Vacances à Salérans 2009 (1)

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DES NOUVELLES DE SALERANS (village)

 

Arrivé le 1er août, je passe la première semaine en faisant une retraite de prière : messe, méditation, lectures surtout, approfondissement scripturaire, bréviaire, rosaire, adoration Eucharistique, silence.

 

J’ai relu, entre autre,  (car la vénérable Anne-Madeleine Remuzat, attend que je continue d'écrire sa vie)... le livre du Père Antoine Wenger sur l’Eglise des années soixante. (DDB 1991) qui était dans ma bibliothèque. Un ouvrage qui retrace l’annonce et l’ouverture du Concile Vatican II, ses joies et ses difficultés, mais également le rapprochement du Pape Paul VI et du Patriarche Athénagoras. Ecrit en pleine Guerre d’Algérie, alors qu’il est nommé à la direction du Journal La Croix, qu’il quittera un an après mai 68. Prêtre Assomptionniste, homme de presse, il a eu le privilège d’être le témoin privilégié du bouillonnement conciliaire.

Ces années me rapellent celles passées ici à Salérans. (1962-1965)... Nous n’avions pas beaucoup d’informations sur la vie de l’Eglise Universelle et je devais attendre d’être à Reims, où vivaient mes parents, pour me documenter sur les textes du Concile. Avec cet ouvrage, j’ai relu certains évènements de ma vie, en cette période de formation universitaire, où j’avais du temps ici, dans le silence des montagnes, pour méditer et parfaire ma vocation, avant de rejoindre en octobre 1965, le Grand Séminaire de Marseille.
Mgr Charles Ehlinger, écrit à propos de cet ouvrage :
« Après Rome et Moscou, puis le cardinal Villot, ce dernier volume de la trilogie du Père Wenger est un document de première main sur certains évènements politiques de France et, plus encore sur la vie de l’institution ecclésiastique. L’information importante et le renseignement inédit y voisinent avec le détail savoureux et l’indiscrétion attachante, celle de découvrir la vraie figure de l’Eglise vers qui se porte l’attention universelle, celle qui veut montrer un même visage d’espérance et de charité à Rome, à Constantinople, à Moscou… ».
Crayon à la main, je souligne certains passages, mais je ne souscris pas à tout ce que le P. Wenger écrit... en fait, il est intéressant de voir comment cette pemière période du Concile, va nous conduire à sa mise en application. 


Le dimanche, messes à 9h30 à Barret-sur-Méouge puis à 11h à Salérans, dans l’église du village. Le Père Nicolas Fropo, du diocèse de Nîmes y célèbre aussi.


Dans la joie de la préparation de la fête de l’Assomption, une lettre, la veille, vers 21h, m’est remise en main propre. J’ouvre, je lis...
Quelle peine, quelle déception !

Le Père Maurice Avril me fait part de son intention, dans son sermon du 15 août, de rejeter la « nouvelle messe » et le « Concile Vatican II » et me demande de ne pas assister à la messe de sa communauté.
C’est la fête patronale de l’œuvre de Salérans, à laquelle je participe depuis des années…
Je cite sa lettre : « Sur la demande écrite, orale, téléphonique de tant de fidèles, je suis obligé, devant la confusion actuelle, de rappeler mes positions. Elles sont dures, bien sûr, indépendamment de l’amitié dans le Seigneur que j’ai voulu toujours pratiquer : « ni nouvelle messe, ni Concile. » Alors pour demain, si Monseigneur vient à la messe, n’aurais-je pas l’air de le provoquer ? Ne vaut-il pas mieux nous priver de ta présence et de belles solennités. Ce que je fais, c’est au nom de la foi, c’est en conscience, c’est bien étudié (mois d’avril – mai – juin à étudier tous les textes du Concile Vatican II), c’est après en avoir longuement prié. »

La nuit ne fut pas bonne. 

Je ne suis donc pas monté à sa chapelle, non plus à l’apéritif et je vais évidemment démissionner de la présidence d’honneur de son Association Notre-Dame de Salérans, pour ne pas le gêner et le laisser s’enfermer dans son refus.

Quel dommage ! Un homme si cultivé, si généreux, si priant… Se marginaliser ainsi, croyant avoir à lui seul la Vérité, contre tous les Pères Conciliaires, alors qu’il aurait pu apporter sa pierre à la réconciliation entre nous. En plus, un champion de la Tradition ! Rester dans ce refus, comme un refuge bien gardé, citadelle imprenable… Et cette appellation de « nouvelle messe », l’Eucharistie du Seigneur, que célèbre le Saint-Père, le pape Benoît XVI et que nous célébrons tous, et à laquelle vous participez si fidèlement !

