Carême 2007

Publié le par Mgr Ellul

1ère intervention : 2 mars 2007 - Carême 2007 -

Sacré-Cœur de Marseille - 16h 30 et 19h 30.

C’est notre première rencontre en ce carême 2007. Nous avions pris l’habitude depuis 6 ans déjà, de privilégier ces temps forts dans notre basilique du Sacré-Cœur. Homélies retraçant la vie d’un saint, approches de thèmes particuliers, avec divers prédicateurs. Depuis deux ans j’en ai assuré les prédications. L’an dernier, nous avions présenté en cinq homélies « Le visage du Christ » et le Père William Astic, les jeudis soirs, nous introduisait à la prière et la méditation.

Cette année, 60ème anniversaire de la consécration de la notre basilique, le thème du carême est bienvenu puique que le Pape Benoît XVI à voulu le placer sous le titre suivant : « Ils regarderont vers Celui qu’ils ont transpercé », phrase de l’évangile de Jean, dans son livret Passion-Résurrection.

     Comme je l’ai déjà dit le mercredi des Cendres, il n’y a qu’à nous tourner vers le premier vitrail de notre basilique pour en comprendre parfaitement le thème. Le Saint-Père écrit : "Nous entrons dans ce temps de Carême avec le 'regard' fixé sur le flanc de Jésus.   C'est seulement en regardant Jésus mort en croix pour nous que l'on peut connaître et contempler la vérité fondamentale que Dieu est amour. Puis il a rappelé avoir écrit dans l'encyclique Deus Caritas Est, qu'à "partir de ce regard, le chrétien trouve la direction de son vivre et de son aimer".

     Ce vitrail est d'Henry Pinta, don du clergé de Marseille à notre basilique du Sacré-Cœur. On y voit Longin, dont le nom signifie « l’homme à la lance » ; c’est le centurion, le soldat, qui embrassera la foi des apôtres, quittera le métier des armes et vinendra vivre à Cesaré de Cappadoce, où il vécut saintement, évangélisant les païens et mourut martyr, décapité. "En contemplant avec les yeux de la foi le Crucifix, nous pouvons pleinement comprendre ce qu'est le péché, combien sa gravité est tragique et en même temps, combien est incommensurable la puissance du pardon et de la miséricorde du Seigneur". Puis le Saint-Père a demandé "de ne pas éloigner notre cœur de ce mystère de profonde humanité et de haute spiritualité pendant cette période. En regardant le Christ, sentons qu'en même temps il nous contemple". "Celui que nous avons nous même transpercé par nos fautes, ne cesse de reverser sur le monde un torrent intarissable d'amour miséricordieux. Que l'humanité puisse comprendre que c'est seulement de cette source que nous pouvons puiser l'énergie spirituelle indispensable pour construire cette paix et cette félicité que chaque personne recherche sans fin!"

     Voyons ce qui nous rassemble aujourd'hui et en levant les yeux et en regardant les voûtes de notre basilique, pensons à tous ceux qui ont eu la charge de construire ce grand vaisseau à l’emplacement de l’ancinne église St Hermès-St Adrien… Nous allons parler de l’église, avec un petit « e », mais il nous faut penser également à l’Eglise, l’Eglise Universelle, Une, Sainte et Catholique, c'est-à-dire, répandue à travers le monde.

     A l’article 9 du catéchisme, au n° 748, il est dit, (je concentre le texte, que vous lirez in extinso) : «  Le Christ est la lumière des peuples : réunis dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes créatures la bonne nouvelle de l’Evangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Eglise. »

     C’est sur ces paroles que s’ouvre la Constitution Dogmatique sur l’Eglise, du Concile Vatican II. Par là, le Concile montre que l’article de foi sur l’Eglise dépend entièrement des articles concernant le Christ Jésus. L’Eglise n’a pas d’autre lumière que celle du Christ ; elle est, selon une image chère aux Pères de l’Eglise, comparable à la lune, dont toute la lumière est reflet du soleil. Et St Irénée de Lyon de dire : « L’Eglise est, le lieu où fleurit l’Esprit. ». Croire que l’Eglise est Une, Sainte, Catholique et Apostolique est inséparable de la foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit.

     Le mot Eglise, « Ekklésia », du grec ek-kalein, "appeler hors", signifie « convocation ». Il désignera les assemblées du peuple. C’est le terme fréquemment utilisé dans l’Ancien Testament grec, pour l’assemblée du Peuple Elu, convoquée  devant Dieu, surtout pour l’assemblée du Sinaï, où Israël reçut la Loi et fut constituée par Dieu comme son peuple saint.

