Homélie pour le 17ème Dimanche du Temps Ordinaire...

Publié le

 Samedi et dimanche 25 et 26 juillet 2009

          Frères et Sœurs,

Nous quittons l’Evangile de Marc, pour méditer sur le chapitre 6 de St Jean, « La Pâque du Pain de Vie », qui accompagnera nos dimanches d’août, durant 4 semaines.

 

 Jésus quitte Jérusalem et s’en va de l’autre côté de la mer de Galilée, de l’autre côté du lac de Tibériade. Si vous avez un jour la possibilité, la joie de faire un voyage en Terre Sainte, c’est là, sur le lac, que vous comprendrez, dans cet environnement qui n’a presque pas changé, toutes les paroles de l’Evangile et verrez ce que Jésus à vu.

 

Il voit la foule qui vient vers lui, il gravit la montagne. Vers Tabgha. A l’endroit présumé de la multiplication des pains, d’où l’on a une vue magnifique sur le lac, on y montre, dans une belle église, reconstruite par les bénédictins, la petite mosaïque des pains et des poissons.

 

Jésus demande à Philippe comment nourrir toute cette foule ; il sait ce qu’il va faire. Il prend les pains et disant sur eux les prières de bénédiction que l’on dit lors du shabbat, puis il les fait distribuer, ainsi que les poissons. Tous mangent à leur faim…

 

Imaginons la surprise de la foule. Désormais ils ont trouvé celui qui va les nourrir gratuitement, comme lorsque la manne tombait du ciel sur le chemin qui menait à la Terre Promise. « Allons lui demander d’être notre roi. Lui au moins, sera près de nous, et nous enseignera la Loi et les Prophètes, guérira les malades et nous ne connaîtrons plus la faim. »

 

Mais Jésus n’écoute pas ; il s’enfuit dans la montagne, tout seul.

 

Après la mort et la résurrection du Seigneur, après qu’il soit remonté au ciel, les disciples vont continuer de « multiplier les pains », en célébrant l’Eucharistie. Ils ont retenu les paroles de Jésus à la Cène, ils se sont nourris de son Corps et de son Sang.

 

L’Eucharistie que nous célébrons nous fait entrer, de plein pied dans le Cénacle où Jésus a prononcé les Paroles de Vie sur le pain et sur le vin. Mieux, par les paroles de l’Institution que rapportent les évangélistes, les paroles de la Consécration où s’opère la transsubstantiation, nous ne dupliquons pas, nous sommes dans l’immédiateté de sa présence, de ses paroles, de ses gestes, de cet acte prodigieux. St Jean Chrysostome nous dit : « Ce n’est pas l’homme qui fait que les choses offertes deviennent Corps et Sang du Christ, mais le Christ lui-même, qui a été crucifié pour nous. Le prêtre, figure du Christ, prononce ces paroles, mais leur efficacité et la grâce, sont de Dieu. »

 

Il est rendu sacramentellement présent sur l’autel, et très souvent nous n’en avons pas conscience, tellement nous sommes habitués à sa présence par notre participation à l’Eucharistie. Oui il nous faut faire un réel effort, pour comprendre, saisir, goûter, être conscients, qu’Il est là, devant nous.

 

Rappelez-vous : lorsque nous étions enfant, et même encore certains de nos jours, à chaque élévation, nous disions en regardant l’hostie et le calice, en vénérant son Corps et son Sang : « Mon Seigneur et mon Dieu », comme l’apôtre Thomas, lui qui ne voulait pas croire sans avoir vu.

 

Pourquoi ne pas continuer de redire cette phrase, dans le fond de notre cœur ? En nous avançant avec un grand respect pour recevoir l’Eucharistie du Seigneur, répondons « Amen », à celui qui nous présente son Corps, conscients que c’est le Corps et le Sang même de Jésus, que nous recevons, dans l’attente de son retour.

 

Puisqu’il nous sera donné d’approfondir le chapitre 6 de l’Evangile de Jean, je vous invite à le relire, à le méditer, à l’intérioriser, puis à venir devant le Tabernacle de notre basilique, visiter le Saint-Sacrement qui se trouve à l’autel de la Piéta. Lorsque vous passez devant notre église, n’hésitez pas, entrez un instant, venez saluer, prier, vous unir à Jésus Eucharistie.

 

Là, dans le silence, remerciez le Seigneur pour toutes les grâces qu’il nous accorde. Prenez le temps de lui parler, comme le disait si bien, le Saint Curé d’Ars : « Je l’avise et il m’avise. »

 

Tous les saints ont eu cette soif de l’Eucharistie et nous aussi, nous devons ressentir le besoin d’aller vers Celui qui est l’Amour et la Miséricorde. Il est là, près de nous, la nuit le jour, habitant au Tabernacle « prisonnier de son amour », chantons-nous quelques fois lors de l’exposition du Saint-Sacrement.

 

Combien de grâces sont obtenues de la part du Christ Eucharistique dans notre paroisse où durant l’année, nous participons à l’Adoration quotidienne ? La vénérable Anne-Madeleine Rémuzat, l’écrivait elle-même lorsqu’elle fondait l’Association de l’Adoration perpétuelle en 1718 : « Les adorateurs, prendront leur tour d’adoration, auprès de l’Eucharistie, du Sacré-Cœur de Jésus, lorsque cela leur sera possible. Ils marqueront, le jour et l’heure de ce temps d’adoration ; ils l’accompliront à l’église ou chez eux. L’important c’est qu’ils s’unissent à Jésus présent dans le Tabernacle. »

 

Seigneur Jésus, Toi qui nous donne ton Corps et ton Sang, fais de nous des témoins de ton amour.

 

Fais que nous te découvrions toujours dans ta Parole et ton Pain, et que n’oublions pas, en rencontrant nos semblables, que tu es aussi présent en eux.

 

Fais que nous les respections, dans l’amour, comme nous t’aimons, et donne-nous toujours soif de ton Eucharistie, sous le regard aimant de Marie ta Mère.

 

Amen.

Commenter cet article