Communications Sociales

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour le 5ème dimanche

du Temps Ordinaire 
3 et 4 février 2007
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 Dans un sillage de lumières, les chrétiens de Marseille ont rejoint l’antique basilique de Saint-Victor, pour témoigner de leur foi au Christ Lumière, en cette fête de la Chandeleur. Jésus est présenté par  La Vierge Marie, Notre-Dame de Confession, qui tout au long de l’année se trouve placée au-dessus de la tombe des premiers martyrs, lieu d’inhumation de Victor et de ses compagnons. Depuis des siècles cette démarche de foi ne cesse d’augmenter, et les foules nombreuses, les nombreux jeunes et les enfants, plus de 40.000 fidèles, qui y viennent en pèlerinage durant l’octave, ne sont pas sans rappeler cette foule qui écoute Jésus, au bord du lac de Tibériade.

C’était également en ce 2 février, la Journée Mondiale de Prière de la vie consacrée. Remercions le Seigneur pour tant d’hommes et de femmes se donnant à lui, dans une fidélité totale, remercions-le, pour ce don, qui enrichit et réjouit l'Eglise, et pour la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies, totalement données au Seigneur et aux autres. 

En ce dimanche où se célèbre la 41ème Journée Mondiale des Communications Sociales, ayant pour thème « Les enfants et les médias », nous découvrons Jésus, comme un grand communicateur. Il se met en scène, pourrions-nous dire, en demandant à Simon-Pierre qui lavait ses filets, d’éloigner la barque du rivage, et en quelques coups de rames, il est là, devant la foule rassemblée, vu par tous, assis à l’avant pour annoncer la Parole d’Amour du Père. S’il parle aux adultes, il n’oublie pas les enfants, et un jour, en prenant l’un d’eux par la main, il invitera les disciples, qui les éloignaient sur son passage, à devenir comme eux, pour entrer dans le Royaume des Cieux.

Devenir comme un enfant ? Qui ne s’est jamais posé la question en écoutant cette invitation du Seigneur ? Mais quel enfant ? Souvent, nous comparons notre vie d’enfant, de jeune, d’adolescent, avec ce que vivent nos jeunes aujourd’hui. Quelle différence direz-vous ? En sommes-nous bien certains ? C’est vrai que les moyens de communications, n’étaient pas les mêmes qu’actuellement. Pourtant il n’y avait pour nous, qu’un déplacement dans le temps et l’espace. Hormis la radio, nous n’avions pas de télévision. Il nous fallait aller au cinéma, sauf si dans les patronages, les œuvres de jeunesses, les écoles catholiques, etc…, que nous fréquentions, des films nous étaient proposés. Le curé, ou ses vicaires, les religieuses, religieux et les laïcs qui l’assistaient, prenaient leur part dans l’éducation qui était dispensée. Ils nous ouvraient à l’universalité, au rêve, permettant d’entrevoir des horizons immenses. Qui ne se rappelle les films sur les missionnaires qui partaient au loin, annoncer l’évangile ? On serait partis avec eux … Ils étaient là surtout, pour faire œuvre éducative, pour accompagner nos démarches, notre regard posé, les questions que nous formulions sur les propositions qui nous étaient faites, répondre à nos nombreuses questions ! Les parents faisaient confiance, ils nous savaient entre de bonnes mains

              Aujourd’hui, que regardent nos enfants ? Comment sont-ils accompagnés, comment prendre en compte ce que les médias leur proposent et dont nous sommes loin, de soupçonner le bien-fondé ou la nocivité. Faut-il tout permettre, ou empêcher d’atteindre en un seul clic ce qui est à notre disposition ?Dans son message pour cette journée de prière et d’approfondissement, Mgr Jean-Michel Di Falco, évêque de Gap et Président du Conseil pour la Communication, s’interroge : « Dans le foisonnement des messages émis quotidiennement, peut-il y avoir une place à la liberté, à la responsabilité, à la prise de conscience ? Les médias et les outils de communication, font partie de l’univers des jeunes. Ils ont une influence sur la manière de vivre, de penser, d’aimer, de croire, de travailler. Le défi est de créer des relations nouvelles, entre éducation et médias, pour permettre à tout enfant de grandir et non de subir. » Fin de citation.