     En s’appelant Eglise, la première communauté de ceux qui croyaient au Christ se reconnaît héritière de cette assemblée. En elle, Dieu « convoque » son Peuple de tous les confins de la terre. Le terme « kyriaké », dont sont dérivés les appellation de : church , kirche, signifie « celle qui appartient au Seigneur ». Et dans le langage chrétien, le mot Eglise, désigne l’assemblée liturgique, mais aussi la communauté locale ou toute communauté universelle des croyants. Ces trois significations sont en fait inséparables. L’Eglise, c’est le Peuple que Dieu rassemble dans le monte entier. Elle existe dans les communauté locales et se réalise comme assemblée liturgique, surtout eucharistique. Elle vit de la Parole et du Corps du Christ et devient elle-même Corps du Christ.

     En ce qui nous concerne, nous pouvons également, -sans lire tout le catéchisme-, prendre au n° 756, la référence où il est mentionné que l’Eglise est dite « Construction de Dieu », rappelant la 1ère Col 3,9. Jésus lui-même s’est comparé à la pierre rejetée par les bâtisseurs et qui est devenue pierre angulaire. Sur ce fondement l’Eglise est construite par les Apôtres et reçoit fermeté et cohésion. Notez les appellations diverses : maison de Dieu (1 Th 3,15), dans laquelle habite sa famille ; l’habitation de Dieu dans l’Esprit, (Eph 2, 19-22), la demeure chez les hommes, (Ap 21, 3), et surtout le Temple Saint, lequel représenté par les sanctuaires de pierres, est l’objet de la louange des saints Pères et comparé à juste titre dans la liturgie, à la Cité Sainte, la nouvelle Jérusalem. En effet, nous sommes en elle sur la terre, comme les pierres vivantes qui entrent dans la construction (1P 2,5). Cette Cité sainte, Jean la contemple descendant du ciel d’auprès de Dieu, à l’heure où se renouvellera le monde, prête comme une fiancée parée pour son époux. » (Ap 21, 1-2).

     Ainsi se présente notre basilique, presque prête, car il lui manque ses sculptures… Mais notre basilique est construire sur une église plus ancienne. En effet lorsque qu’au cours de l’été 1840, les marseillais découvrent admiratifs leur toute nouvelle avenue du Prado à peine achevée, sitôt dépassé la rue Ste Philomène, c’est notre rue actuelle du Docteur Escat, (elle a conservée son appellation dans la partie en prolongement, entre le Prado et le Chemin du Rouet : la rue basse Ste Philomène)…c’est pratiquement la campagne. Il y a 2 petits hameaux : au Rouet où l’on perçoit déjà les cheminées des « fabriques », et de part et d’autre de la seconde branche du Prado, les deux hameaux du Petit et du Grand St Giniez. Il y a une église dans chacun de ces villages : une vieille bâtisse sans grande beauté, construite dit-on sous Louis XV, et une église adossée à une ancienne chapelle du XIe siècle, du Petit St Giniez. Au Rouet, à l’angle du chemin de grande communication de Marseille à La Ciotat et du chemin vicinal n° 33, se trouve un petit édifice de 9m50 sur 5m, doté d’une façade romane, avec une nef unique et une abside en cul de four, dont l’origine remonterai au XIe siècle. Elle est dédiée à Notre-Dame du Rouet et vient d’être érigée en succursale quelques années auparavant, en 1833. On refait la porte, et surtout une tribune, car elle trop petite. Le clergé dessert les deux paroisses : St Giniez et le Rouet. Pour les voies routières, le XIXe siècle et le XXe siècles prolongeront en fait l’agrandissement de Louis XIV, avec un « axe royal », qui mène de la porte d’Aix au boulevard Michelet, en passant par le Cours, la rue de Rome et le Prado, autour duquel se développe une grande partie de la ville contemporaine.

