careme 2007

Publié le par Mgr Ellul

                              Nous voici à la 3ème intervention de Carême.

Ce temps passé dans la contemplation du Christ, se transforme en une intériorisation eucharistique, puisque le Pape Benoît XVI vient de nous donner son Exhortation Apostolique « Sacramentus Caritatis », le 22 février dernier. C'est pour que ce sacrement de l'amour, pour que la célébration de l'Eucharistie soit bellement célébrée, que cette vaste église fut voulue et construite. Pour le souvenir de la Peste évidemment et l'hommage rendu aux morts des guerres.Durant des années, ils ont dû se battre pour mener à bien ces travaux considérables. La semaine dernière nous avions vu s'élever les murs, comme autant de bras levés pour la prière.

En cette 3ème approche, nous verrons la mise en place des colonnes et la mise en élévation des voûtes de notre basilique.

Le Chanoine Dejan, habite toujours à la rue St Sébastien où se trouve l'église provisoire. C'est de là que se célèbrent tous les offices et de là, également que partent, mots d'ordre, demandes instantes pour que les dons offerts, puissent hâter la construction de la Maison de Dieu, de là aussi qu'il écrit lui-même « Le Souvenir », qui nous permet, à travers les 7 volumes reliés de 1921 à 1950, de pouvoir nous souvenir, - c'est le cas de le dire - de faire mémoire et vous permettre de voir ces quelques souvenirs - que nous allons ensemble découvrir. Il y a des photos et des pages scannées dans Le Souvenir et les Ephémérides au fil des années.

 

 

            Avant d'aller plus loin, je voudrais remercier Monsieur Christian Mallet et son entreprise « Vidécom », pour l'amitié, la diligence, mais aussi pour le prêt de l'écran, qui tous les vendredis de carême va nous servir pour vous montrer ces documents anciens. Qu'il trouve ici, l'hommage de notre reconnaissance. Car pour bien comprendre comment l'église fut réalisée, il n'y a qu'à tourner les pages du Souvenir, et aller rechercher, après de multiples encarts publicitaires, placés au début et à la fin du cahier, les articles sur l'état des travaux de l'Eglise. La plupart sont de Théo Dupoux ou de son successeur, puis de Mgr Dejean.

Un rappel rapide : de mars à août 1920, on démolit l'église St Adrien-St Hermès. Les ouvriers dont nous avons découverts les visages depuis deux semaines sont payés sur la base de 25 F pour un contremaître, 24 F pour un maçon et 18 F pour un manoeuvre (95 , 91 et 68 f anciens) faites le calcul en Euros actuels. Ajoutez à cela 10% pour les assurances et les cotisations de retraites ouvrières.

En 1925 les bâtiments arrivent à la hauteur des fenêtres, et l'année d'après à la hauteur des vitraux.Puis c'est le marché passé pour l'achat de 40 colonnes en granit : 20 de 3, 50 m ; 12, de 4, 35 m ; 8, de 9, 50 m ;pour un montant de 1.777.000 francs, payable sur 3 ans.Mgr Champavier décède et est remplacé par Mgr Maurice Dubourg. 1928, voit la mise en place des 6 grandes colonnes pesant 25.000 kg, répartis en deux morceaux, cerclées par une bague. 1929, la Maison Champigneulles à Paris, reçoit la commande des 12 vitraux du déambulatoire dont les cartons sont établis par Henri Pinta, au prix de 33.000 F chaque. Les années 1930 ? 1931 ? 1932 sont consacrées à la pose des colonnes pour permettre la mise en place de la toiture.

En 1931, l'évêque décide de remplacer le clocher, par un campanile, qui serait construit à gauche de la façade. Cette idée découle d'un projet d'une association, d'ériger un campanile à la gloire du XVème Corps (corps d'armée de Marseille) qui devait contenir le corps d'un soldat anonyme de cette grande unité et être terminé par un fanal brûlant en permanence.