 C’est sûr, que vous parents et grands-parents, avaient une place prépondérante, un rôle essentiel dans ce défi. « Pour éduquer les enfants à un esprit critique et les sensibiliser aux dangers d’Internet (violence, pornographie), une prise de conscience des parents est indispensable. Il ne s’agit pas de partir en guerre contre ces outils de communication, mais de mettre en valeur leurs aspects positifs, » souligne Mgr Bernard Barsi, archevêque de Monaco et Membre du Conseil pour la Communication.

 Attention donc à la perversion, qui s’infiltre insidieusement dans les films ou dans les jeux qui sont proposés aux enfants, aux adolescents et aux jeunes. Le Pape Benoît XVI, souligne à cet égard, que tous feraient bien de réfléchir, sur le contraste entre le Christ, qui « embrassait les enfants et les bénissaient en leur imposant les mains (Mc 10, 16), et l’individu qui entraîne au péché un seul de ces petits. Il vaudrait mieux pour lui, qu’on lui attache au cou une meule de moulin. ». Je lance un nouvel appel, écrit le Pape dans son message, je lance un appel aux responsables de l’industrie des médias, pour former et encourager les producteurs à sauvegarder le bien commun, à défendre la vérité, à protéger la dignité humaine individuelle et à promouvoir le respect des besoins de la famille.

 L’Eglise elle-même, à la lumière du message du salut qui lui a été confié, est aussi pédagogue de l’humanité et elle ne manque pas de prêter son concours aux parents, aux éducateurs, aux professionnels de la communication et aux jeunes… Avant tout l’Eglise désire partager une vision de la dignité humaine, qui est au cœur de toute saine communication humaine. « Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre, bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires : je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin » (Deus Caritas Est n° 18).

 Voyez comme nous aussi, prenant en compte les paroles du Saint-Père, nous devons nous éloigner de tout ce qui est mal, pour rechercher le bien, laver notre regard et notre âme, de tout ce qui salit et défigure. Comme le propose Jésus à Simon-Pierre, il nous faut avancer au large. Duc in altum ! Souvent et surtout lorsque nous avons péché, comme Pierre, nous tombons aux genoux de Jésus, pour lui dire : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis pécheur». Alors il nous prend dans ses bras, pour nous dire qu’il nous aime, qu’il nous pardonne et nous, éperdu d’amour, nous le suivons. Comme pour Isaïe, qu’un séraphin dépose sur nos lèvres un charbon ardent, pour que nous puissions parler de Jésus sans fausse honte. Même si nous nous sentons comme un avorton, même si quelque fois nous parlons mal de l’Eglise, la grâce du Seigneur nous suffit pour aller plus loin et revenir vers Lui.

 Nous sommes les médias de Dieu, des communicateurs inlassables.

 Comme les disciples, laissons tout, c’est-à-dire, quittons nos vies faites de médiocrités ou de péchés, transformons nos âmes et nos regard salis par des images douteuses et pernicieuses, laissons entrer en nous la lumière de Dieu, car nous sommes certains qu’en le suivant, la grâce du Seigneur est avec nous ! Et si nous entendons dire dans notre cœur : « Qui enverrais-je ? », nous répondrons : « Moi, Seigneur ! Envoie-moi, je serai ton messager, pour porter ta parole d’amour et témoigner de ta résurrection ». Amen. 

                                                                 Mgr J-P Ellul 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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thierry 06/02/2007 11:11

Je complète mon post précédent :
Dire "je serai ton messager " ,c'est aussi utiliser avec précautions  les derniers outils de communication car certains disent " A quoi bon utiliser un outil qui n'est pas utilisé par les chrétiens?".
 
Et puis souci ne prend pas d's ,heureusement...
 

thierry 06/02/2007 11:01

Monseigneur,
Je voulais vous faire part de ma double joie ,d'abord d'entendre  vos homélies que je trouve édifiante,d'autre part de pouvoir ensuite les méditer sur internet.Je participe aussi à ce soucis de promouvoir l'outil internet dans le milieu catholique en respectant les recommandations de l' Eglise.
Cordialement.