Prions pour l’unité de l’Eglise, prions pour tous les petits pas, faits par notre pape, malgré les critiques de certains, ne restent pas sans effets. Oui, une fête de l’Assomption de la Vierge Marie, assombri par ce refus. « Je l’entends dire aux serviteurs à Cana « Faites tout ce qu’il vous dira ! »
Allons, haut les cœurs, que la rancœur et la tristesse ne l’emportent pas. Je garde au Père Maurice Avril toute mon amitié et mon affection, mais désormais, je me tiendrai loin de lui, de son Œuvre et de ses activités.
C’est dommage, mais c’est ainsi.

 

Voici quelques extraits de textes du Droit Canonique, pour rappeler ce que l’Eglise nous enseigne.

 

L’infaillibilité du magistère revient au Pontife romain en vertu de sa charge, « en vertu du primat apostolique de celui qui est successeur de Pierre » (Vatican I, Const. dogmatique Pastor æternus 4, Acta Sanctæ Sedis 6 [1870-1871] 40-47, D 3065-3075). Ce n’est en effet qu’à l’évêque de Rome, et à lui seul, que Jésus, fondement et fondateur de l’Église dit, en la personne de Pierre, « j’ai prié pour toi afin que ta foi ne disparaisse pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 32). L’unité de l’Église, fondée sur le roc de Pierre (cf. Mt 16, 16-19) implique l’unité dans la foi, garantie par l’infaillibilité du Vicaire du Christ.

 

Can. 751 — On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne ; schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis.

 

Can. 754 — Tous les fidèles sont tenus par l’obligation d’observer les constitutions et les décrets que porte l’autorité légitime de l’Église pour exposer la doctrine et proscrire les opinions erronées, et à un titre spécial, ceux qu’édictent le Pontife Romain ou le Collège des Évêques.

 

Commentaire : 754 L’obligation d’observer les constitutions et les décrets du Souverain Pontife et du collège épiscopal est une doctrine souvent rappelée ; parmi les documents des papes les plus récents, on peut citer les suivants : Pie IX, Lettre Tuas libenter du 21-12-1863 (Pii IX Pontificis Maximi Acta, pars Ia, 3 [1856-1864] 636-645 ; Recueil des allocutions consistoriales, encycliques et autres lettres apostoliques des Souverains Pontifes Clément XII, Benoît XIV, Pie VI, Pie VII, Léon XII, Grégoire XVI et Pie IX citées dans l’Encyclique et le Syllabus du 8 décembre 1864, suivi du Concordat de 1801 et de divers autres documents, Paris, A. Le Clère, 1865, pp. 496-505) et Enc. Quanta cura du 08-12-1864 (Acta Sanctæ Sedis  [1867] 160-167 ; Recueil des allocutions consistoriales, encycliques et autres lettres apostoliques des Souverains Pontifes Clément XII, Benoît XIV, Pie VI, Pie VII, Léon XII, Grégoire XVI et Pie IX, pp. 2-17) ; Léon XIII, Lettre Testem benevolentiæ du 21-01-1899 (Leonis XIII Pontificis Maximi Acta 19 [1899] 5-20 ; Lettres apostoliques de S.S. Léon XIII 5 [1896-1899] 310-329) ; Suprême S. Congr. du Saint-Office, Décret Lamentabili sane exitu 7-8 du 03-07-1907 (Acta Sanctæ Sedis 40 [1907] 470-478 ; Actes de Pie X 3 [1905-1907] 223-237) ; Pie XII, Enc. Humani generis du 12-08-1950 (AAS 42 [1950] 567-568 ; DC 47 [1950] col. 1153-1168).

 

Vous me direz que ces textes sont un peu difficiles. Je voulais juste rappeler que nous devons être communion avec le Pape et l’évêque du diocèse pour célébrer l’Eucharistie.

Tous ces jours-ci, j’entendais au loin, dans ma prière du soir, la voix de l’évêque d’Hippone, invitant les Donatistes à revenir vers l’Eglise du Christ. Et Augustin de dire très souvent à ses fidèles, rassemblés le dimanche : « Ils chantent mieux que nous, ils semblent prier mieux que nous, mais c’est vous qui êtes l’Eglise du Christ, car vous êtes en communion avec moi, le pape et l’Eglise toute entière. »

Avec humilité, je demande au Seigneur, par son intercession, de m’aider à rester fidèle à l’Eglise et à son enseignement.

A bientôt et bonnes vacances.
J-P Ellul

Publié dans Divers

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