie de consécration ne permettant pas de meubler, dès le jour de la dédicace, les nefs latérales et centrales, il n'y aura aucune chaise à réserver et il ne sera distribué aucune carte. » A 20h 30, Mgr l'évêque convoquera les fidèles et particulièrement les paroissiens du Sacré-Coeur, à une cérémonie durant laquelle son Exc. Mgr Dubourg, archevêque de Besançon, prononce une allocution. Une octave solennelle de prières marquera cette consécration.

 

 Dans une autre parution d'articles concernant la consécration, il est mentionné, que vers 10h les portes furent ouvertes aux fidèles pour assister à la consécration de l'autel majeur, grande table de pierre blanche, soutenue par 8 colonnes basses et à la consécration des croix placées à l'intérieur des murs de l'église, et devant lesquelles des cierges étaient allumés.

 

 Après les rites de la consécration, Mgr Delay à reçu :

 

 Son éminence le cardinal Roques, arc. De Rennes

Mgr de Provenchères, arch. d'Aix

 Mgr Dubourd, arch. de Besançon

 Mgr Rémond, évêque de Nice

 Mgr Jorcin, évêque de Digne,

 Mgr Bonnabel, évêque de Gap,

 Mgr Gaudel, évêque de Fréjus,

 Mgr Bornet, évêque de St-Etienne,

 Les Vicaires Généraux, le Chapitre, et son Prévôt. Les nombreux chanoines et prêtres séculiers, religieux et séminaristes.

 

  Vers les 11h, en cortège, son Em. Le cardinal Roques, les évêques et Mgr Delay, traversèrent l'église pour prendre place au choeur. La Messe pontificale est célébrée par l'évêque consécrateur. Depuis l'ambon, il prononça une allocution dont voici un résumé : « Après avoir salué et remercié son Eminence le Cardinal Roques et leurs Excellences les évêques, Mgr rappela rapidement l'histoire de l'église qu'il venait de consacrer ; il dit sa joie de voir enfin réalisé et d'une façon digne de Marseille et de sa dévotion  au Coeur de Jésus, digne aussi des morts des deux guerres, le voeu des évêques de Marseille, depuis Mgr de Belsunce et de leurs fidèles. En termes émouvants, il fit revivre l'inoubliable physionomie de Mgr Paul-Barthélémy Dejean, a qui Mgr Fabre confia la charge de bâtir l'Eglise du Sacré-Coeur et qui y consacra 27 ans de sa vie, avec un optimisme admirable, avec un courage sans égal. Quand Dieu le rappela à lui, l'oeuvre était achevée pour le principal. Et c'est de l'éternité qu'il assiste au couronnement de son oeuvre.

 

 

 

 Mgr l'évêque remercia les architectes, les ouvriers et leurs chefs, les membres dévoués et généreux du Comité de l'église à construire, les donateurs, si nombreux, si bienfaisants, les paroissiens aussi, qui aidèrent leur curé dans son entreprise difficile. Il souhaita que les fidèles, ceux de la paroisse et ceux du diocèse, considèrent cette église comme un lieu d'élection du Coeur de Jésus, comme l'asile du souvenir des morts des deux guerres, comme une maison commune de prières et de grâces. Son Em. Le Cardinal Roques, de son trône où il était assisté par nos seigneur Mgr Borel et Mgr Grenouillet, répondit à Mgr Delay et parla aux fidèles qui se pressaient nombreux dans l'église.

 

 Après avoir remercié son Exc. Mgr Delay de son invitation, il dit avec quel plaisir il l'avait accepté, se souvenant de ses liens avec le diocèse de Marseille et son évêques. Le Cardinal tient à faire l'éloge de Mgr Dejean et à exprimer son admiration pour l'oeuvre magnifique qu'il avait menée à bien, soutenue et  dirigé par les évêques de Marseille. Rappelant les intentions qui avaient présidé à l'érection de cette église : « honorer avec splendeur et piété le Divin Coeur de Jésus à qui Marseille est consacrée », le cardinal tient à souligner que la nouvelle église serait à la fois une église paroissiale et une église diocésaine. Il dit tout ce que représente de bienfaits de la part de Dieu et tout ce que demande de piété pour le culte divin de la part des fidèles une église, maison du Père et de ses enfants.

 

 Après la bénédiction à la fin de la messe et l'annonce par Mgr le Prévôt des indulgences accordées par l'évêque, son Em. Le Cardinal Roques, Mgr l'évêque et les évêques présents, furent reconduits en cortège par le clergé à la sacristie, traversant la foule des fidèles heureux de les saluer et de recevoir au passage leur bénédiction. Inoubliable cérémonie, favorisée par un temps radieux, admirablement préparée, sous la direction de Mgr l'évêque lui-même, par M. l'abbé Resta,

 

 curé du Sacré-Coeur et ses dévoués vicaires et par M. le Chanoine Soins, cérémoniaire.Elle est la préface d'une vie religieuse assurée par les grâces que le Coeur de Jésus enfin honoré, adoré, dans son église enfin construite, ne manquera pas de prodiguer à tous ceux qui viendront le prier et intercéder pour les morts des deux guerres. » Ce sont les Pères Jésuites, qui dès 1947, assureront le premiers mois du Sacré-Coeur dans l?église neuve. Beaucoup de fidèles marseillais se rendirent aux sermons prononcés durant tout ce mois.  

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QUELQUES ANNES PLUS TARD

Célébration du 50ème anniversaire de la paroisse du Sacré-Coeur. Extraits d'un article par dans la presse du 8 mai 1957, dans le journal Le Méridional. (...) Grande solennités dans la nouvelle église du Prado. Mgr Marc Lallier, et les anciens évêques de Marseille, Mgr Delay et Mgr Rastouil, évêque de Limoges et ancien vicaire de la paroisse, présideront, tour à tour les magnifiques cérémonies dont voici le programme. Depuis 10 ans déjà, la foule des croyants à défilé, prié, ému de cette église si chère à sa dévotion et si remplie de souvenirs de tant de morts au Champ d'Honneur. La paroisse en 100 ans, a suivi le rythme des besoins religieux du quartier, s'est penchée sur les problèmes humains, créés par une population si variée, allant de la misère du Rouet, à l'opulence de certains secteurs paroissiaux, essayant de créer une communauté fraternelle, agissante et vivante.

 

 Que le public marseillais note pour aujourd'hui, afin de se rendre libre : la messe pontificale que célèbre Mgr Rastouil, le vendredi 10 mai à 18h 45 ; la messe de la jeunesse que célèbre Mgr Lallier, le samedi 11 mai à 9h ; une émouvante para-liturgie pour tout le monde que présidera Mgr Delay le samedi 11 mai à 15h ; enfin, la messe solennelle célébrée par Mgr Delay, le dimanche 12 mai à 9h, sous la présidence de Mgr Marc Lallier qui donnera l'allocution de circonstance.Le peuple de Marseille, joint aux paroissiens, vibrera encore, en ces solennités, à se retrouver dans cette église et avec des paroissiens si accueillants. Les chants liturgiques et la musique sacré seront exécutés par la Chorale du Notariat et la Chorale Paroissiale. (J-P Ellul)  

 

 

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