FETE DE NOEL

Publié le par Mgr Ellul

Homélie pour Noël 2006 – basilique du Sacré-Cœur de Marseille.  

 

 

   

C’est toujours avec le cœur rempli d’émotion et de joie que nous célébrons ces fêtes de Noël. Vous dire notre joie d’avoir reçu plus 800 fidèles dès la messe de 16h avec les enfants du catéchisme qui mimaient l’Evangile de la nuit de la Nativité, et leurs parents. Puis, la veillée et la messe de Minuit. Ce soir là, près de 900 personnes ont chanté la joie de Noël. Et ainsi pour les messes du lundi 25 décembre, jour de la Nativité. Cette joie est toujours dans notre cœur et nous rendons grâce à Dieu.

              La liturgie de l’Eglise, vers 300 à Rome fait naître cet Enfant-Dieu au plus profond de la nuit, car il est la Lumière, Celui qui vient éclairer toutes choses. Les communautés chrétiennes qui vient en ce temps-là, vont se servir de la fête du « Sol Invictus », du Soleil invincible, fête qui se célébrait au moment la nuit se faisait plus noire et où les jours commençaient à rallonger et au cours de laquelle on allumait de grands feux, pour placer la naissance du Sauveur du Monde. Car les chrétiens on très vite associés le Christ, « Dieu né parmi-nous », au Soleil  et d’ailleurs dans les catacombes au Vatican, l’on voit une très ancienne mosaïque représentant le Christ-Hélios, sur son char triomphant.

              Quelques années plus tard, en Afrique du Nord, St Augustin dans ses homélies de Noël rappelle ces célébrations à ses chrétiens d’Hippone. « Ce jour du solstice d’hiver est le plus court des jours de la terre et c’est à dater de lui que les jours commencent à grandir ». C’est cette date du 25 décembre, fixée par Jules César en 46 avant la naissance de Jésus, que le Concile de Nicée reprendra, en 325 pour fixer la fête de la Nativité.

             « Ainsi, dit St Augustin, Celui qui s’est fait petit pour nous élever jusqu’à Lui, a fait choix de ce jour, qui est à la fois le moindre et principe des grands jours qui reviennent et de la lumière qui progresse. En naissant et malgré son silence, il nous crie en quelque sorte, avec une voix retentissante que pour nous, il s’est fait pauvre pour nous devenions humbles de cœur. Lui, L’incréé devient crée, le Fils éternel du Père, le Verbe, le Logos, descend parmi nous, pour communiquer avec nous. Comment cela est-il possible, que Dieu, vienne comme l’un d’être-nous, comme un petit enfant ? Il était le fils unique du Père, avant de devenir le Fils unique de sa Mère ; lui-même l’avait formé avant d’être formé dans son sein ; par son Père il est éternel, et avec sa Mère, il est enfant d’un jour… ». Nous écoutons, venu des premiers siècles ces phrases prononcées lors des premières célébrations de la Nativité, et elles parviennent jusqu’à nous dans la fraîcheur de celui qui a toujours cherché à en expliciter le mystère.

              Oui, il est là, cet Enfant-Jésus, il nous est donné dans la nuit de Bethléem, il nous est donné par Marie sa Mère, qui a cru à la parole de l’ange Gabriel. Désormais, les temps sont accomplis, le mystère tant attendu est révélé.

              Annoncé par les anges aux bergers, ce message d’amour se communique jusqu’à nous. Par sa naissance, Jésus, « celui qui nous sauve de tous nos péchés », nous demande de redevenir comme des enfants de ce Père, de ce Dieu tant aimé, qui nous donne son Fils, le Sauveur du Monde et nous montre par-là, sa tendresse et sa miséricorde. Devant la crèche, comment ne pas comprendre qu’il nous faut mettre plus de douceur dans nos vies, plus de lumière dans nos relations quotidiennes, plus d’amour pour mieux vivre et vivre en témoignant du Christ-Lumière. Nous pensons également à la Terre Sainte, la Terre de la naissance du Sauveur et nous prions pour tous les chrétiens qui subissent la guerre et les violences, sur cette terre où les bergers annonçaient la paix. Offrons-leur notre prière en ce jour de Noël.

             Allons à la crèche, regardons les santons ! Comme eux sortons de nos maisons, pour aller à la rencontre de Celui qui est le Tout-Petit, tendant ses mains, pour nous montrer son Amour et sa Miséricorde. Oui, le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous définitivement. Dieu en Jésus-Enfant, Dieu en Jésus-Christ, entre dans l’Histoire, reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être…

           Comme les santons de nos crèches provençales, laissons-nous toucher par ce Dieu qui ne s’impose pas, qui respecte notre liberté, et si nous le pouvons, sachons nous abandonner entre ses mains, convertissons-nous en chemin, laissons-nous réconcilier avec Dieu, donnons un sens à nos vies, soyons des artisans de paix !

            En ces fêtes de Noël, n’est-ce pas le témoignage que nous devons donner ?

            Notre archevêque, Mgr Georges PONTIER, nous le rappelle : « Je voudrais dire aux Provençaux : il y a en vous des ressources spirituelles qu’il vous faut développer, qu’il vous faut creuser : c’est ce qui donne un sens  à votre vie ! Quand on a « re-puisé » dans les valeurs spirituelles, qu’elles soient celles animées par la foi, la foi chrétienne - pour nous - à travers ce Christ qui s’est fait homme, ou qu’elles soient d’ordre humaniste, on a besoin de raisons de vivre, pour savoir pourquoi on vit. Les moyens de vivre, ne nous combleront jamais. Noël c’est un temps fort pour la famille et il faudrait être aveugle, pour ne pas voir combien de drames humains sont amplifiés à cause des drames familiaux. Je souhaite que dans ces jours de fête, les solidarités s’intensifient, que les Provençaux puissent se dire : j’ai rendu quelqu’un heureux ; j’ai fait un geste qui m’a fait grandir moi aussi. On s’humanise en travaillant pour l’autre. Pour cette raison, je veux leur dire : demain est entre vos mains ».

Avec notre archevêque, avec notre diacre et tous les prêtres de cette basilique, à vous paroissiens, à vous amis, qui peut-être venez de loin, à vous tous qui lirez et méditerez cette homélie sur ce site paroissial, à tous, nous vous disons en ces jours de Noël, à vous qui êtes venus rechercher et trouver la douceur et la paix, malgré les difficultés de la vie, les deuils ou les séparations, bonne et sainte fête, dans la joie du retour de l’Enfant-Jésus, né parmi nous.

                Amen.

                Mgr Jean-Pierre Ellul
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