Cette gravure montre encore au milieu de ces bastides à plan carré bien caractéristiques du quartier Gratte-Semelle et du chemin du Fada où la rue Paradis viendra relier St Giniez et Mazargues au centre-ville ; en 1842, c’est encore un lieu de promenade. D’ailleurs la cavalcade de carnaval qui se faisait jusqu’alors à la plage d’Arenc, a tendance à se transporter au Prado, tout au moins pour les habitants proches de ce nouveau quartier. En 1848, avec l’apport des premières industries, de nouveaux habitants s’installent en bordure du Prado et la population du Rouet augmente rapidement. 12 ans après l’ouverture de la grande artère on se rend à l’évidence : la petite chapelle du village se révèle de plus en plus insuffisante pour le nombre croissant de paroissiens. Alors que faire ? Eh bien puisque le quartier s’étale –et cela va se continuer- en direction du Prado, c’est là qu’il faut envisager un nouveau lieu de culte, plus grand et surtout mieux adapté. Un terrain de 2.540m2 est à la vente, en bordure du Prado, à l’angle d’une petite artère sans nom reliant cette avenue, au chemin du Rouet. Il est acheté à son propriétaire, Monsieur Dupré, le 6 avril 1853 par Mgr de Mazenod et sera complété plus tard, par l’achat, le 5 juin 1856, de 412m2 supplémentaires.

C’est là que va s’élever rapidement, la nouvelle église dont la paroisse du Rouet a besoin, une église dite « provisoire », pense-t-on, qui est imposée par l’urgence, car en fait, on envisage à plus ou moins longue échéance, de transformer le nouveau bâtiment en presbytère, locaux paroissiaux et école, pour construire, sur le terrain disponible, un lieu de culte plus vaste et plus important.

Le 5 juin 1855, Mgr de Mazenod bénit le nouvel édifice, dédié à St Hermès et à St Adrien, « Hermès, martyr marseillais qui, dit-on, pendant que la persécution de Dioclétien sévissait (au début du 4ème siècle, présenta courageusement sa tête au bourreau, après avoir résisté à divers tourments pour la foi. »

Le 1er mars, nous avons célébré leur mémoire. Dans le Martyrologe Marseillais, on note à leur fête : St Hermès et ses compagnons. St Adrien. C’est d’ailleurs la première appellation de l’église : St Hermès-St Adrien, qui sera transformé en St Adrien/St Hermès. Que dit le missel de l’église marseillaise ? « C’est par les listes des plus anciens martyrologes que nous connaissons St Hermès, martyr à Marseille, avec Gitteus, Félix, Januaris et 24 autres auxquels on adjoint à VIIIe siècle, St Adrien, martyr africain. Nous les vénérons dans la foule immense de ceux qui viennent de la grande épreuve, qui ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau », note Mgr Charles Seinturier, mon prédécesseur à St Victor, qui eut la charge de faire imprimer le Missel et le Lectionnaire de l’Eglise de Marseille. Il est demandé dans la prière d’ouverture : « que leur victoire, après nous avoir rempli de joie, développe l’énergie de notre foi et nous assure leur protection. »

C’est ce que nous leur demandons en cette première semaine de Carême. L’église qui est construire est fort simple, elle comporte 600 places. Elle est érigée en succursale, le 8 septembre 1857 et les nouvelles limites de la paroisse du Rouet, précisées par une lettre de l’évêché et auxquelles les membres du Conseil de Fabrique ont donné leur accord le 28 février précédent, se présentent ainsi : - côté Prado : Place Castellane, rue de la nouvelle Pyramide (future rue de l’Obélisque, puis rue Léon Maurel), rue transversale Haute Monteaux (future rue Edmond Rostant), rue Falque, rue Breuteuil et enfin ligne parallèle au Prado, allant rejoindre la paroisse St Giniez. Le curé n’a pas changé : c’est celui qui était en poste au Rouet depuis le 4 janvier 1848, messire Adolphe Chaulier. Mais cette église s’avère encore trop petite. Il faut l’agrandir. En 1863 on prévoir 10.000 francs pour les travaux…

     Il faudra attendre 1876 pour voir figurer dans les procès verbaux des assemblées, d’importants travaux d’agrandissement exécutés par l’entrepreneur de la ville, et A. Saurel précise que cette année-là « la commission municipale ayant voté les fonds, l’agrandissement de l’église a pu avoir lieu. »

     Passons rapidement sur les problèmes financiers liés aux inhumations. Le 13 mai 1865, les inhumations ont été définitivement interrompues à l’ancien cimetière St-Charles (près de la gare), pour se faire au cimetière St Pierre, ouvert depuis une dizaine d’années. Cela entraîne une concurrence privée, enlevant à la régie un nombre important de convois. De ce fait, les sommes reversées aux paroisses ont été diminuées d’autant ; ce qui a menacé les finances paroissiale. On parle, lors du conseil paroissial du 28 décembre 1869, d’une perte de 20% des recettes. Les litiges se poursuivent entre l’évêché, les paroisses, la régie…

