Vacances

Publié le par Mgr Ellul

TROISIEME SEMAINE DE VACANCES (6)

Le 13 août, j'étais à Chorges, pour prêcher en la fête de Saint Victor, dont la solennité avait été déplacée à ce dimanche. Le Père Maris Chevallier, Curé de Chorges et Doyen de la Vallée de l'Avance m'accueille. Nous nous connaissons depuis nos années de séminaire en 1966-1969 à Marseille. Au début de l'homélie, je rappelle que c'est au nom de cette amitié que j'ai répondu positivement, étant en vacances, pour assurer cette prédication. Belle communauté chrétienne, des laïcs en responsabilité, un animateur des chants, une organiste et avec les paroissiens présents en ce dimanche, des estivants venus de toute la France et même de Belgique.

Victor ? Saint Victor ? Qui est-il ? C'est le Victorieux, qui avec ses compagnons, fidèles du Christ, ont rejeté les idoles et sont morts martyrs.

En méditant les textes du dimanche, c'est une belle comparaison avec ce que nous dit St Paul, le désarroi du prophète Elie et ce beau texte de Jean sur le Pain de Vie qui nous est proposée. Parvenir à l'église paroissiale n'est pas facile. A Chorges, le marché du dimanche voit presque doubler sa population. On se prend à pense qu'il faudrait prêcher sur le parvis de cette église, bâtie au XIe siècle. Avec le panégyrique de Victor, son exemple pour les légionnaires romains, originaires de Thèbes, son discours sur le sens du partage et de sa foi inébranlable au Christ qui nous sauve, sa responsabilité de "gubernator", de veilleur, « d'épiscopos » de la communauté chrétienne de Marseille, nous donne de nous sentir, nous aussi, des témoins de celui qui apporte l’amour et le pardon. En évoquant sa passion, je rappelle que depuis Cassien, mais plus particulièrement depuis l'an mil, ceux qui en ces temps-là, vivaient à Chorges, étaient sous la responsabilité des Abbés Victorins. Ils avaient la sécurité de l'emploi et même une certaine "sécurité sociale", car ils étaient défendus contre les exactions des seigneurs locaux. Saint Isarn, abbé de St Victor en l'An mil disait :"Celui qui touche à un pauvre, touche à la pupille de mon oeil".

Sur le parvis, à la sortie de la célébration, en saluant avec le Père Curé les paroissiens, je découvre des visages connus de marseillais et l'amitié fidèle des chrétiens de Chorges, que je remercie pour leur accueil. Le repas fut pris au restaurant près de l'église, avec le Père Chevallier et Jean-Baptiste, séminariste de Gap, en propédeutique à Aix-en-Provence. Retour vers 16h, où les parents venus passer quelques jours de vacances, fuyant la canicule d'Aubagne, m'attendaient.

Les fêtes du 15 août furent célébrées dans la joie. A 9h30, messe à Barret-sur-Méouge. Les paroissiens me prient de bénir une Vierge en bois, de très belle facture, provenant de l'ancienne église de Barret-le-Haut, dont il ne reste plus que quelques murs. Cette statue était à Ribiers, et les fidèles de Barret ont demandé à Mgr Bruno Belmont, curé de Laragne et responsable du secteur, qu'elle soit placée dans leur église. J'ai donc béni la statue, sur le parvis, tout en leur faisant remarquer la belle attitude de la Vierge, donnée par le sculpteur : Marie tient l'Enfant sur le bras gauche ; Jésus bénit de ses trois doigts levés ; il a un visage d'adulte, pour bien marquer qu'il est homme et Dieu. L'ave Maria, est chanté pour l'entrée en procession, puis la messe se célébra ; plus de 18 personnes y participent.

A 11h et en 4 kilomètres, je reviens vers l'église de Salérans. Ses fondations datent du XIe siècle, puisqu'elle appartenait à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-les-Avignon. Un prieur avait été nommé en 1150. Faisant partie du château, elle fut agrandie en 1740, puis restaurée une première fois en 1963 puis en 1992. Depuis, la statue du Sacré-Coeur a repris sa place, dans la niche au dessus de l'autel.

Celle de la Vierge est dorée à la feuille, datant de 1885, donnée par les Enfants de Marie de la paroisse. Au dessus de l'autel se trouve un très beau tableau où l'on voit Notre-Dame,remettant le rosaire à Saint Dominique et à Sainte Fleur, ou Sainte Catherine de Sienne. De l'autre côté c'est Saint Joseph qui y est représenté, avec la particularité que derrière sa statue, on reconnaît la montagne de Chanteduc. Certainement des peintres itinérants, qui à la fin de XVIIe siècle, passaient dans les paroisses pour s'adonner à leur art.

 

 

  C'est dans cette chapelle que je pris la soutane le 15 août 1962.

C'est donc toujours émouvant de célébrer l'Eucharistie dans cette petite église, qui a gardé tout son charme, encore qu'elle ait perdu sa polychromie, lors des dernières restaurations, car il fallut décroûter l'enduis jusqu'à la pierre. Plus de 20 personnes, venant du village, des alentours et de Marseille ont prié Notre-Dame.

Quelques 800 mètres en voiture, et nous nous trouvons un peu plus haut, à l'Oeuvre Notre-Dame, où le Père Maurice Avril, termine la célébration de la Messe. Je n'ai pu arriver à temps, pour l'aider à donner la Communion à plus de 150 personnes, qui au sortir de la chapelle, chantent le cantique à Notre-Dame de Salérans, qu'il a composé et le Salve Regina.

Nous avons prié au cours de ces Eucharisties, pour la paix dans le monde, au Moyen-Orient, et plus particulièrement au Liban où se trouve l'Oeuvre de l'Ave-Maria, école et dispensaire, créés par le Père Avril.

Le cessez-le-feu vient d'être déclaré. Prions encore pour que Liban vive en paix. A l'Oeuvre, c'est la fête patronale et aussi la kermesse. L'anisette nous permet de nous retrouver autour du verre de l'amitié.

La semaine à venir me verra réouvrir livres et documents. Après cette courte parenthèse, l'étude, la prière et les méditations seront à l'ordre du jour ; un temps d'approfondissement, de joie et de bénédictions, sous le regard du Seigneur et de Marie, la Théotokos.

Bonnes vacances et à la semaine prochaine.

 

Publié dans Divers

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