Ceci va entraîner une modification de la façade et permettra, au-dessus du porche, de construire une tribune offrant 400 places en gradins.1933, on commence la construction de la voûte et de la toiture, ce qui nécessite la confection de 50 cintres en bois de 10m de long sur 4m de haut, servant d'échafaudage pour la toiture. En fin d'année 1/3 de l'église sera voûtée.Cette même année, les 12 vitraux de guerre sont mis en place et leur auteur, H. Pinta, commence l'élaboration des cartons de la grande mosaïque de 120m2, qui sera placée au-dessus du choeur.En 1934, la façade atteint 30m de haut et l'on construit la tribune qui doit faire 20m sur 10m. Puis en 1935, la construction du porche de 20m sur 5m est entamée ainsi que la construction d?une tour de 75 marches donnant accès à la tribune.En 1937, les petites colonnes sont mises en place. Mgr Delay est nommé à Marseille. Edouard Dupoux meurt et est remplacé par M. G. Palangue.

En 1938, on prévoit d'établir une tribune circulaire pour 200 à 300 personnes et l'on achève la tour qui, partant de la crypte va jusqu'au-dessus des voûtes de la tribune, ses 120 marches amenant son sommet à 25 m. En 1939, il reste à réaliser plus de 30 millions de travaux. Et devant l'ampleur de cette somme et la durée prévisible des travaux, l'évêque décide de retrancher tout ce qui n?est pas nécessaire au culte et d'utiliser des matériaux moins coûteux, et ainsi la dépense est ramenée au tiers des prévisions.

Mais c'est la guerre. La crypte est réquisitionnée pour le service de santé et les travaux sont pratiquement suspendus, puis tournent au ralenti. On achève quelques finitions. 1941, voit la mise en place de la grande mosaïque et en 1942 celle de la grande rosace de 7m de diamètre et celle de la croix monumentale de 4m de haut, sans le socle. Mais il faut une autorisation pour poursuivre les travaux. Elle arrive le 31 mars 1942, mais il n'y plus de matériaux.

Pour le toit à 2 pentes de 940m2, cela nécessite : 20 tonnes de fer de 7m de long ; 50 tonnes de ciment ; 12m3 de poutres de 0,25x0,30x8m ; 90 tonnes de remplissage de voûtes ; le toit reposant sur 8 grandes colonnes, chacune supportant de 700 à 800 tonnes. Sur les 105 tonnes de ciment attribuées en 1942, seulement 59 avaient été livrées au 31 décembre. En 1944, 2 bombardements touchent le quartier, le garage Mattei et le carrefour Prado-Perier sont sérieusement touchés, mais l'église est épargnée.Le Curé Paul Dejean qui a eu la lourde charge d?assurer la construction de l'église se retire et est remplacé par le chanoine Aristide RESTA. Il aura la charge et la joie de conduire à la consécration de l'Eglise, car Mgr Dejean décède le 17 juillet 1946 à 86 ans et ces cendres seront transférées dans l'église de 25 octobre 1947, quelques mois après la consécration du 5 mai 1947.

Les cérémonies de la consécration, feront que ce sera le dernier entretient spirituel que nous aurons, la semaine prochaine, avec tout le cérémonial qui l'accompagne.

Le tout dernier entretien se fera au cours de l'homélie ; nous reprendrons d'une façon plus théologique et scripturaire, ce que nous avons vu sur l'écran.

N'oublions pas que ces sont des hommes et de femmes, des paroissiens, des prêtres de tout le diocèse de Marseille, des gens de bonne volonté qui nous ont donné cette église, où nous célébrons les merveilles du Seigneur, et où de jour en jours, nous sommes conduits à la contemplation de Celui qui nous a été donné par Marie, Promis par le Père tout puissant et compris dans l'Esprit qui féconde toutes choses. Préparons-nous à découvrir la célébration de la consécration, riche en thèmes et en gestes liturgiques et sacramentels. (J-P Ellul)

Publié dans Divers

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