Première semaine

Publié le par Mgr Ellul

Première semaine de vacances (4)

Les premiers jours : repos complet et larges temps de prière et de méditation. J'ai eu la joie de recevoir juste avec mon départ Don Ignazio Serra, Curé de Siammaggiore dans le diocèse d'Orsitano, en Sardaigne. http://blogs.dotnethell.it/Oristano/

La fatigue accumulée se fait sentir, mais les nuits sont fraîches et l'on dort bien. Lorsque je ne regarde pas les montagnes, mes yeux rejoignent l'ouvrage du Père Th. Bérengier sur la vie de Mgr de Belsunce (1886) ; je me retrouve en 1712. Ce grand évêque, ce géant de la charité va donner le voile à une jeune fille du Premier Monastère de la Visitation : Anne-Madeleine Rémuzat ; elle a tout juste un peu plus de quinze ans.

Comment donner une vue juste de ce qui se vit à Marseille en ces années-là, avec le Jansénisme et les problèmes que l'évêque rencontre avec les moines de Saint-Victor ? On doit se persuader que la ville n'a pas les proportions d'aujourd'hui, oublier internet et le TGV et voir ce bon prélat allez en carrosse, en chaise à porteur ou à cheval. Ce qui le préoccupe c'est son clergé, avec qui il entretient de bonnes relations. Mais il faut toujours redresser les choses, reprendre et établir une ligne de conduite, écrire un Catéchisme pour les jeunes de son diocèse. Son valet de chambre, Goujon est très présent ; il est aussi très utile, car il a laissé le journal quotidien de ce qui se vit au palais épiscopal (l'Evêché, c'est-à-dire l'Hôtel de Police actuel), ou dans sa résidence d'Aubagne. Ne parlons pas des voyages, peu nombreux à Versailles ou à Paris où Mgr de Belsunce ne se rend que pour des motifs d'ordre ecclésiaux.

Alors fourbu, quelques semaines dans sa résidence aubagnaise à quelques kilomètres de la ville, lui permettent d'équilibrer les choses, d'écrire, de revenir vers son siège épiscopal rempli de bonnes intentions. Il n'a pas encore eu mailles à partir avec le Parlement d'Aix et les Jansénistes semblent tranquilles. Et qui penserait à la Peste ? Personne encore... Et pourtant ! Au premier monastère de la Visitation, Jésus dévoile son Coeur à Anne-Madeleine et fait avec elle une alliance trinitaire. Dans le port, les bâteaux, les galères, les barques vont et viennent sous le soleil et le mistral. De toutes parts on entend les cloches annoncer les temps de prières. Et à Marseille, on est loin de Versailles, le regard est plutôt tourné vers l'Orient, d'où tout arrive. La "foi des marseillais" n'est pas ce qu'elle devrait être. Relâchement, incrédulité, appât du gain... de tous temps, des maux qu'il faut combattre. Pourtant l'Evangile se vit au quotidien, dans le silence, le respect et l'attention à l'autre. Comme aujourd'hui d'ailleurs, des hommes et de femmes de bonne volonté apportent leur contribution au bien commun ; ils sont de Marseille, ils font Marseille et ils nous ont passé le relais. Après eux, nous avons à être témoins de miséricorde et d'amour.

Voilà le contexte dans lequel je travaille. Sans oublier ceux qui ont vécu dans ce village éloigné de tout. Le soir, en quelques pas je suis devant TéléPace, pour les nouvelles de Rome puis les informations nationales et internationales ; le mercredi à l'audience pontificale sur la Place St Pierre.

Tout cela depuis Salérans, dans les Hautes-Alpes où avec internet et la parabole, on voyage à la vitesse de la lumière.

A bientôt, en union de prières.

Mgr Ellul

Publié dans Divers

Commenter cet article