     Dès 1871, en raison du déficit il faut envisager à St Adrien-St Hermès un sérieux tour de vis et le 28 octobre, lors de la réunion du Conseil il est envisagé de diminuer de 50% le salaire des employés, sauf celui du curé et du sonneur, on ne conservera qu’un chantre, et ne pourra plus payer l’organiste… On imagine les réactions, et il me semble entendre mon Conseil actuel, comme quoi … !! Il faut noter qu’on sort du désastre de la guerre de 1870.

     Au printemps précédent, la commune de Marseille a été réprimée durement par les troupes du général d’Espivent de la Vlleboisnet. Les 4 et 5 avril 1871, on se bat en ville, aux alentours de la Préfecture, et jusque sur le territoire de notre paroisse, où un fort détachement de soldats de lignes a formé un poste avancé sur la Place Castellane et sur le Prado. Il y aura 52 morts et de très nombreux blessés.

     C’est dans ce contexte, en cette année 1871, que l’abbé J-B. Rigaud, curé de la paroisse depuis 1863 est nommé à Notre-Dame du Mont. Son successeur est l’abbé Joseph Moulet, qui est installé le 24 septembre 1871.

     Six nouveaux vicaires se sont succèdés entre 1865 et 1870. Et même le registre du Conseil de Fabrique, note que depuis c’est le 13ème vicaire depuis 1858 qui est nommé. Vous imaginez. C’est sous la houlette du curé Moullet que se réalise l’agrandissement de l’église ; en 1872, on achète une tenture de velours rouge avec souscription et loterie. C’est vraisemblablement cette tenture, que l’on voit sur la photo de l’époque ; puis un  paroissien offre un coffre de sûreté pour le tabernacle ; on achète des rochets pour les enfants de chœur, une statue représentant St Adrien et St Hermès par souscription puis il ce sera le socle ; un autel pour le mois de Marie, enfin on va modifier la chaire. Dans la sacristie on met des meubles de rangement, un judas pour surveiller l’église depuis le presbytère, puis il est question en 1881 d’augmenter l’éclairage au gaz. Les messes sont célébrées de 6h à 11h, avec grand-messe chantée à 10h – vêpres à 3h et salut du St Sacrement ensuite. Avec les sacristains, le bedeau, un ou deux chantres, un organiste, les enfants de chœur très nombreux, les ornements, tentures, fleurs, bougies, un empilement de cierges et de fleurs qui laissent rêveur que l’on voit sur l’ultime photo qui nous reste des archives paroissiales.

Les curés se succèdent - Martial Camoin (1881-1886), meurt dans son presbytère. - Théodore Morel (1886-1891), est nommé ; il était supérieur du pensionnat du Sacré-Cœur, rue Barthélemy. Historien fort érudit, il publie sur Notre-Dame de Confession et l’église St Martin – Electricité dans l’Eglise ; il est nommé chanoine titulaire de la cathédrale,  et remplacé le 18 janvier 189, par - Adolphe Coudray,(1891-1988), (qui était déjà vicaire en 1875). Il accueille sur la paroisse l’œuvre de l’enfance délaissée, que vient de fonder l’Abbé Fouque. Mme Grelin offre la petite propriété qu’elle possède au n° 81, rue Villa-Paradis. L’oeuvre y restera 14 ans, avant d’aller à Ste Anne. Il fonde également l’œuvre de jeunesse en 1892, confiée plus tard aux pères de Timon-David, l’œuvre du Sacré-Cœur, plus connue sous l’appellation de La Jeunesse du Prado, fermée en 1989, à la veille de son centenaire.En ce mois d’octobre 1899, alors qu’en 1892 on été inaugurés les ascenseurs de N-Dde la Garde, que le 30 novembre 1893 est consacrée la nouvelle cathédrale, (41 ans plus tôt, le 26 septembre 1852, Mgr de Mazenod en avait posé la première pierre, l’abbé Coudray quitte notre paroisse, car il est nommé à St Charles. La ville est en liesse, car elle fête le 25ème centenaire de sa fondation. Il sera ensuite nommé à N-D de la Garde, puis deviendra vicaire général du diocèse.

