Epiphanie 2007

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour l’Epiphanie du Seigneur – 6 et 7 janvier 2007

Sacré-Cœur de Marseille.

 

Frères et Sœurs, 

            En vous souhaitant tous mes vœux pour cette nouvelle année, une année sainte et remplie de bonnes œuvres, avec une très bonne santé morale et spirituelle, je vous invite à vous préparer à la célébration du 60ème anniversaire de la consécration de notre Eglise et que nous avons prévue pour le samedi 5 mai 2007. Aussi en ce jour où le Christ se montre à toutes les nations, je vous invite rejoindre la caravane et à suivre les Mages.

Comme eux, souvent nous scrutons le ciel, nous levons les yeux pour y percevoir l’Eternel, ce Dieu Trinité qui nous aime et nous attire à lui, par l’avènement de son Fils. Combien de grâces, de bienfaits, de souhaits réalisés n’avons-nous pas bénéficiés durant toutes ces années où nous avons suivis sa Parole de Vie ?

Et nous aussi, nous nous sommes mis en route, avec confiance et persévérance et sans changer de cap, nous sommes arrivés au Christ. Pour certains la route fut longue, parsemée d’embûches : péchés, désillusions, sentiments d’incompréhension, de doute, de tristesse, de morosité. Pour d’autres, les difficultés de la vie, de famille, de travail, ont fait qu’ils se sont séparés de Dieu et de l’Eglise. Mais combien ont trouvé sur leur chemin un témoin qui les a aidé à reprendre confiance, et ils sont nombreux, heureusement.

D’autres encore, se sentant seuls et désespérés sont allés vers des pratiques ésotériques, pensant y découvrir le bonheur facile, et ont puisé dans les horoscopes, les cartes, les voyants de tous genres, les moyens de connaître leur avenir. Certains n’ayant plus confiance en Dieu ou en la société, s’éloignent de l’Eglise et sont la proie des sectes. Plus proche de nous, combien vivent comme si Dieu n’existait pas, ne faisant plus référence à la foi que leurs parents leur ont proposée de vivre, et ignorant les rudiments de notre foi chrétienne, vivent sans espoir avec dans le fond du cœur ce désir insatisfait.

Ce sont tous ces trésors perdus ou non partagés, que nous apportons avec les Mages devant l’Enfant-Jésus, pour lui dire : regarde-nous. Nous sommes porteurs de grandes valeurs, mais nous voulons aussi te présenter nos soucis. Le plus important c’est que  nous sommes là, près de ceux qui ont fait ce long chemin. Nous sommes là, pour ouvrir nos présents et te dire : regarde tel ou tel membre de ma famille, qui souffre et qui attend un geste de miséricorde. Je viens aussi te dire merci pour ceux qui suivent ta route, Seigneur. Vois toute ton Eglise qui célèbre et qui prie. Vois ces enfants de nos familles, vois ces jeunes qui ont compris le message de l’Evangile et qui en vivent, rayonnant d’amour.

Regarde ma vie, toute donnée ; et malgré mes péchés, vois tous les efforts que je fais pour m’enraciner en Toi, O Christ. Je marche sur la route de ma vie, à ta recherche et je suis joyeux de t’avoir trouvé. Aide-moi encore à progresser, dans la tendresse et dans la reconnaissance de l’autre, celui que je n’aime pas trop, et qui est Toi, caché, mais présent en lui, comme tu l’es en moi.

Tu vois la myrrhe que j’aide à déposer devant toi. En chemin j’ai demandé aux Mages ce qu’elle représentait : ils m’ont regardé interrogatifs et m’ont dit : « Mais c’est pour Lui, qui doit, après avoir parlé d’amour, subir le supplice de la croix ». D’ailleurs sa famille le sait : une prophétesse lors de sa présentation au Temple, a dit à Marie et à Joseph : « Vois, ton enfant, provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et toi-même un glaive te transpercera l’âme ». Oui, la myrrhe représente toutes nos souffrances et nos morts humaines, mais, comme il est ressuscité, elles nous conduisent à la résurrection.

