Homélie pour le 16ème Dimanche du Temps Ordinaire... 19 juillet 2009

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Jésus fut saisi de pitié envers la foule, car ils étaient comme des brebis sans bergers. Jésus instruit la foule et des siècles plus tard, son Eglise, experte en humanité, continue de  parler par la bouche du successeur de Pierre.

 

Le 29 juin 2009, en signant sa nouvelle encyclique, une encyclique « sociale », le pape Benoît XVI invite les dirigeants économiques et politiques du monde entier à penser le système économique, pour le bien de l'homme et non plus pour le seul profit. Sa réflexion reprend toute la doctrine sociale de l'Eglise, exprimée largement au cours du XXème  siècle.

 Cette 3ème encyclique de Benoît XVI, conduit le lecteur, à s'interroger sur le « développement humain intégral dans la charité et la vérité. » En fait, si nous lisons bien, le véritable thème de l'encyclique est la place de Dieu dans le monde. 

En 6 chapitres et en 79 paragraphes, le pape rappelle que « L’amour dans la vérité (Caritas in veritate), dont Jésus s’est fait le témoin dans sa vie terrestre et surtout par sa mort et sa résurrection, est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière. 

L’amour – « caritas » – est une force extraordinaire, qui pousse les personnes à s’engager avec courage et générosité dans le domaine de la justice et de la paix. C’est une force qui a son origine en Dieu, Amour éternel et Vérité absolue. 

Chacun trouve son bien en adhérant, pour le réaliser pleinement, au projet que Dieu a sur lui : en effet, il trouve dans ce projet sa propre vérité et c’est en adhérant à cette vérité qu’il devient libre (cf. Jn 8, 22). 

Défendre la vérité, la proposer avec humilité et conviction et en témoigner dans la vie, sont par conséquent, des formes exigeantes et irremplaçables de la charité. 

En effet, celle-ci « trouve sa joie dans ce qui est vrai » (1 Co 13, 6). Toute personne expérimente en elle un élan pour aimer de manière authentique : l’amour et la vérité ne l’abandonnent jamais totalement, parce qu’il s’agit là, de la vocation déposée par Dieu, dans le cœur et dans l’esprit de chaque homme. 

Jésus Christ purifie et libère de nos pauvretés humaines, la recherche de l’amour et de la vérité, et il nous révèle en plénitude l’initiative d’amour ainsi que le projet de la vraie vie, que Dieu a préparée pour nous. 

Dans le Christ, l’amour dans la vérité devient le Visage de sa Personne. C’est notre vocation d’aimer nos frères dans la vérité de son dessein. Lui-même, en effet, est la Vérité (cf. Jn 14, 6).

 Dans sa première encyclique « Dieu est amour », Benoît XVI, montrait que l'amour de Dieu, est la voie maîtresse de tout l'enseignement du Christ. C'est dans cette perspective qu'il replace son approche de l'économie et que se situe la doctrine sociale de l'Eglise, message que l'Eglise catholique veut donner au monde, au nom de l'Evangile. « La doctrine sociale de l'Eglise est placée, là où l'Eglise et le monde se rencontrent. »

  Il est souligné dans le texte que « sans la force de la charité et la lumière de la vérité chrétienne, l'homme n'est pas capable de vivre en société, il perd ses propres moyens, il se contredit, il se décompose. » 

Car il y a une « exigence chrétienne », selon laquelle « Jésus Christ dévoile pleinement l'homme à l'homme et lui permet de se tenir, comme un tout. » 

La valeur de Caritas in veritate, réside dans le dépassement de nombreuses réductions ou « décompositions idéologiques », comme « la séparation des thèmes de la vie et de la famille… de ceux de la justice sociale et de la paix. » 

« Une séparation plus qu'évidente, - par exemple, dans le réductionnisme écologiste - ou dans le développement des peuples pauvres, lié à l'avortement ou à la planification reproductive forcée.» 

« Il suffit de penser à l'interprétation fréquente du développement, rien qu'en termes quantitatifs, face à d'autres causes - qualitatives - que ce soit du sous-développement ou du super développement. » 

Le Pape note, dans le chapitre 6, que « L'idéologie de la technique est un nouvel absolutisme, parce qu'elle sépare ; si tous les problèmes de la personne humaine se réduisent à des problèmes psychologiques, que des techniques d'experts peuvent résoudre, on finit par ne même plus savoir ce que l'on entend par développement, alors que l'homme est unité de corps et d'âme ». 

Caritas in veritate, au contraire, « remet l'esprit et la vie éternelle à leur place dans la construction de la cité terrestre ». Oui, affirme le pape : « Dieu a ainsi sa place dans le monde et l'Eglise, il a un droit de cité ». 

Toutefois, « pour que Dieu ait une place dans le monde il faut que le monde en ait aussi besoin, pour être monde, c'est-à-dire, pour atteindre ses objectifs naturels, sinon Dieu est superflu. Utile, peut-être, mais pas indispensable. Si Dieu n'est qu'utile, alors le christianisme n'est qu'une éthique. Mais si, au contraire, Dieu est indispensable, alors la foi purifie la raison et la charité purifie la justice. » 

Dans cette perspective, l’Encyclique, se présente aussi comme « un bilan politique et social de la modernité et des dommages au vrai développement, provoqués par l'incapacité de saisir ce que nous n'avons pas produit ». 

« Sans Dieu, peut-on lire dans la conclusion, l'homme ne sait pas où aller et ne sait pas qui il est. Sans Dieu, l'économie n'est qu'économie, la nature n'est qu'un dépôt de matière, la famille n'est qu'un contrat, la vie n'est qu'une production de laboratoire, l'amour n'est que chimique et le développement n'est qu'une croissance. » 

« L'homme balance entre nature et culture, ne s'entendant que comme nature ou que comme culture, sans voir que la culture est la vocation de la nature, c'est-à-dire l'accomplissement non arbitraire de tout ce qu'elle attendait déjà. » 
          Et en conclusion, nous pouvons lire ceci :

« Le développement, a besoin de chrétiens qui aient les mains tendues vers Dieu, dans un geste de prière, conscients du fait que l’amour, riche de vérité, caritas in veritate, d’où procède l’authentique développement, n’est pas produit par nous, mais nous est donné. C’est pourquoi, même dans les moments les plus difficiles et les situations les plus complexes, nous devons non seulement réagir en conscience, mais aussi et surtout nous référer à son amour. 

Le développement suppose une attention à la vie spirituelle, une sérieuse considération des expériences de confiance en Dieu, de fraternité spirituelle dans le Christ, de remise de soi à la Providence et à la Miséricorde divine, d’amour et de pardon, de renoncement à soi-même, d’accueil du prochain, de justice et de paix. 

Tout cela est indispensable pour transformer les «cœurs de pierre » en « cœurs de chair » (Ez 36, 26), au point de rendre la vie sur terre « divine » et, par conséquent, plus digne de l’homme. »

Frères et Sœurs, je vous invite à lire ce beau texte, un peu difficile.

Si les dirigeants du monde entier y souscrivaient, nous verrions combien de changement seraient opérés pour le bien de l’humanité et des plus pauvres.

Espérons que cela se réalise pour la puissance de l’Esprit. Amen.

 

Amen.

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