 - Cyprien Pinatel (1899-1916). En 1907, on fête du 50ème anniversaire de la fondation de la paroisse. L’abbé Coudray, l’ancien curé, vient présider la messe. Mais on prend conscience que l’église est trop petite. Ce jour-là, on y a mis de larges écussons, portant les noms des 7 curés ayant œuvré dans la paroisse depuis sa création. L’après-midi, c’est Mgr Andrieu qui préside les vêpres. Mais il y a trop de monde, on laisse les portes ouvertes, car sur le Prado se trouve une foule nombreuse. Mais ce qui est du jamais vu, c’est la première séance de cinéma, que le curé Pinatel a offert aux enfants de l’œuvre du Prado. Une récréation très amusante signale le registre de l’œuvre. Du jamais vu !

     Les inventaires commencent à Marseille, au cours du premier trimestre de 1906. Déjà la guerre scolaire, l’anti-cléricalisme gagnent du terrain ; une vingtaine de communautés d’hommes et une quarantaine de communautés de femmes quittent le diocèse et la France. 20 juin 1902, la loi Combes vient purement et simplement d’ordonner la fermeture des établissements scolaires n’ayant pas demandé l’autorisation préalable.

     Le 29 juillet 1904, rupture des relations diplomatiques entre la France et le Vatican et le 5 juillet 1905, loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat et confiscation de biens ecclésiastiques, avec la décision de procéder à un inventaire détaillé des biens. Les inventaires commencent le 26 janvier 1906. Sauf quelques échauffourées à St Vincent de Paul, à St Cannat où à La Viste, et le curé fera 6 jours de prison, tout se passe dans le calme, si bien que le 16 mars, Clémenceau, ministre de l’Intérieur afin d’apaiser les esprits, invite les préfets à suspendre les inventaires si ceux-ci doivent se faire par la force. - Henri Montmory, 1916-1917, ne reste qu’une courte année. Il meurt subitement le 26 février 1917, en allant visiter un de ses paroissiens qui vient lui-même de décéder.C’est la Guerre de 14-18 : pour le diocèse : 26 tués au front ou des suites des blessures ;14 séminaristes de 20 à 28 ans ; 7 vicaires de paroisse de 28 à 34 ans ; 5 religieux de 31 à 51 ans. Le 11 novembre 1918 : la guerre s’achève : 8 millions de morts ; 20 millions de blessés ; à Marseille 15.000 morts. A St Adrien-St Hermès le problème de l’exiguïté de l’église n’a pas changé. On dépasse les 12.000 habitants. C’est alors que Mgr Fabre, dans sa lettre pastorale de Noël 1918, annonce la construction, sur l’emplacement de l’église St Adrien-St Hermès, qui sera démolie, d’une basilique élevée à la gloire du Sacré-Cœur et dédiée à la mémoire de 15.000 Marseillais morts au cours de la guerre . La décision est donc prise à la satisfaction de tous : la paroisse sera dotée, non pas seulement d’une église aux dimensions de son quartier, mais d’un monument commémoratif en lien profond avec plusieurs pages dramatiques et douloureuses du passé de la cité.  

      Aussi, fin 1919, commence le déménagement du lieu de culte que l’on va abandonner pour quelques années. Les statues et la cloche sont transportées à la chapelle St-Ignace, rue St Sébastien, puis en mars 1920 sont entrepris les travaux de démolition, de déblaiement et de nivellement du terrain. Ils vont durer jusqu’à la fin du mois d’août. On prend donc possession de la chapelle de la rue St Sébastien, inoccupée depuis plus de 15 ans et dans laquelle certaines réparations s’avèrent indispensables. Mais sans attendre dés la fin du mois de novembre 1919, à l’occasion de la fête de l’Adoration, on y inaugure le service paroissial. Enfin la cérémonie de la pose de la première pierre de la nouvelle église, prévue initialement pour le 11 juin 1920, fête du Sacré-Cœur, est retardée, en raison de la lenteur des travaux de déblaiement. Elle est fixée au 7 novembre suivant.

 

C’est ce qui retiendra notre attention, lors de la 2ème intervention de carême, le 9 mars prochain. Merci pour votre présence et je vous invite à prier pour tous les morts des grandes guerres et à remercier ceux qui ont œuvré pour que nous puissions avoir la joie de nous retrouver ici, dans notre belle basilique. J-PE

 

 

Publié dans Conférences

Commenter cet article