D’ailleurs sent ! Tu sens, comme cet encens est parfumé ? Vois ce que cette odeur évoque en toi, regarde ses volutes monter vers le ciel, comme autant de prières qui montent vers le Tout-Puissant. Ce sont toutes tes prières, quotidiennes, celles dites pendant l’Eucharistie avec tous les chrétiens, celles du soir et même celles souvent oubliées, mais aussi les prières de la multitude, que nul ne peut dénombrer et de tous ceux qui ont lavés leurs robes dans le sang de l’Agneau. Ils sont là, agréable odeur, près du trône de Celui qui est l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, et qui sans cesse, dans ta vie, t’appelle à écouter et à mettre en pratique son message d’amour. Chaque fois que tu aimes l’autre, comme il nous a aimés, c’est un peu de cette fumée d’encens qui rejoint le Royaume et fait de toi un orant.

Non ! Ne restes pas les yeux écarquillés, comme si tu étais jaloux de tant de richesses. Oui, c’est de l’or, que les Mages présentent à Jésus ! Mais ce n’est pas de l’or, comme toi tu le désires, dans une recherche incessante de l’avoir et du pouvoir ; un or que tu caches au plus profond de ton cœur, de peur qu’on te le dérobe. Cet or, c’est la récompense remise à celui qui est le Roi de l’Univers, un roi sans couronne, sinon celle d’épines, que les soldats lui mirent sur la tête avant de l’emmener pour le crucifier ; ce Roi de gloire qui depuis la croix, dit à l’humanité entière : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Oui c’est à ce roi de gloire, le Fils du Père Eternel, celui qui est Un avec le Père, qu’il est offert en ce jour de l’Epiphanie, pour bien nous montrer qu’il est un Dieu caché, humble, mais qui s’est incarné, pour pouvoir nous parler et montrer la tendresse et la miséricorde du Père. Vois, « comme tout petit-enfant », il nous montre déjà ce cœur qui bat dans sa poitrine pour nous inviter à devenir comme lui  doux et humble de cœur.

Perdu dans ma contemplation j’entend du bruit…

Déjà les Mages se relèvent, s’inclinent et repartent par un autre chemin. Non ils ne retournent pas chez Hérode, car il veut tuer l’Enfant. Beaucoup périront, comme périssent tant de nouveau-nés, tués dans le sein de leur mère. Toutes ces âmes, elles aussi sont comme autant de fumées d’encens qui montent vers Celui qui a donné sa vie pour nous. Pardonne Seigneur !

Comme la Sainte Famille, nous prendrons l’Enfant avec nous et nous partirons loin de tout ce qui nous détourne de la foi, de l’Eglise, de Dieu. Même si nous devons vivre comme en exil, loin de nos habitudes, nous ferons un effort pour repartir auréolés de la lumière de Bethléem. Oui, Dieu est bon pour nous. Il nous invite à la joie. Il nous propose humblement de le faire connaître et aimer, sur terre, dans nos milieux de vie, et surtout en nous-même.

Voilà les vœux que je formule pour vous, Frères et Sœurs bien aimés de Dieu. Ils ont été accompagnés par le message d’universalité et les présents des Mages. Qu’ils vous permettent tout au long de cette année 2007, de continuer de devenir de vrais témoins du Christ, de faire de lui, votre ami, avec ce désir de « Voir Dieu ».

Courage, il est là pour accompagner nos vies. Marie et Joseph, nous remercient d’avoir pris du temps, pour les visiter avec les Mages ; ils nous font signe, comme pour nous dire : « Allez, continuez de vivre dans la confiance et dans l’amour, Jésus est là et il vous aime ». Amen.                                                                    Mgr Jean-Pierre Ellul

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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